•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Pentagone confirme la mort de quatre Américains en Syrie

Deux blindés américains sont visibles dans les rues de Manbij.

Cette capture d'écran d'une vidéo obtenue par l'AFP montre des soldats américains déployés à l'endroit où l'explosion a eu lieu à Manbij.

Photo : Getty Images / -

Radio-Canada

Quatre membres du personnel militaire américain ont été tués par une explosion survenue au passage d'une patrouille à Manbij, dans le nord de la Syrie, confirme le commandement central de l'armée américaine (CENTCOM).

Les victimes sont deux soldats, un civil du département de la Défense et un sous-traitant du même département, précise-t-il dans un communiqué publié mercredi après-midi. Trois autres soldats ont aussi été blessés.

« Les premiers rapports indiquent qu'ils ont été victimes d'une explosion. Une enquête est en cours », ajoute CENTCOM, la branche de l'armée responsable des opérations américaines au Moyen-Orient.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, qui suit la situation grâce à des observateurs en Syrie, l’attaque aurait fait 16 morts au total, dont 9 civils.

L’attaque a été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI), dont la présence en Syrie explique celle de l’armée américaine.

L’organe de propagande de l’EI affirme qu’un kamikaze a fait exploser ses charges au passage de la patrouille.

« Une explosion s'est produite à proximité d'un restaurant, visant des Américains, et il y avait avec eux des miliciens du Conseil militaire de Manbij », a déclaré un témoin.

Il s'agirait de l'attentat le plus meurtrier à viser des soldats américains depuis leur déploiement au sol en Syrie en 2015.

Selon une porte-parole du Pentagone, seuls deux membres du personnel de l'armée avaient jusqu'ici perdu la vie en Syrie, et ils n'étaient pas des combattants.

Le Conseil militaire de Manbij contrôle la ville depuis que les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les miliciens kurdes), appuyées par les États-Unis, s'en sont emparées en 2016 aux dépens de l’EI.

Vue d'une base militaire américaine à Manbij, dans le nord de la Syrie.

Vue d'une base militaire américaine à Manbij, dans le nord de la Syrie.

Photo : Reuters / Rodi Said

Le controversé retrait des troupes américaines en Syrie

L’attaque survient quelques jours à peine après que Washington eut confirmé que du matériel militaire était retiré de la Syrie en prévision du départ des troupes américaines annoncé par Donald Trump.

Le président américain a justifié sa décision en faisant valoir que l'EI avait été vaincu, une affirmation vivement contestée par des membres de son administration, des élus du Congrès, des experts et des pays alliés des Américains.

En désaccord avec cette décision, le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, et l'émissaire américain pour la coalition internationale, Brett McGurk, ont démissionné.

S'exprimant mercredi lors d'une réunion à Washington des 184 chefs de missions diplomatiques américaines dans le monde, le vice-président américain, Mike Pence, a maintenu que l'EI avait été vaincu en Syrie.

« Le califat s'est effondré et Daech a été vaincu », a-t-il déclaré, en utilisant l'acronyme en langue arabe pour l'EI.

M. Pence n'a pas évoqué lors de cette réunion l'attentat commis en Syrie, même si sa porte-parole avait précisé plus tôt dans la journée qu'il avait été informé de la situation.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit ne pas croire que cette attaque convaincra le président Trump de retirer les troupes américaines de la Syrie.

Manbij est la ville syrienne la plus à l'ouest parmi toutes celles que contrôlent les alliés des États-Unis en Syrie. Elle est d'une grande importance stratégique.

Elle a été libérée du joug de l'EI par les FDS en 2016, avec l'aide de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

La Turquie a souvent menacé de l'attaquer, en raison de la présence de miliciens kurdes des YPG, qu'elle considère comme une organisation terroriste.

Les YPG ont annoncé leur retrait de la ville cet été, et des patrouilles conjointes américano-turques y ont maintenant lieu depuis novembre.

Cette initiative vise à faire baisser la tension entre les deux alliés de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

Conflits armés

International