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Un producteur algérien tente de s’immoler par le feu pour dénoncer ses conditions

Youcef Goucem
Youcef Goucem Photo: Facebook : Youcef Goucem
Radio-Canada

Une centaine de professionnels algériens du cinéma et de la télévision ont dénoncé l'anxiété résultant des obstacles de leur métier, dans une lettre consultée mercredi par l'AFP, publiée après qu'un producteur a tenté de s'immoler par le feu dans les locaux d'une chaîne.

Ce geste extrême de Youcef Goucem, un producteur de télévision, s'est déroulé le 7 janvier dernier dans le hall de Dzaïr TV, alors qu'il ne parvenait pas à obtenir sa rémunération pour la diffusion d'un feuilleton en 2017 par cette chaîne privée. C’est ce qu’a affirmé à l'AFP le producteur et réalisateur Saïd Mehdaoui, ami de la victime.

M. Goucem « est hors de danger », mais « 52 % de son corps a subi des brûlures », a précisé M. Mehdaoui, un des signataires de la lettre.

La chaîne Dzaïr TV, une propriété d’Ali Haddad, PDG de la plus importante société algérienne de travaux publics et réputé proche du cercle présidentiel, dit regretter ce « différend commercial qui, malheureusement, a tourné au drame », peut-on lire dans un communiqué relayé par la presse algérienne.

Lorsqu'il a tenté de s'immoler, M. Goucem sortait d'un entretien avec le nouveau directeur général de la chaîne, qui l'avait « rassuré quant à la prise en charge de sa requête et son traitement avec les services de l'administration, le lendemain », selon Dzaïr TV.

Conditions difficiles

Le drame nous a poussés à réfléchir à nous structurer afin de défendre nos droits, a expliqué à l'AFP Saïd Mehdaoui, rappelant que « les cinéastes n'ont ni syndicat ni association » pour les représenter.

Dans leur lettre, la centaine de producteurs, réalisateurs, comédiens ou techniciens soulignent la nécessité d'une « action structurelle et structurée » pour mettre fin « aux abus consentis, à la cooptation admise, aux manquements à la parole et aux petites et grandes injustices ».

Nous savons dans quel état d'anxiété extrême l'on peut se retrouver face aux problèmes rencontrés au cours d'une production ou entravant sa finition ou retardant indéfiniment l'acquittement des dettes engendrées par celle-ci.

Extrait de la lettre

« Le passage à l'acte [de Youcef Goucem] doit nous pousser vers des initiatives de rassemblement, de reconquête de nos espaces de parole et de créativité, d'exercice de nos droits et de préservation de nos acquis », indiquent les signataires.

En septembre, une quinzaine de cinéastes et producteurs algériens avaient dénoncé la « censure » et les « limites à la liberté d'expression » en Algérie, après l'interdiction de plusieurs films par les autorités.

Avec les informations de Agence France-Presse

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