•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un Saoudien en attente de son procès pour agression sexuelle quitte le Canada

L'entrée du palais de justice de Sydney, au Cap-Breton, avec ses grandes fenêtres.

Le palais de justice de Sydney, au Cap-Breton.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada

Un homme de 28 ans de l'Arabie saoudite, accusé d'avoir agressé sexuellement une femme du Cap-Breton, a quitté le Canada pendant qu'il était en attente de son procès. Un expert en immigration croit que son ambassade l'a aidé à fuir le système de justice canadien.

Le service des poursuites de la Nouvelle-Écosse indique que l’ambassade saoudienne a payé la caution de 37 500 $ pour la remise en liberté de Mohammed Zuraibi Alzoabi, accusé d’agression sexuelle, de voies de fait et de séquestration envers la femme. Les événements seraient survenus sur une période allant du 1er août 2015 au 26 mars 2017.

Un document de la cour montre que le bureau du shérif a tenté de retracer Alzoabi le 8 décembre dernier. Son ancien avocat, David Ianetti, a indiqué aux autorités qu’il avait quitté le pays, même si la police a saisi son passeport.

Pour l’avocat spécialisé en immigration, Lee Cohen, l’explication la plus plausible est que l’ambassade saoudienne a fourni à Mohamed Zuraibi Alzoabi des documents officiels, qui lui ont permis de voyager. L’ambassade n’a pas répondu aux demandes des médias.

Pour que quelqu’un puisse quitter le Canada sans passeport, il faut l’aide du gouvernement saoudien, ou d’un autre gouvernement, mais il n’y a aucune raison de penser qu’un autre gouvernement se placerait dans cette position, affirme Lee Cohen, qui pratique le droit de l’immigration depuis des décennies en Nouvelle-Écosse.

Je me demande pourquoi le gouvernement saoudien paierait sa caution et faciliterait son départ du Canada avant que le processus criminel soit terminé. Si c’est le cas, c’est un gouvernement étranger qui entrave le système de justice canadien.

Allégations graves

La police régionale du Cap-Breton a lancé un mandat d’arrêt contre Mohamed Zuraibi Alzoabi, lorsqu’il ne s’est pas présenté à son procès.

Le procureur Shane Russell, qui mène la poursuite contre le ressortissant saoudien, dit qu’il ne peut pas révéler beaucoup de détails sur le dossier, puisque l’affaire n’est toujours pas passée devant les tribunaux. L’identité de la victime alléguée est protégée par une interdiction de publication.

Le procureur précise toutefois que les allégations sont graves et ajoute que les pénalités peuvent aller jusqu’à 14 ans de prison.

L'avocat spécialisé en immigration, Lee Cohen, assis à son bureau.

L'avocat Lee Cohen croit que l'accusé, Mohamed Zuraibi Alzoabi, a reçu l'aide du gouvernement de l'Arabie saoudite pour quitter le Canada.

Photo : Radio-Canada / CBC

Cet incident se produit au moment où les tensions sont vives entre le Canada et l’Arabie saoudite.

Une jeune Saoudienne de 18 ans, Rahaf Mohammed, a été acceptée comme réfugiée au Canada, après avoir quitté sa famille. Elle affirme avoir été victime de violence physique et psychologique.

En août, l’Arabie saoudite a expulsé l’ambassadeur du Canada et a rappelé le sien après les commentaires de la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, qui réclamait la libération de deux militantes pour les droits des femmes dans ce pays.

Cas semblables

Aux États-Unis, des médias rapportent que des ressortissants saoudiens ont quitté le pays mystérieusement après que des accusations graves ont été déposées contre eux.

Le journal The Oregonian relatait récemment le cas d’Abdulrahman Sameer Noorah, étudiant à Portland, en Orégon, et accusé de délit de fuite relativement à la mort d’une adolescente de 15 ans. Il devait porter un bracelet électronique, mais quelqu’un l’a coupé et il a pu quitter les États-Unis deux semaines avant son procès.

The Oregonian a trouvé cinq autres cas de Saoudiens ayant quitté le pays avant leur procès ou avant qu’ils aillent en prison.

Avec les informations de la Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Crimes et délits