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Des pluies estivales au pôle Nord de Titan

Alain Labelle

Des observations de la sonde spatiale Cassini de la NASA fournissent des preuves tangibles de la présence de précipitations au pôle Nord de Titan, la plus imposante des lunes de Saturne.

Selon Rajani Dhingra et ses collègues de l’Université de l’Idaho, ces précipitations seraient une indication du début de la saison estivale dans l'hémisphère nord de Titan.

Image de Titan montrant la zone où se déroulent les pluies saisonnières.Le phénomène éphémère brillant s'est produit près du pôle Nord de Titan. Photo : NASA

La surface de cette lune est similaire à celle de la Terre, avec des rivières qui se jettent dans de grands lacs et des mers. Nous savions déjà qu’elle est aussi balayée par des précipitations saisonnières, un peu comme la mousson sur Terre. Avec du méthane au lieu de l’eau.

La surface de Titan, la plus grosse lune de Saturne, présente de grands lacs de méthane et d'éthane, comme le montre cette image captée par la sonde Cassini.Image radar prise par Cassini montrant Ligeia Mare, le deuxième plus grand lac de Titan, composé de méthane et d'éthane. Sa taille se compare à celle du lac Supérieur sur Terre. Photo : NASA/JPL-Caltech/ASI/Cornell

Le moment où cette pluie atteint la surface et les régions où elle tombe restent cependant mal connus.

Le saviez-vous?

La sonde Cassini s’est désintégrée dans l’atmosphère de Saturne le 15 septembre 2017, après une mission de 13 ans dans son orbite. Elle avait été lancée en 1997 avec l’atterrisseur européen Huygens, qui s’est posé sur Titan durant la mission.

Un événement expliqué

Un peu plus d’un an avant la disparition de la sonde Cassini, l’un de ses instruments avait détecté un phénomène éphémère brillant d’une superficie de 120 000 km2 près du pôle Nord du satellite naturel.

Représentation artistique d'une pluie de méthane à la surface de Titan.Représentation artistique d'une pluie de méthane à la surface de Titan. Photo : NASA/David Hardy

L’analyse de sa luminosité, de ses caractéristiques spectrales et du contexte géologique permet aux scientifiques d’établir qu’il s’agit en fait de réflexions spéculaires d'une surface solide mouillée par un liquide.

C'est comme regarder un trottoir mouillé par la pluie et éclairé par le Soleil.

Rajani Dhingra

Des pluies de méthane

Outre la Terre, Titan est le seul autre endroit connu du système solaire où une pluie liquide interagit avec la surface.

La présente étude permet de documenter en partie les pluies saisonnières au pôle Nord de Titan. Elle permet aussi d’établir le moment de l'arrivée de l'été nordique, qui se trouve décalé par rapport aux prévisions des modèles.

L'été est arrivé un peu en retard, mais il est là. Nous devons maintenant trouver ce qui a causé ce retard.

Rajani Dhingra

Ces travaux permettent aussi d’établir que l’« effet de trottoir mouillé » peut aider à distinguer les changements saisonniers sur d’autres astres.

Le saviez-vous?

À l'heure actuelle, l’existence de 62 satellites naturels a été confirmée dans l’orbite de Saturne. Les astronomes pensent cependant qu’il en existerait environ 150 autres de plus petite taille. Leur présence reste toutefois à confirmer.

Le détail de ces travaux est publié dans les Geophysical Research Letters (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

Astronomie

Science