•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Petite enfance : l'Î.-P.-É. et ses éducatrices ne s'entendent pas sur les salaires

Un homme et une femme sont assis à une table de jeu avec des enfants qui s'amusent avec de la pâte à modeler.
Les salaires des éducatrices de la petite enfance à l'Île-du-Prince-Édouard étaient à l'ordre du jour de la visite du ministre de l'Éducation et du Développement préscolaire, Jordan Brown, au centre de la petite enfance L'Île Enchantée, à Charlottetown. Photo: Radio-Canada / François Pierre Dufault
François Pierre Dufault

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard reconnaît que les salaires des éducatrices de la petite enfance représentent un obstacle au recrutement et à la rétention de personnel.

Mais le ministre de l'Éducation et du Développement préscolaire, Jordan Brown, dit qu'il ne peut acquiescer pour l'instant à une hausse des salaires de 7 $ l'heure, comme le réclament les employées des centres de la petite enfance (CPE) de la province pour mettre fin à une pénurie.

Les salaires des éducatrices dans les CPE sont réglementés par la province.

Jordan Brown estime qu'une hausse rapide des salaires dans les CPE aurait pour effet de déséquilibrer le système en creusant un écart trop grand entre la rémunération offerte dans les garderies subventionnées et celle offerte dans les garderies privées ou en milieu familial.

Un équilibre à maintenir, dit le ministre

À la base, une éducatrice dans un CPE à l'Île-du-Prince-Édouard gagne 15,60 $ l'heure.

Nous avons créé une échelle salariale pour les éducatrices dans les CPE, qui représentent environ le tiers des éducatrices dans la province. Si nous augmentons les salaires pour ce groupe que nous réglementons, les autres joueurs dans ce secteur ne seront peut-être pas en mesure d'augmenter leurs salaires sans augmenter leurs coûts ou réduire leurs services, a déclaré Jordan Brown en marge d'une visite d'un CPE francophone, mercredi.

Dans son plus récent budget, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a consenti aux éducatrices une augmentation de 2 % de leurs salaires. C'est l'équivalent de 30 ¢ l'heure environ.

L'augmentation de 7 $ l'heure que réclament les quelque 450 éducatrices dans les CPE anglophones et francophones de la province représenterait un investissement récurrent de plus de 5,7 millions de dollars.

La directrice du CPE L'Île Enchantée, Adina Nault, se dit convaincue que sans une telle hausse des salaires, les centres comme le sien vont continuer à perdre leurs éducatrices pour des emplois mieux rémunérés dans les écoles ou dans la fonction publique. Celles qui restent font le choix de vivre sous le seuil de la pauvreté, dit-elle.

« Continuer à faire pression »

La responsable du service de garde de Charlottetown estime que les six CPE de langue française de la province ont perdu ainsi une cinquantaine d'employées depuis huit ans.

En 2010, le gouvernement s'était engagé à augmenter les salaires de 3 % par année. On n'a pas vu [cet argent]. Je veux savoir quand mes éducatrices vont recevoir un salaire avec lequel elles peuvent vivre et élever leur famille, insiste Adina Nault. Je crois que nous allons devoir continuer à faire pression.

Alors que des élections à l'Île-du-Prince-Édouard sont prévues d'ici l'automne, l'Association des CPE francophones de la province prévoit tenir des rassemblements pour sensibiliser la population à sa cause. Un premier rassemblement est prévu samedi à Rustico, où le recrutement et la rétention d'éducatrices qualifiées demeurent particulièrement difficiles.

Île-du-Prince-Édouard

Emploi