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Déglaçage : la Ville a tenu les élus d'Edmonton dans l'ignorance

Un trottoir sur lequel on retrouve du sel de déglaçage.
Edmonton utilise un mélange de sel, de sable et de chlorure de calcium dans le cadre de son projet pilote. Photo: Radio-Canada / Lisa Johnson/CBC
Radio-Canada

Les conseillers municipaux d'Edmonton ont adopté en octobre dernier la poursuite d'un projet pilote concernant le déglaçage des routes et des trottoirs de la capitale. Celui-ci prévoit l'utilisation de chlorure de calcium plutôt que de sel pour dégivrer la chaussée. Pourtant, dès le mois de juin, les ingénieurs de la Ville savaient que la substance à l'essai détériorait davantage l'asphalte et le béton. Une information qui n'a jamais été divulguée aux élus.

« L'application de chlorure de calcium sur le pavé peut avoir un effet négatif sur sa performance à long terme », lit-on dans une note adressée le 11 juin à la directrice des opérations sur les infrastructures de la capitale, Janet Tecklenborg.

Quatre mois plus tard, le conseil municipal décidait de continuer d'épandre le produit sur les voies publiques, par un vote de 7 contre 6.

Or, aucun élu n'avait été informé des conclusions des ingénieurs de la Ville concernant les effets dommageables du chlorure de calcium sur la chaussée et les véhicules.

« C'est vraiment inquiétant de savoir que [l'administration] avait accès à cette information et qu'[elle] ne nous en a pas fait part », a affirmé mardi le conseiller Tim Cartmell.

Le conseiller municipal Mike Nickel, qui a travaillé plusieurs années dans le secteur de la construction, n’est pas surpris des conclusions du rapport. Il connaissait bien les effets corrosifs du chlorure de calcium sur le béton et le métal grâce à son autre profession.

« Les bras m’en sont tombés quand j’ai perdu le vote à 6 contre 7, parce que mon expérience pratique me disait une chose, mais, bien sûr, l’administration nous disait autre chose », dit-il.

Il estime par ailleurs que la Ville ne voit pas à long terme lorsqu’elle dit économiser des millions de dollars grâce au chlorure de calcium.

« Il faut prendre en compte l’érosion de nos véhicules, de l’asphalte et de nos infrastructures et ainsi de suite et se demander, est-ce que ça vaut le coup ? », croit-il.

Dès l'été dernier, des voix s'élevaient contre l'utilisation de chlorure de calcium en raison de la corrosion qu'elle engendre sur les automobiles.

L'ingénieur chimique Arthur Potts avait alors fait part de ses inquiétudes au conseil municipal.

« La Ville doit faire preuve de prudence, avait-il avancé. L'extension du projet pilote ne devrait pas être adoptée sans considérer sérieusement le coût qu'il engendre pour les Edmontoniens qui possèdent une voiture. »

Selon le maire d'Edmonton, Don Iveson, il n'est pas inhabituel que les élus se prononcent sur des questions, sans nécessairement étudier tous les rapports produits par la Ville.

Il a cependant concédé que le chlorure de calcium a un effet dommageable sur les infrastructures.

« Nous devrons demeurer vigilants pendant le projet pilote », a indiqué le maire.

La Ville maintient que l'utilisation du chlorure de calcium diminue le nombre de collisions sur les routes.

L'administration municipale admet toutefois ne pas avoir de données spécifiques à ce sujet. Elle tire donc ses conclusions d'études réalisées dans d'autres villes.

Le projet pilote, mis en place en 2016, a permis à Edmonton d'économiser 4,3 millions de dollars sur sa facture de déglaçage.

Comment protéger son véhicule

Plusieurs abrasifs et agents de déglaçage peuvent endommager les véhicules, selon Randy Loyk, un chef mécanicien à Alberta Motor Association. Le chlorure de calcium, par exemple, risque surtout de causer des problèmes de rouille.
Il existe toutefois des moyens de réduire les dégâts.

« Laver sa voiture régulièrement, surtout son dessous, aide beaucoup », explique-t-il. « On peut aussi appliquer un inhibiteur de rouille pour empêcher [que ça] commence. »

Il conseille de lubrifier plus souvent tous les morceaux amovibles, comme les poignées et les serrures, et de s’assurer que la face inférieure du véhicule est toujours bien nettoyée.

Alberta

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