•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Près de 60 % de la nourriture produite au Canada est gaspillée, selon un rapport

Quelqu'un jette des pâtes dans une poubelle.

Les Canadiens jettent des tonnes de nourriture à la poubelle chaque année, selon Second Harvest.

Photo : iStock / AndreyPopov

Radio-Canada

Pas moins de 35,5 millions de tonnes métriques de nourriture sont jetées ou gaspillées chaque année au Canada, selon l'organisation Second Harvest, qui estime que c'est l'équivalent de 58 % de toute la nourriture produite au pays.

Second Harvest cite l'exemple des centaines de milliers de tomates qui sont jetées annuellement parce qu'elles n'ont pas exactement la bonne grosseur, forme ou couleur.

Dans certains cas, des tomates pourrissent sur les plants, ajoute le rapport, parce que le producteur n'a pas assez de travailleurs saisonniers pour les cueillir.

C'est sans parler des dates de production et de péremption.

Les dates [sur la nourriture], c'est un véritable monstre qu'on a créé.

Représentant de l'industrie alimentaire cité anonymement dans le rapport

Même si la date de péremption fixée par le manufacturier est très conservatrice et que le produit en question peut être consommé de façon parfaitement sécuritaire, nombre de producteurs ne voudront pas en faire don, ajoute Second Harvest, qui recueille les surplus de l'industrie et des détaillants pour les distribuer à des refuges, par exemple.

Dessin d'une poubelle remplie de nourriture accompagnée des pourcentages d'aliments gaspillés par les producteurs et l'industrie de la transformation ainsi que les foyers et les restaurants.

Qui gaspille le plus de nourriture? La réponse en graphique, selon Second Harvest.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Selon Second Harvest, les aliments demeurent propres à la consommation même après leur date de péremption s'ils n'ont pas été déballés et s'ils ont été entreposés à la bonne température.

Toutefois, par crainte de poursuites ou à cause du tabou entourant ces aliments, ils sont souvent jetés, souligne la PDG de l'organisation, Lori Nikkel.

Certains restes, comme les os d'animaux, ne sont pas récupérables. Toutefois, l'étude estime que 11,2 millions des 35,5 millions de tonnes métriques de nourriture gaspillées chaque année au Canada pourraient être récupérées.

Ce serait assez pour nourrir tous les Canadiens pendant cinq mois, selon Second Harvest.

L'ultime cause [du gaspillage alimentaire], c'est son acceptation. L'industrie et les consommateurs n'assument pas le véritable coût de ce gaspillage.

Martin Gooch, l'un des auteurs du rapport et consultant de la firme Value Chain Management

Des directives plus claires sur les dates

À l'heure actuelle, seules les dates de péremption de certains aliments comme le lait maternisé et les suppléments nutritifs sont réglementées par les gouvernements, les autres dates étant fixées par chaque producteur.

Second Harvest presse le fédéral d'établir des lignes directrices claires pour permettre le don de ces aliments, même après la date imprimée sur l'emballage, s'ils sont toujours mangeables.

L'organisation incite aussi les producteurs et l'industrie de la transformation à mesurer leurs pertes de nourriture et à se fixer des cibles pour limiter ce gaspillage. En plus de la question des dates de péremption, Second Harvest affirme que la durée de vie de nombre d'aliments pourrait être prolongée grâce à de meilleurs emballages, notamment.

Ce que vous pouvez faire*

  1. Éviter les offres 2 pour le prix de 1, si on sait qu'on ne pourra pas consommer le deuxième produit avant sa date de péremption.
  2. Ne pas jeter un aliment à la poubelle simplement parce que la date de péremption imprimée sur l'emballage remonte à la veille.
  3. Ne pas commander une grosse assiette au restaurant, si on ne peut pas la finir ou amener les restes à la maison.

* Selon Second Harvest

L'étude de Second Harvest a été financée par la Fondation Walmart. La compagnie Walmart Canada s'est engagée le printemps dernier à ne plus produire de déchets alimentaires d'ici 2025.

Alimentation

Société