•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Procès en Beauce : le bambin a subi une hémorragie « assez importante »

Elizabeth Pelletier
Elizabeth Pelletier Photo: Facebook d'Élizabeth Pelletier-Boissonneault
Marc-Antoine Lavoie

La présumée victime d'une éducatrice en garderie de la Beauce a subi un « événement traumatique », selon la pédiatre venue témoigner au procès d'Elizabeth Pelletier mercredi. La femme de 24 ans est accusée de voies de fait graves sur un bébé dont elle avait la garde.

Après avoir visionné l’enregistrement du long interrogatoire de neuf heures de l'accusée en début de semaine, les membres du jury assistent au témoignage de la docteure Marlène Thibault, mercredi, au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce.

Il en ressort que le bambin de 10 mois présentait une hémorragie sur « une surface assez importante » de son cerveau.

La pédiatre a examiné le jeune garçon au CHUL le 20 octobre, après qu’il eut perdu connaissance dans la garderie de l’accusée.

Les examens médicaux ont démontré que l’enfant souffrait d’une hémorragie sous-durale bilatérale, caractérisée par la présence de sang des deux côtés du cerveau, entre celui-ci et une des membranes qui le protège.

« L’hémorragie couvrait une surface assez importante […] Elle allait vers le centre du cerveau et l’arrière », a affirmé la pédiatre à la cour.

Les mauvais traitements auraient été infligés à l’enfant entre les mois de septembre et d’octobre 2016, au moment où l’accusée exploitait une garderie en milieu familial dans sa résidence de Sainte-Marie.

Traumatisme

En tant que spécialiste en abus et en maltraitance chez les enfants, les fonctions de la Dre Thibault ont changé au cours de l’enquête et elle est devenue consultante.

« Notre rôle, c’est tenter de comprendre ce qui a pu causer la blessure ou la lésion », a-t-elle précisé.

Ses expertises peuvent mettre en lumière de possibles cas d’abus physique ou de maltraitance.

Au final, c’est aux corps policiers ou à la Direction de la protection de la jeunesse d’établir les hypothèses, selon les conclusions et le niveau de suspicion des experts.

La cause la plus probable pour les hémorragies sous-durales bilatérales est un événement traumatique, mais il existe aussi des causes médicales.

La Dre Marlène Thibault, témoin expert de la poursuite

« Acte assez violent »

Or, les examens effectués sur la présumée victime ne portent pas à croire que ses saignements au cerveau ont des causes médicales.

Les symptômes de l'enfant seraient plutôt reliés à un traumatisme inertiel, selon Marlène Thibault.

« Pour vous faire une image, un bébé secoué peut représenter un traumatisme inertiel », a expliqué la témoin.

Le jeu ou toute autre activité quotidienne ne peuvent causer ce type de blessure.

« Secouer un enfant au point d'en provoquer des lésions est un acte assez violent », a ajouté la Dre Thibault en citant une étude médicale.

« Très rare et inhabituel »

Les chutes décrites par l'accusée lors de son interrogatoire sont « de faible hauteur », selon la pédiatre. Il serait « très rare et inhabituel » que ces chutes, à elles seules, expliquent les blessures puisque les hémorragies sur la présumée victime sont présentes des deux côtés du cerveau.

La pédiatre conclut donc qu'il s'agit d'un traumatisme crânien non accidentel.

La Dre Thibault ajoute qu'elle n'a pas eu connaissance que le développement de l'enfant, qui a aujourd'hui près de 3 ans, serait anormal.

« Les séquelles peuvent être visibles seulement quand l’enfant est à l’âge scolaire », précise-t-elle toutefois.

Rappelons qu'Elizabeth Pelletier a admis lors de son interrogatoire, en octobre 2016, avoir « couché fort dans son parc » le bambin.

Le témoignage de l’experte se poursuit. La Dre Thibault sera ensuite contre-interrogée par l’avocat de Mme Pelletier.

Québec

Procès et poursuites