•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Plus de départs à la retraite que de nouveaux travailleurs en Atlantique

Un travailleur dans une usine
Il y a plus de gens qui quittent le marché de l'emploi que de personnes qui commencent à travailler. Photo: iStock / SeventyFour
Radio-Canada

Malgré l'arrivée record de nouveaux immigrants dans les Maritimes, la main-d'oeuvre se fait plus rare dans l'est du pays alors que les départs à la retraite des baby-boomers se multiplient. Les provinces de l'Atlantique risquent de perdre près d'un quart de million de travailleurs au cours de la prochaine décennie.

Dans un nouveau rapport, le Conseil économique des provinces de l’Atlantique (CEPA) remarque que la main-d’oeuvre disponible a augmenté légèrement en 2018 dans les trois provinces des Maritimes. Mais partout en Atlantique, il est difficile de suivre le rythme des départs à la retraite.

Entre 2012 et 2018, ce sont plus de 30 000 travailleurs de l’Atlantique qui ont quitté le marché du travail, en grande partie des baby-boomers. Une situation qui n’est pas une surprise. C’est en train de se produire probablement un peu plus vite que nous l’avions anticipé, remarque Patrick Brannon, le directeur des projets majeurs au CEPA.

Durant la même période, l’Atlantique a accueilli 19 000 nouveaux arrivants. On prévoit d’ailleurs des chiffres records de 14 000 immigrants pour 2018 seulement.

C’est toutefois moins que le nombre d’emplois qui sont devenus vacants depuis 2012. Ce n’est que le début du phénomène, souligne Patrick Brannon. La retraite de 229 000 travailleurs est anticipée dans les quatre provinces de l’Atlantique dans les 10 prochaines années.

De plus en plus, un emploi est offert aux immigrants pour les convaincre de s’installer en Atlantique. Ce changement de stratégie est notable, selon M. Brannon. Ça encouragera ces personnes à rester plus longtemps, juge-t-il.

En Atlantique, environ 78 % des immigrants récents âgés de 25 à 34 ans ont rejoint le marché du travail.

Le CEPA souligne aussi que la participation des Autochtones au marché du travail a augmenté de près de 40 % entre 2011 et 2016. Il s’agit de 18 000 nouveaux travailleurs au sein de cette population jeune et en forte croissance démographique.

Qualifications et qualité des emplois disponibles

Si le défi du renouvellement de la main-d’oeuvre se pose partout au Canada, la situation varie d’une province à l’autre. À Terre-Neuve-et-Labrador, où de grands projets de construction achèvent ou viennent de se conclure, la main-d’oeuvre a diminué de 4,6 % entre 2012 et 2018. On note une baisse en main-d’oeuvre de 2,5 % au Nouveau-Brunswick et de 2,1 % en Nouvelle-Écosse durant la même période.

En revanche, l’Île-du-Prince-Édouard a inversé la tendance ces deux dernières années, en partie grâce à l’immigration. Conséquemment, on remarque une hausse en main-d’oeuvre de 2 % comparativement aux chiffres de 2012.

Parmi les conséquences positives du départ massif des baby-boomers, on remarque la diminution des taux de chômage, qui se situent à leurs plus bas niveaux depuis 1976. Le nombre de personnes qui quittent les provinces de l’Atlantique a aussi diminué considérablement.

L’un des défis du Canada Atlantique, signale le CEPA, sera de garder l’écart de compétences au minimum et de s’assurer que les travailleurs soient formés pour répondre aux besoins en main-d’oeuvre. L’organisme recommande une coordination étroite entre les employeurs et les établissements d’enseignement ou de formation technique.

Le niveau de qualification pour beaucoup de nouveaux emplois est en hausse, dit Patrick Brannon. Mais pour le moment, précise-t-il, la majeure partie des emplois à combler en Atlantique requièrent peu de spécialisation et ne demandent souvent que deux ans ou moins d’expérience. Il est difficile de trouver des gens pour pourvoir ces postes, concède M. Brannan.

Nouveau-Brunswick

Emploi