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Attaque dans un Canadian Tire de Toronto : l'accusée reconnaît les faits à son procès

On aperçoit une illustration judiciaire montrant le Procureur fédéral,Jason Wakely, en train de décrire les preuves que la Couronne a retenues contre Rehab Dughmosh.
Le Procureur fédéral,Jason Wakely, décrit les preuves que la Couronne a retenues contre Rehab Dughmosh à gauche. Photo: Radio-Canada / Pam Davies
Jean-Philippe Nadeau

La femme qui avait été arrêtée en 2017 après une attaque terroriste dans un Canadian Tire de Toronto a reconnu qu'elle avait tenté de rejoindre le groupe armé État islamique un an plus tôt en Syrie.

Rehab Dughmosh, qui se défend sans avocat, a corroboré les preuves accablantes que la couronne a présentées au jury à l'ouverture de son procès à Toronto. Elle n'a toutefois pas plaidé coupable, parce qu'elle ne reconnaït pas le système judiciaire canadien et qu'elle ne croit qu'en la charia, la loi islamique.

Vêtue d'un niqab, elle a premièrement admis qu'elle avait tenté, sans succès, en avril 2016, de se rendre à Gazientep, en Turquie, pour pouvoir traverser la frontière en Syrie. À l'époque, son frère, Khalid Dughmosh, avait toutefois averti les autorités canadiennes des plans de sa sœur de rejoindre le groupe État islamique.

Une illustration judiciaire montre l'accusée, Rehab Dughmosh, assistée d'une interprète en langue arabe durant son procès.L'accusée, Rehab Dughmosh, est assistée d'une interprète en langue arabe. Photo : Radio-Canada / Pam Davies

La Torontoise avait alors été arrêtée à l'aéroport d'Istanbul et renvoyée au Canada. De retour à Toronto, elle avait toutefois expliqué à la GRC qu'elle voulait aller voir sa famille à Damas. Elle avait nié l'idée de collaborer avec Daech. Les autorités avaient alors clos le dossier.

La femme de 34 ans a ensuite reconnu avoir attaqué cinq personnes avec un couteau de boucher et un bâton de golf dans le magasin de Scarborough. Elle avait rapidement été maîtrisée au sol, si bien que l'attaque préméditée n'avait fait aucun blessé grave.

À en croire la Couronne, les témoins à charge ont expliqué aux autorités que la femme avait bien crié qu'elle appartenait à Daech lorsqu'elle avait couru dans leur direction et que son attaque était perpétrée au nom du groupe terroriste.

Après son arrestation, Rehab Dughmosh avait finalement admis aux autorités les réelles intentions de son voyage en Turquie, en précisant qu'elle planifiait de longue date une attaque au Canada.

Une illustration judiciaire montre le Procureur fédéral, Jason Wakely, en train de s'adresser à la juge, Maureen Forestell, au premier jour du procès de Rehab Dughmosh.Le Procureur fédéral, Jason Wakely, s'adresse à la juge, Maureen Forestell, de la Cour supérieure de l'Ontario. Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Le Procureur fédéral, Jason Wakely, soutient qu'elle a par exemple acheté un arc, des couteaux de boucherie, des canifs et de la peinture noire avec laquelle elle avait peint aux couleurs de Daech le bandeau qu'elle portait autour de la tête le jour de l'attaque. Le 3 juin 2017, elle avait dissimulé une partie de ces armes dans deux sacs de sport, mais son mari, Anas Hanafy, l'avait interceptée en rentrant à leur appartement et il les lui avait confisqués.

La mère de deux enfants s'était quand même rendue au Canadian Tire de l'avenue Lawrence, parce que son mari n'avait pas remarqué qu'elle avait dissimulé l'arc et un couteau sous sa tunique. En arrivant sur place, elle avait saisi dans le magasin un marteau et une clef anglaise qu'elle avait placés dans un panier ainsi qu'un bâton de golf.

Le Procureur souligne que l'accusée s'était en outre renseignée auprès d'un commis pour se procurer des flèches pour son arc, mais qu'elle ne pouvait en acheter parce qu'elle avait oublié son argent à la maison.

La photo de la façade d'un magasinLe Canadian Tire de Scarborough Photo : Radio-Canada / Craig Chivers/CBC News

La Torontoise avait alors couru dans l'allée des peintures en tenant le club de golf dans les airs et en criant « Allah Akhbar » et « ceci est pour Daech ». Elle avait tenté de frapper avec le club une employée, qui avait réussi à la désarmer. Elle avait ensuite sorti son couteau pour s'en prendre à deux hommes qui l'avaient finalement plaquée au sol avant l'arrivée de la police.

Rehab Dughmosh avait dit à son arrestation qu'elle voulait prendre sa revanche contre des non-musulmans en Occident après s'être inspirée d'attaques récentes de Daech en Europe. Elle avait dit aux enquêteurs : « Vous tuez des musulmans, Daech est l'Islam, cessez de tuer des musulmans ».

L'accusée avait ensuite reconnu que Daech ne lui avait jamais ordonné de commettre un tel acte, mais qu'elle espérait tout de même mourir en martyre. La police trouvera dans son appartement d'autres pièces à conviction, comme les sacs de sport et son téléphone intelligent qui contenait deux vidéos de propagande de Daech.

Le verdict sera rendu jeudi après deux jours d'audience seulement sous la présidence de la juge Maureen Forestell.

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