•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une toxine produite par les algues bleu-vert protège un crustacé contre les champignons

La daphnie, une puce d'eau.
La daphnie, une puce d'eau, peut se nourrir sans problème de cyanobactéries. Elle en tire même un bénéfice. Photo: getty images/istockphoto / dzika_mrowka
Radio-Canada

De minuscules crustacés qui se nourrissent de cyanobactéries dans le lac Érié sont protégés des infections fongiques. Une toxine dommageable pour beaucoup d'animaux leur est plutôt bénéfique, montrent des chercheurs de l'université du Michigan.

Un texte de Gabriel Laurin

Les cyanobactéries, qu’on appelle communément algues bleu-vert, produisent de la microcystine. Normalement nuisible aux animaux, cette algue est absorbée sans problème par la daphnie, un petit crustacé d’eau douce.

Au contraire, ingérer la toxine protégerait la « puce d’eau » contre les assauts de divers champignons.

Cette étude montre que les daphnies vivant dans les lacs du Michigan peuvent être protégées des parasites fongiques grâce aux toxines présentes dans les cyanobactéries en floraison.

Mark Hunter, professeur à l’université du Michigan, en entrevue à Science Daily

Nourrir des crustacés

En laboratoire, l’équipe a divisé plusieurs daphnies en neuf groupes différents.

Les niveaux de microcystine lors des floraisons de cyanobactéries sont beaucoup plus élevés qu'à l'habitude. Les chercheurs en ont ainsi ajouté dans certains régimes de cyanobactéries pour simuler l’effervescence des algues bleu-vert.

Les autres daphnies ont dû se contenter d’algues vertes régulières, qui ne produisent pas de microcystine.

Ces animaux ont été ensuite confrontés à des bactéries et à des champignons qu’ils ont de fortes chances de rencontrer dans la nature.

À la grande surprise des chercheurs, les daphnies se nourrissant d’algues bleu-vert enrichies de microcystine ne montraient aucun signe d’infection fongique.

Peu importe le niveau de microcystine présent, cependant, aucune n’avait résisté à une infection bactérienne.

Le saviez-vous?

Les papillons monarques se protègent aussi des parasites grâce à une toxine présente dans leur nourriture de prédilection : les asclépiades.

Un des groupes de daphnies sous régime d’algues vertes a également résisté aux champignons.

Un futur médicament contre les champignons?

L’équipe doit tester le phénomène dans un lac afin de savoir si les résultats sont les mêmes qu’en laboratoire. Les chercheurs croient d’ailleurs que de nouvelles études permettraient de tester le potentiel de la microcystine en tant que produits antifongiques.

Les pathogènes fongiques ont des impacts dévastateurs sur les moissons, les animaux sauvages, et même les humains. Pour moi, la simple idée que des éléments permettant de les combattre se trouvent juste sous la surface de nos lacs est très attrayante.

Meghan A. Duffy, professeur à l’université du Michigan, en entrevue à Science Daily

Leurs résultats sont publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B (Nouvelle fenêtre).

Biologie

Science