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De réfugié à policier à Toronto : le rêve d'Alain Arakaza

Un homme sourit.
«Je n'avais rien au départ, mais je porte aujourd’hui fièrement l’uniforme de la police de Toronto», dit Alain Arakaza Photo: Radio-Canada
Myriam Eddahia

Alain Arakaza est passé de la guerre civile au centre de formation de la police de Toronto. Il souhaite faire bon usage des moments difficiles qu'il a vécus pour inspirer et venir en aide aux membres de la communauté qu'il rencontrera bientôt dans les rues de la grande région de Toronto.

Être réfugié au Canada a motivé Alain Arakaza à devenir policier.

Dans deux semaines, le rêve de cet homme de 25 ans deviendra réalité.

Un homme met son uniforme d'agent de la police de Toronto.Alain Arakaza a hâte de pouvoir aider les gens et influencer les jeunes positivement. Photo : Radio-Canada

J'attends ce jour depuis plusieurs années, dit-il avec le sourire.

Originaire du Burundi, il a fait face à la guerre civile.

J'ai appris à quel point la vie peut être dure.

Alain Arakaza

Il raconte avoir grandi entouré par de nombreux militaires.

Son père, engagé dans l'armée burundaise, a été capturé et sa famille est ensuite allée au Kenya pendant trois ans où la famine et la pauvreté l'ont obligé à arrêter d'aller à l'école.

Il mangeait un repas par jour et a perdu sa mère lorsqu'il était au Kenya.

« Il y a 10 ans, je prenais l’avion pour venir au Canada »

En 2009, il arrive au Canada en tant que réfugié.

Il atterrit d’abord à Toronto pour ensuite s’installer à Ottawa pendant huit ans.

Alain croit que son passé l’aidera à mieux répondre à la détresse des membres de la communauté qu'il rencontrera.

J'ai appris à être patient et surtout à rester humble. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Tout peut basculer du jour au lendemain.

Alain Arakaza

Le jeune homme est devenu membre des Forces armées canadiennes pendant trois ans avant de se lancer dans cette aventure avec la police de Toronto.

À l'intérieur de son chapeau de policier, Alain Arakaza a inséré une photo de sa mère décédée.Ses frères et lui ont perdu leur mère lorsqu'ils vivaient à Nairobi au Kenya. Aujourd'hui, Alain Arakaza garde une photo de sa défunte mère dans sa casquette de policier. Photo : Radio-Canada

Qu’est-ce que ma mère aurait voulu que je fasse si elle était encore en vie? C'est ce qui me motive.

Alain Arakaza

Il veut faire preuve de gentillesse et de compassion et rester authentique.

Dans une ville comme Toronto, il croit que sa connaissance de cinq langues sera utile.

Être un réfugié n’est pas une chose humiliante. C’est votre passé, mais ce n’est pas ce qui nous définit.

Alain Arakaza

Alain Arakaza lance un message de tolérance et d’ouverture aux Torontois.

Gardez les bras grand ouverts. On ne sait pas dans quelles circonstances vivent les gens, dit-il.

Pour ce qui est des réfugiés de la région de Toronto, il leur conseille de rester courageux et forts.

Le jour J

Je vais probablement pleurer quand je recevrai mon insigne. J’ai hâte de pouvoir servir la communauté. Je suis ici pour ça, dit-il avec le sourire.

Selon le sergent Oliver Febbo de la police de Toronto, Alain Arakaza offre une perspective différente et unique.

Il avait toutes les raisons d’abandonner, mais il a fait preuve de persévérance et de détermination.

Oliver Febbo, sergent de la police de Toronto

On peut voir qu’il est un leader naturel, dit le sergent Oliver Febbo qui le côtoie quotidiennement depuis le début de sa formation au collège de la police de Toronto.

Un sergent de la police de Toronto.Le sergent Oliver Febbo reconnait le leadership d'Alain Arakaza. Selon M. Febbo, l'équipe qui travaillera avec lui aura de la chance. Photo : Radio-Canada

Dès le premier jour, j’ai senti qu’il était différent. Il a le potentiel d’être un meneur, ajoute-t-il.

Alain Arakaza souhaite inspirer les jeunes à rester loin de la criminalité.

Une fois qu'il sera officiellement un agent de police le 31 janvier, Alain espère donner l'exemple et être un mentor pour les jeunes de quartiers difficiles.

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Société