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Le rapport sur la stratégie nationale sur la démence bien accueilli au Manitoba

Illustration d'un cerveau avec des rouages

Plus de 400 000 Canadiens âgés d'au moins 65 ans souffrent de démence.

Photo : iStock

Abdoulaye Cissoko

Une stratégie pancanadienne est devenue nécessaire pour préparer les systèmes de santé canadiens à faire face à la démence. C'est la conclusion du rapport d'un groupe d'experts qui aide Ottawa dans la mise en place de son plan national. Les organismes manitobains qui travaillent avec les aînés s'en réjouissent.

La démence risque d'apparaître davantage avec le vieillissement de la population, d'après le président du groupe d'experts, le Dr Howard Bergman.

Selon l'Académie canadienne des sciences de la santé (ACSS), deux aînés sur trois meurent chaque année en souffrant de ce type de maladie. Le rapport indique aussi qu'un baby-boomer sur cinq sera atteint de démence pendant sa vie.

Il existe déjà des stratégies provinciales, mais selon les experts, il faudrait une politique pancanadienne pour mettre en commun les meilleures pratiques et préparer les différents systèmes de santé à gérer cet afflux de patients qui seront de plus en plus nombreux.

Thérèse Dorge

Thérèse Dorge

Photo : Radio-Canada

Thérèse Dorge, présidente de la Fédération des aînés franco-manitobains, se réjouit de ces recommandations. « Je suis contente que le gouvernement fédéral pense à mettre en place une stratégie nationale. Je ne pense pas que cela va combattre la démence, mais c'est sûr que ça va aider. »

L'ACSS suggère aussi un plus grand engagement des patients eux-mêmes dans leurs soins. L'organisme dit qu'il faut mettre plus l'accent sur la sensibilisation des Canadiens dans le but d'éviter la stigmatisation des malades.

Selon Thérèse Dorge, le dernier point est d'autant plus important que les patients atteints de démence semblent souvent éprouver une certaine gêne à en parler.

« Ce n'est pas quelque chose qu'on crie sur le toit des maisons. C’est quelque chose qu'on garde pour soi ou ses proches. Tu ne veux pas que les voisins le sachent », explique-t-elle.

Les soins offerts aux patients pourraient aussi être améliorés, affirment les auteurs du rapport. Ils estiment que de nombreux malades, et même leurs aidants, ont un accès limité aux évaluations et aux services.

L'importance d'offrir des services en français

Au Manitoba, des services existent, mais on pourrait faire mieux, affirment certains intervenants.

Annie Bédard, directrice de l'organisme Santé en français, dit que, pour ce qui est des services français, Actionmarguerite, qui gère plusieurs établissements de soins de longue durée, a créé une unité pour les personnes atteintes de troubles du comportement, dont la démence.

Une dame aux courts cheveux blonds sourit fièrement à l'objectif.

Annie Bédard, directrice générale à Santé en français

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

Selon elle, il est crucial d'avoir des services en français reliés à la démence.

« Dans les dernières années, des recherches ont identifié des situations où des personnes atteintes de démence perdaient leur seconde langue et retournent à la langue avec laquelle elles étaient le plus à l'aise, leur langue maternelle. Et il y a beaucoup de cas où c'était le français », explique Mme Bédard.

Selon elle, il est donc essentiel de pouvoir accompagner les patients francophones dans leur langue pour éviter qu'ils ne se retrouvent en fin de vie dans des situations de stress et d'agitation faute de pouvoir communiquer. « On a vu des patients qui étaient très agités, et quand un infirmier a pu leur parler ou leur chanter des chansons en français, ils sont devenus plus calmes et plus heureux », note la directrice de Santé en français.

Les auteurs du rapport suggèrent aussi des investissements supplémentaires dans la recherche afin qu'elle puisse couvrir plus largement les troubles cognitifs

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