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60 % des espèces sauvages de café sont menacées d’extinction

Des travailleurs éthiopiens récoltent des grains de café.
Au total, 60 % des espèces sauvages de café sont menacées de disparition. Photo: Reuters / Maheder Haileselassie
Daniel Blanchette Pelletier

Sirotez votre café. Une nouvelle étude révèle que plus de la moitié des espèces sauvages de caféiers sont menacées par le réchauffement climatique et la déforestation.

Au total, 75 des 124 espèces de café étudiées par l’équipe des Jardins botaniques royaux de Kew, au Royaume-Uni, sont en jeu : 13 risquent de s’éteindre, 40 sont en danger et 22 sont vulnérables.

En plus des bouleversements climatiques, la propagation de maladies et d'espèces nuisibles est aussi un facteur de risque non négligeable, selon l’étude menée dans plusieurs forêts africaines, de la Sierra Leone à Madagascar, et publiée mercredi dans la revue Science Advances.

Le café est particulièrement à risque à cause de sa grande sensibilité à son environnement.

Des grains de café.L'arabica et le robusta sont les deux principales espèces de café. Photo : Reuters / Maheder Haileselassie

La production mondiale repose actuellement sur deux espèces : l'arabica (environ 60 % de la production) et le robusta (40 %).

La menace qui pèse sur les autres espèces sauvages pose aussi problème, puisque les gènes de celles-ci servent à développer des cafés résistants aux maladies et aux changements climatiques, explique le docteur Aaron Davis, responsable de la recherche sur le café aux Jardins de Kew et coauteur de l’étude.

La disparition du café aura d’énormes conséquences, et pas seulement pour ceux qui comptent sur le célèbre breuvage pour démarrer leur journée.

« Il y a 100 millions de cultivateurs de café dans le monde et s'ils perdent leur capacité à produire du café ou à en tirer un profit, cela engendrera d'énormes problèmes socio-économiques, a souligné le docteur Davis. Ce qu'il faut éviter, ce sont des mouvements de population dont le mode de vie n'est plus viable. »

Des travailleurs trient des grains de café. L'économie de l'Éthiopie repose en grande partie sur la production de café. Photo : Reuters / Maheder Haileselassie

L’enjeu inquiète particulièrement en Éthiopie, le principal producteur africain de l'arabica. Plus de 15 millions d'Éthiopiens dépendent de ce marché, dont les exportations sont estimées à plus d’un milliard de dollars annuellement.

Une modélisation informatique a d’ailleurs projeté que le nombre d’endroits où pousse la plante dans ce pays diminuerait de 85 % d’ici 2080. En 2017, les prévisions indiquaient que jusqu’à 60 % des terres seraient impropres à cet emploi d’ici la fin du siècle.

Nous ne cherchons pas à créer la panique. Il s'agit d'un appel à l'action, nous voulons dire qu’il faut commencer à réfléchir à leur conservation maintenant. Nos options diminuent rapidement.

Aaron Davis, Jardins botaniques royaux de Kew

Selon lui, les mesures de conservation actuelles des espèces sauvages ne suffisent pas pour assurer leur survie.

Deux fois plutôt qu’une

Les chercheurs des Jardins de Kew ont aussi publié, mercredi, une deuxième étude portant spécifiquement sur l'arabica sauvage, une espèce originaire de l'Afrique de l'Est et désormais répandue en Amérique.

Cette variété, dont dépend un commerce d'une valeur de 13,8 milliards de dollars, est aussi en danger d'extinction, concluent-ils dans la revue Global Change Biology.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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