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Inquiétude des poids lourds de l'économie européenne au lendemain du rejet de l'accord sur le Brexit

Andrée-Anne St-Arnaud rend compte de l'incertitude en Europe.
Radio-Canada

Les milieux d'affaires européens s'inquiètent à la suite du rejet de l'accord sur le divorce entre Londres et Bruxelles par le Parlement britannique à quelque 75 jours d'une sortie abrupte du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE).

Négocié pendant plus d'un an, le texte de 585 pages a été rejeté par 432 voix contre 202 au Parlement britannique.

Le Royaume-Uni et l’UE se retrouvent désormais dans l’impasse. Nouvelles négociations avec l’UE, nouveau référendum britannique sur le Brexit, sortie de l’UE sans accord… toutes les options sont évoquées au moment où la première ministre britannique se prépare à faire face à un vote de confiance au Parlement.

À 74 jours de l’échéance, l’industrie allemande s’inquiète de la tournure chaotique des événements.

« Un Brexit chaotique approche dangereusement », prévient le président de la Fédération allemande de l'industrie (BDI), Joachim Lang. Ce dernier estime à plus de 265 milliards de dollars (175 milliards d'euros) le volume des échanges concernés.

« Éviter un Brexit dur doit être la priorité, et la responsabilité pour cela est uniquement celle du gouvernement et de l'opposition à Londres », a ajouté M. Lang.

Des opposants au Brexit, brandissant des drapeaux de la Grande-Bretagne et de l'Union européenne.Pendant que leurs députés se prononçaient sur l'entente, des opposants au Brexit ont fait entendre leurs voix devant le parlement britannique. Photo : Reuters / Henry Nicholls

Une sortie de l’UE sans période de transition entraînerait un changement brusque des règles commerciales. Au marché commun succéderaient les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec la réinstauration de ses contrôles douaniers et réglementaires, des mesures qui feraient grimper le prix des marchandises des deux côtés de la Manche.

« Il n'est pas possible, à mon avis, de réellement se préparer au chaos », a également averti le directeur de la Fédération des chambres de commerce allemandes (DIHK), Martin Wansleben, au cours d’une entrevue à la radio.

« Si le Royaume-Uni n'a plus les mêmes règles qu'en Europe, s'ils doivent payer des taxes, cela devient de plus en plus irréaliste et économiquement irrationnel de produire dans un tel pays pour toute l'Europe », a-t-il ajouté.

Les pharmaceutiques et l'automobile touchées

Les industries chimiques et pharmaceutiques, pour lesquelles le Royaume-Uni représente le huitième marché mondial, craignent un « effondrement des chaînes d’approvisionnement ».

« Des mesures de transition sont inévitables pour réduire les effets les plus néfastes, et cela est particulièrement valable pour l'approvisionnement en médicaments au Royaume-Uni », s’alarme le président de la fédération VCI, Utz Tillmann.

« J'espère que la politique britannique va trouver un moyen d'éviter le pire scénario », a-t-il ajouté.

L’industrie automobile allemande s’inquiète également d’une éventuelle sortie du Royaume-Uni sans accord. Un tel scénario entraînerait de « lourdes conséquences pour les entreprises et les citoyens britanniques et en Europe », avance le président de l’Association des constructeurs allemands (VDA), Bernhard Mattes.

Plusieurs usines de constructeurs automobiles allemands, notamment BMW, se trouvent au Royaume-Uni. Sans solution « ordonnée et praticable », « des emplois dans l'industrie automobile, particulièrement du côté britannique, sont menacés », a poursuivi M. Mattes dans un communiqué.

Vins et spiritueux

En France, c’est l’industrie des vins et spiritueux qui est particulièrement inquiète. Deuxième client de la France, le Royaume-Uni a importé 281 millions de bouteilles de vin et d’alcool en 2017 pour la somme de 1,5 milliard de dollars (1,32 milliard d’euros).

Seuls les États-Unis en ont importé davantage.

Des bouteilles de vin rangées dans une étagère. Des bouteilles de vin. Photo : Radio-Canada

« Mais la France est également un importateur important de spiritueux britanniques », souligne la Fédération.

« Ce vote porte préjudice à une relation commerciale historique et fructueuse entre nos deux pays, ajoute la Fédération. Il place également toutes nos entreprises dans une situation d'incertitude totale sur les règles qui devront régir le commerce bilatéral à compter du 30 mars 2019 », au lendemain de la date butoir pour le Brexit fixée au 29 mars.

« Nous ne pouvons qu'appeler une nouvelle fois les responsables politiques britanniques et européens à mettre en oeuvre tout ce qui est possible pour trouver une solution politique alternative d'ici le 29 mars prochain », ajoute la fédération qui demande aux autorités concernées – britanniques, françaises et européennes – « d'informer au plus vite les entreprises des nouvelles règles et modalités » qui devront s'appliquer après la sortie des Britanniques de l'UE.

Avec les informations de Agence France-Presse

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