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Procès Oland : le travail de la police médico-légale démoli en cour

Le sergent légiste Mark Smith se présente en cour pour son témoignage au procès de Dennis Oland. La photo a été prise le 15 janvier 2019.
Le sergent légiste Mark Smith se présente en cour pour son témoignage au procès de Dennis Oland. Photo: Radio-Canada
Catherine Allard

L'un des principaux policiers responsables de l'enquête sur le meurtre de Richard Oland, Mark Smith, s'est plié à un interrogatoire pénible, jeudi au procès de Dennis Oland pour meurtre non prémédité. Un avocat du clan Oland l'a criblé de questions, mettant en lumière des « erreurs fondamentales » commises lors de l'enquête policière.

Le responsable de la section d’identification médico-légale de la Force policière de Saint-Jean, Mark Smith, a été confronté aux nombreuses erreurs faites dans le cadre de l’enquête.

L’avocat de la défense, Michael Lacy, l’a par exemple confronté à sa façon d'établir les limites de la scène du crime et de procéder à la collecte de traces de sang et d’ADN.

Mark Smith a avoué qu’il a fait une erreur fondamentale en limitant la scène du crime au bureau de Richard Oland (la pièce), plutôt que d’inclure le reste de l’immeuble (la porte arrière, les escaliers, la salle de bain).

Cette décision a fait en sorte que le reste de l’immeuble n’a pas été protégé afin d’éviter que des preuves soient potentiellement contaminées. La défense argumente que le meurtrier a pu laisser des traces à l’extérieur de la scène définie par la police. Vous pouvez avoir manqué des preuves cruciales à l'enquête, dit l’avocat.

La défense a présenté cette photo en cour jeudi, où l'on aperçoit le sergent Mark Smith (à droite) à l'extérieur du bureau de Richard Oland. Mark Smith porte des vêtements protecteurs et des couvre-bottes à l'extérieur de la scène du crime, ce qui est contre les normes et pratiques de la police.La défense a présenté cette photo en cour jeudi, où l'on aperçoit le sergent Mark Smith (à droite) à l'extérieur du bureau de Richard Oland. Mark Smith porte des vêtements protecteurs et des couvre-bottes à l'extérieur de la scène du crime, ce qui est contre les normes et pratiques de la police. Photo : Pièce à conviction

Quelques années après l'enquête sur le meurtre de Richard Oland, la police de Saint-Jean a mis en place de nouveaux protocoles sur les façons de traiter des scènes de crime. En 2011, il n'y avait pas de protocole en place, précise Mark Smith.

L’avocat Michael Lacy a mené un interrogatoire serré et difficile. Il s’était de toutes évidences bien préparé et familiarisé avec les protocoles et les étapes d’une enquête policière, ainsi que les bonnes pratiques à adopter.

L'avocat de la défense, Michael Lacy, mène le contre-interrogatoire du sergent Mark Smith, lors du procès de Dennis Oland pour le meurtre de son père. L'avocat de la défense, Michael Lacy, mène le contre-interrogatoire du sergent Mark Smith, lors du procès de Dennis Oland pour le meurtre de son père. Photo : Radio-Canada

Le sergent Smith reprenait place à la barre des témoins pour une sixième fois dans le cadre de ce procès pour meurtre. Le contre-interrogatoire de la défense devrait se terminer vendredi.

La défense insiste sur l’absence de sang dans la voiture

Les avocats de Dennis Oland ont passé la plus grande partie de la matinée à décrire tout ce que la police de Saint-Jean n’a pas trouvé lorsqu’elle a analysé le véhicule de Dennis Oland, à la recherche de preuves qui aurait pu l’incriminer relativement au meurtre.

Le sergent Smith a affirmé mercredi qu’il avait passé environ 14 heures à faire des tests dans le véhicule de Dennis Oland, une semaine après le meurtre. La police était à la recherche de traces de sang, mais elle n’a rien trouvé.

La police a saisi la voiture de Dennis Oland, en pensant y trouver des traces de sang, mais rien de significatif n'a été trouvé. Le sergent Mark Smith a souligné lors de son témoignage que le véhicule ne semblait pas avoir été nettoyé récemment.La police a saisi la voiture de Dennis Oland, en pensant y trouver des traces de sang, mais rien de significatif n'a été trouvé. Le sergent Mark Smith a souligné lors de son témoignage que le véhicule ne semblait pas avoir été nettoyé récemment. Photo : Pièce à conviction

L’avocat Michael Lacy a tout de même passé de longs moments à questionner le témoin sur le sujet, en martelant que la police n’avait rien découvert de significatif dans la voiture.

La preuve est dans l’absence de preuves, croit la défense

Il s’agit d’un élément important pour la cause de la défense. De nombreux policiers qui ont témoigné depuis le début du procès ont dit que la personne qui a tué Richard Oland était assurément couverte de sang après le meurtre, en raison de la violence des coups portés à la victime. Pourtant, aucune trace n’a été trouvée dans le véhicule de l’accusé.

L’absence de preuves peut être une preuve.

Alan Gold, avocat de Dennis Oland en novembre 2018

La défense fait valoir qu’il aurait été difficile pour Dennis Oland de commettre ce crime sanglant sans laisser de traces dans sa voiture.

Richard Oland a été trouvé sans vie le matin du 7 juillet 2011, dans son bureau du centre-ville de Saint-Jean.

L'homme d'affaires de 69 ans, ancien dirigeant de la brasserie Moosehead, avait été battu à mort.

Son fils, Dennis Oland, a été inculpé de meurtre au deuxième degré en 2013.

Il a été condamné en 2015, mais le verdict du jury a été annulé en appel en 2016, et un nouveau procès a été ordonné.

Nouveau-Brunswick

Procès et poursuites