•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouvelle évaluation pour les élèves des écoles maternelles francophones

L'enseignante Gayané Deval est en classe avec trois élèves de maternelle devant un tableau.
L'enseignante Gayané Deval en classe avec des élèves de maternelle Photo: Geneviève Murchison
Arnaud Decroix

En février et en mars 2019, les enseignants de maternelle du Manitoba sont invités à remplir des questionnaires en ligne pour chacun de leurs élèves.

Depuis 2005, ils doivent remplir tous les deux ans une telle enquête composée de 103 questions pour chaque enfant de leur classe. Au Canada, on estime que le quart des enfants entre à la maternelle sans posséder les habiletés nécessaires pour réussir en classe.

L'Instrument de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE) vise à améliorer ces performances, sachant que les expériences faites durant les cinq premières années de vie sont souvent déterminantes.

« C’est très difficile de rattraper un enfant quand les résultats sont bas », explique le directeur général adjoint du service de la programmation à la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), René Déquier.

Les 103 questions du questionnaire permettent de mesurer les capacités de l’enfant dans cinq domaines :

  • Santé et bien-être physique
  • Aptitudes sociales
  • Maturité affective
  • Capacités langagières et raisonnement
  • Capacités de communication et connaissances générales

De meilleurs résultats dans les écoles francophones

Les derniers résultats, qui remontent à 2016, font apparaître que les 506 élèves de la DSFM évalués ont, en moyenne, de meilleurs résultats que les élèves des divisions scolaires anglophones. Les élèves fréquentant la DSFM et ne bénéficiant pas du français langue additionnelle (FLA) ont des résultats encore meilleurs. Dans les cinq catégories énoncées, leurs résultats sont égaux ou supérieurs à 8,4 sur 10.

Si les élèves, en général, « réussissent assez bien côté développement physique », selon René Déquier, l’aspect linguistique reste le principal défi.

Notre défi, c’est certainement la langue. Il y a un grand nombre de nos enfants qui ne parlent pas la langue française en entrant à l’école maternelle.

René Déquier, directeur général adjoint du service de la programmation à la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM)

Les résultats des élèves bénéficiant du français langue additionnelle sont un peu moins bons, mais restent toutefois supérieurs à ceux des élèves des écoles anglophones. C’est seulement dans le domaine des capacités de communication et connaissances générales que ces élèves ont de moins bons résultats (6,2 sur 10) que les élèves des commissions scolaires anglophones n’ayant pas recours à l’anglais langue additionnelle (7,9 sur 10).

Les difficultés des élèves autochtones

Fait intéressant à observer, alors que, dans les écoles anglophones, les enfants identifiés comme Autochtones par leurs enseignants ont des résultats nettement inférieurs aux non-Autochtones, cette différence est négligeable au sein des écoles francophones.

L’explication repose sur les distinctions entre Autochtones, selon Dominique Arbez, professeure en éducation de la jeune enfance à l’Université de Saint-Boniface. « Il y a probablement une plus forte proportion de familles métisses dans notre communauté » francophone, précise-t-elle. Or, ajoute-t-elle, « on voit peut-être des problèmes sociétaux plus fortement présents chez les peuples des Premières Nations, qui peut-être vivent un racisme plus profond, des conditions de vie moins favorables pour la préparation à l’école ». La chercheuse souligne aussi l’importance du statut socioéconomique dans ces résultats.

En 2016, au sein de la DSFM, 74 élèves de maternelle étaient évalués en tant qu’Autochtones pour 365 non-Autochtones.

Au-delà des fortes disparités entre écoles francophones et écoles anglophones, les résultats de ces questionnaires permettent aussi de mesurer les écarts selon le genre et l’âge. Ainsi, dans les cinq domaines, les filles réussissent nettement mieux que les garçons. Enfin, alors que la moyenne d’âge des enfants est de 5,6 ans, les élèves plus âgés ont systématiquement de meilleurs résultats que les plus jeunes.

Des élèves de maternelle préparent une présentation au tableau à l'École Précieux-SangDes élèves de maternelle préparent une présentation au tableau à l'École Précieux-Sang Photo : Geneviève Murchison

L’Instrument de mesure du développement de la petite enfance a été élaboré en 1998 par Dan Offord et Magdalena Janus à l’Offord Centre for Child Studies. Il est utilisé, et parfois adapté, dans plusieurs pays, notamment en Amérique du Nord et en Australie.

Depuis la mise en place, en 2005, de l’IMDPE au Manitoba, ces données ont été collectées à sept reprises à l’échelle de la province et dans les 37 divisions scolaires publiques.

Ces résultats ne mesurent pas la performance scolaire de l’élève ni les compétences des enseignants. Ils ne font pas partie du dossier scolaire.

Ces données sont utilisées pour améliorer les services aux élèves. « Les centres à la petite enfance et à la famille (CPEF) regardent les données de l’IMDPE et organisent des activités en fonction d’elles », explique René Déquier.

« Il faut investir en petite enfance et avoir des services offerts aux familles dès la naissance, et même avant la naissance, pour bien préparer [les enfants] », dit Dominique Arbez. « On voudrait voir un investissement qui se fait à partir du plus jeune âge pour permettre à tous les enfants d’avoir une chance de réussite. »

Les parents qui le souhaitent peuvent demander que leur enfant soit exclu de ce questionnaire.

Les inscriptions dans les écoles maternelles de la DSFM ont lieu du 21 au 25 janvier 2019.

Manitoba

Éducation