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Papetière Northern Pulp : la décontamination de Boat Harbour débutera en 2021

Des manifestants arrivés par bateau passent devant la papetière Northern Pulp.
La papetière Northern Pulp déverse jusqu’à 27 millions de mètres cubes d’eaux usées par année dans Boat Harbour. Photo: Radio-Canada / CBC / Nic Meloney

En Nouvelle-Écosse, la décontamination de l'estuaire de Boat Harbour, pollué depuis plus d'un demi-siècle par la papetière située à proximité, débutera en 2021, un an plus tard que prévu, et pourrait coûter plus de 217 millions de dollars.

La Nouvelle-Écosse a promis de remettre Boat Harbour dans l’état où il se trouvait avant l’arrivée en 1967 d’une usine de pâtes et papiers à Abercrombie, et de redonner au lieu ses caractéristiques originelles d’estuaire sous l’influence des marées.

Depuis plus de 50 ans, jusqu’à 27 millions de mètres cubes d’eaux usées sont acheminés annuellement vers la station de traitement des effluents de Boat Harbour, adjacente à la communauté micmaque de Pitctou Landing.

La loi provinciale ordonne à la papetière Northern Pulp de cesser de déverser ses effluents à Boat Harbour à compter du 31 janvier 2020.

Ken Swain, gestionnaire du projet de remise en état du site pour l'agence gouvernementale Nova Scotia Lands, indique que le nettoyage commencera l’année suivante, un délai attribuable aux procédures d’évaluation environnementale.

À la suite de pressions, la Nouvelle-Écosse a convenu de procéder à une évaluation environnementale dite de type 2, c’est-à-dire plus rigoureuse et d’une durée maximale de 275 jours. Elle aura pour but de juger des impacts sur la qualité de l’air, la santé humaine et la qualité de vie des communautés à proximité de l’usine de filtration adjacente à la papetière.

Au début janvier, la Nouvelle-Écosse a soumis à l’Agence canadienne d'évaluation environnementale son projet de remise en état de Boat Harbour. L’agence doit décider en février si une évaluation environnementale fédérale est également requise. D’ici là, elle recueille les avis du public.

L'étendue de la contamination

GHD, une firme de consultants de Dartmouth engagée par la province au coût de 6,7 millions de dollars, a déterminé la nature et l’étendue de la contamination.

Les concentrations de baryum, de bore, de cadmium, de cuivre, de plomb, de mercure et de zinc dépassent les critères relatifs au milieu marin. Les critères provinciaux relatifs à la santé humaine étaient dépassés en ce qui concerne le sodium et le vanadium.

Il y aurait environ 385 000 mètres de cubes de boues et de sédiments dans Boat Harbour. La couche de boues atteint un mètre de hauteur par endroits, et en moyenne 20 cm. Selon le projet de remise en état, [u]ne fois les boues et les sédiments consolidés par déshydratation, le volume total devrait varier entre 312 500 et 517 700 mètres cubes.

Manifestants sur un bateau.Des membres de la Nation Mi'kmaq venus par bateau pour manifester contre la papetière Northern Pulp à Pictou, en Nouvelle-Écosse, le 6 juillet 2018. Photo : Radio-Canada / CBC/Nic Meloney

Une facture toujours plus élevée

Le coût de l’assainissement et de la remise en état de Boat Harbour a été revu à la hausse à plusieurs reprises. La province parlait initialement de 52 millions de dollars. Un an plus tard, en 2016, on évaluait la décontamination à 88 millions. Ce montant est passé à 133 millions en 2017, puis à 217 millions aujourd’hui.

Une nouvelle évaluation des coûts est prévue pour plus tard en 2019.

Après janvier 2020, la papetière Northern Pulp veut déverser ses eaux usées dans le détroit de Northumberland. Le plan à cet effet fait face à une opposition considérable et la compagnie soutient maintenant qu'elle n'aura pas le temps de construire sa nouvelle canalisation avant la date butoir imposée par le gouvernement provincial.

Boat Harbour, près d’une réserve des Premières Nations, est l’un des plus importants exemples de racisme environnemental dans la province et, probablement, au pays, avait affirmé l'an dernier le ministre néo-écossais de l’Environnement de l'époque, Ian Rankin.

Avec des informations de Paul Withers, CBC

Avec les informations de CBC

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