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Québec indemnisera des victimes des changements climatiques au Bas-Saint-Laurent

L'érosion des berges causé par les changements climatiques a un impact majeur sur plusieurs résidents de Sainte-Flavie. Photo: Radio-Canada
Jean-Philippe Robillard

Le gouvernement du Québec s'apprête à offrir 5,5 millions de dollars pour dédommager des propriétaires de maisons de Sainte-Flavie au Bas-Saint-Laurent qui sont menacées par les tempêtes et l'érosion des berges.

À Sainte-Flavie, plus de 200 bâtiments situés en bordure du fleuve sont dans une zone considérée à risque en raison des grandes marées et de l'érosion des berges. Le village perd en moyenne de 15 à 16 centimètres de littoral par année.

Puis, en décembre 2010, de grandes marées ont fait des dommages considérables partout dans l'Est-du-Québec. Le village de Sainte-Flavie avait été durement touché.

Dans cinquante ans, le visage de Sainte-Flavie va être complètement différent.

Jean-François Fortin, maire de Sainte-Flavie

Partir ou rester?

La situation est telle que les citoyens auront bientôt accès à un nouveau programme de prévention du ministère de la Sécurité publique afin de déménager ou de démolir leur maison. Québec et la Municipalité négocient les derniers détails de l'entente, mais déjà 25 résidences avec un haut indice de vulnérabilité ont été identifiées grâce à des études scientifiques.

Ces citoyens de Sainte-Flavie auront un choix difficile à faire. Le dilemme sera d'autant plus déchirant qu'une telle offre pourrait ne jamais revenir.

Deux femmes parlent ensemble.Géraldine Colli (à droite) guidera les résidents ciblés par le programme du gouvernement à prendre une décision quant à leur avenir. Photo : Radio-Canada

Il s’agira d’une décision déchirante pour les résidents, souligne Géraldine Colli, chargée du projet en résilience côtière à Sainte-Flavie.

Ce sont des gens qui vivent ici depuis 50 ans. On leur demande de déplacer leur maison ou de la démolir, ce n'est pas toujours évident.

Géraldine Colli, chargée du projet en résilience côtière à Sainte-Flavie

Géraldine Colli aura la lourde tâche d'accompagner les propriétaires dans leur choix. Elle soutient que les propriétaires seront respectés même s'ils décident de rester sur le bord du fleuve. S'ils restent là, je vais essayer de leur faire rencontrer des professionnels pour voir comment s'adapter le mieux face à la problématique de l'érosion.

Mme Colli affirme que les citoyens auront tout le temps nécessaire pour prendre leur décision et que le choix de chacun sera respecté. Suite à la tempête de 2010, il y a eu des traumatismes, des gens ont dû prendre des décisions rapidement.

Une maison avec de lourds dommages. Une des maisons près de Sainte-Flavie lourdement endommagée par les marées en décembre 2010. Photo : La Presse canadienne / Remi Senechal

Afin d'aider les résidents déplacés, la Municipalité va créer un nouveau développement résidentiel. Douze terrains y seront disponibles.

Toujours craindre le pire

Un homme en complet.Damien Ruest, l'ancien maire du village, est lui aussi affecté par l'érosion de berges. Photo : Radio-Canada

L'ancien maire du village Damien Ruest vit lui aussi dans la zone à risque où il est propriétaire d'un motel situé à quelques mètres seulement de la rive. Il n'a toujours pas oublié les grandes marées de décembre 2010. Lorsque de nouvelles tempêtes frappent, il est de plus en plus inquiet. C'est un risque. C'est un très gros risque, il ne faut pas se le cacher. Il y a ça qui nous pend au bout du nez.

Il ajoute que l’avenir est incertain pour ces riverains. La valeur des propriétés ne sera plus la même. Ça va déprécier, c'est certain.

M. Ruest ignore si Québec lui offrira une aide financière pour sa maison et son commerce et s'il l'accepterait. C'est la quiétude qu'on vit ici et la beauté de tout le paysage. On s'habitue à ça. On a un beau coin.

Une dame parle tout près de l'eau.Huguette Lacerte vit dans la zone à risque. Photo : Radio-Canada

Huguette Lacerte habite aussi dans la zone considérée à risque par les recherches scientifiques. Elle a acheté sa maison six mois seulement avant la grande tempête de 2010. Regrette-t-elle son achat? Est-ce que je le referais? Je pense que je serais plus sage parce que j'investirais mon argent autrement parce que là maintenant les maisons ne se vendent pas.

À chaque tempête, elle craint de voir l’eau inonder son salon, de voir les vagues casser les fenêtres. Malgré tout, elle n'a pas l'intention de partir. À l'âge qu'on a, on ne s'en va pas, mais ce n'est pas comme vivre tranquille.

Un programme qui servira de nouveau?

Les propriétaires de Sainte-Flavie ne sont pas les seuls Québécois à subir les conséquences de l’érosion des berges.

Selon la Chaire de recherche en géosciences côtières, 5114 bâtiments sont construits à moins de 15 mètres des berges. Environ 40 % de ces édifices, maisons et commerces, sont dans le Bas-Saint-Laurent.

Le précédent gouvernement n'a pas atteint en 2017-2018 les cibles qu'il s'était fixées en matière de protection des personnes et des biens en cas de sinistres comme l'érosion côtière. On prévoyait pour l’ensemble du Québec des « interventions préventives » pour protéger des biens et des infrastructures d’une valeur de 40 millions de dollars; seulement la moitié l’ont été. Par ailleurs, moins du quart des 400 nouvelles personnes que voulait protéger le ministère l’ont été.

Bas-Saint-Laurent

Politique provinciale