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La Première Nation d’Eskasoni lance un appel à l'aide après plusieurs décès

Leroy Denny au micro et Sharon Rudderham à sa gauche lors d'une conférence de presse.

Le chef Leroy Denny et la directrice des soins d'Eskasoni, Sharon Rudderham, le 17 janvier 2019.

Photo : Radio-Canada / CBC / Gary Mansfield

Radio-Canada

La plus grande communauté micmaque de Nouvelle-Écosse lance un cri d'alarme à la suite de plusieurs décès « inattendus » survenus ces dernières semaines. Elle demande l'aide des gouvernements pour améliorer les services de soutien en santé mentale.

Plusieurs décès récents mettent en lumière les besoins criants de cette Première Nation du Cap-Breton, a expliqué jeudi le chef d’Eskasoni, Leroy Denny.

Selon CBC, il y aurait eu trois suicides dans les dernières semaines au sein de cette communauté de quelque 4500 âmes. M. Denny a préféré ne pas divulguer le nombre de décès survenus récemment, afin de respecter la vie privée et l’intimité des familles en deuil.

Nous croyons qu’un seul suicide est déjà un de trop, dans n’importe quelle communauté.

Leroy Denny

La situation rappelle celle d’il y a dix ans, lors d’une vague de suicides et de décès liés à la surconsommation de drogues à Eskasoni. Un centre de crise pour les habitants de la réserve ainsi qu’une ligne téléphonique d’aide avaient été mis sur pied.

En 2009, nous n’avions aucun service. Au moins, maintenant, nous sommes mieux préparés, dit le chef Denny. Mais nous continuons d’éprouver des difficultés et nous avons besoin de meilleur financement.

Logo « Eskasoni Health Centre ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des centres d'aide existent au sein de la communauté.

Photo : Radio-Canada / CBC / Holly Connors

Il demande le soutien des différents paliers de gouvernement afin de mieux financer des services de santé mentale et de traitement des traumatismes et des dépendances adaptés au contexte culturel des Nations autochtones.

Nous vivons sur la réserve et nous avons toujours vécu avec des problèmes de pauvreté, de dépendance et de traumatismes transmis à travers les générations, a-t-il dit jeudi. Nous essayons d’offrir des services de soutien et de thérapie, mais il est vraiment difficile d’obtenir du financement.

Dans 80 % des réserves, le revenu moyen est sous le seuil de la pauvreté, indiquent les données du recensement de 2016.

Leroy Denny prend la parole lors d'une conférence de presse le 17 janvier 2019.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef de la Première Nation micmaque d'Eskasoni, Leroy Denny, le 17 janvier 2019.

Photo : Radio-Canada / CBC / Steve Sutherland

Les moyens financiers actuels sont insuffisants pour répondre aux besoins des survivants des pensionnats autochtones et leurs familles, soutient M. Denny. Les travailleurs de première ligne sont surmenés et le centre de crise a besoin de plus de personnel parlant la langue micmaque.

À la lueur des statistiques, il est évident que nous devons faire mieux, reconnaît-il.

Il indique que les membres de sa communauté qui demandent de l’aide hors de la réserve font souvent face aux préjugés.

Le conseil de bande rappelle que des centres de crise sont ouverts et des services de santé mentale sont disponibles 24 heures par jour pour venir en aide aux résidents qui font face à des difficultés, en personne ou au 902-379-2099 et au 902-379-2910. Leroy Denny encourage les résidents à ne pas hésiter à demander de l’aide s’ils en ont besoin et précise que le transport leur sera offert s’ils le désirent.

Des travailleurs communautaires interviennent également de façon proactive auprès de résidents pour offrir un soutien.

Notre communauté effectue un travail remarquable. Nous sommes des gens résilients, a mentionné jeudi le chef Denny, en remerciant les collectivités avoisinantes pour le soutien offert.

Selon Santé Canada, le taux de suicide est de cinq à sept fois plus élevés chez les jeunes des Premières Nations que pour les non-Autochtones du même âge.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

Nouvelle-Écosse

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