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La vérificatrice générale préoccupée par la dette du Nouveau-Brunswick

La vérificatrice générale Kim MacPherson, du Nouveau-Brunswick.
La vérificatrice générale Kim MacPherson présente son rapport aux membres de deux comités législatifs à Fredericton. Photo: CBC/Jacques Poitras
Radio-Canada

Même si le Nouveau-Brunswick a enregistré son premier surplus budgétaire depuis 10 ans, l'an dernier, l'état des finances de la province demeure préoccupant selon la vérificatrice générale, Kim MacPherson, qui a déposé un rapport mercredi matin.

Le Nouveau-Brunswick a connu un surplus de 67 millions de dollars pour l’année financière qui s’est terminée en mars dernier, alors que c’est un déficit de 192 millions qui était prévu. L’année précédente, les dépenses avaient dépassé les revenus de 117 millions de dollars.

Une dette de 18 300 $ par Néo-Brunswickois

Les finances demeurent toutefois dans un état précaire, juge Mme MacPherson. La dette nette du Nouveau-Brunswick atteint maintenant un nouveau sommet historique, soit 14 milliards de dollars. Il s'agit de 18 300 $ par habitant, soit une somme plus élevée que dans des provinces comparables : la Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan.

Mais la dette consolidée, qui tient compte des emprunts que la province a contractés et qui arriveront à échéance à plus long terme, se chiffre maintenant à 17 milliards de dollars. La province a dépensé 667 millions de dollars au cours de l'exercice financier 2017-2018 pour le service de cette dette, ce qui est plus que le budget total du ministère des Transports et de l'Infrastructure.

Si la dette a augmenté l'an dernier alors que le Nouveau-Brunswick connaissait un surplus budgétaire, c'est parce que les dépenses en immobilisations - la construction de routes, d'écoles et d'hôpitaux, par exemple - se sont accrues de 168 millions de dollars et se sont ajoutées directement à la dette. La vérificatrice générale tient aussi compte de la dépréciation des immobilisations dans son calcul.

L'ancien président du Conseil du Trésor, le libéral Roger Melanson, a défendu le bilan de son gouvernement en faisant remarquer, dans un communiqué, que la dette nette avait connu son taux de croissance le plus lent depuis 2007 l'an dernier.

Pas de plan

L'augmentation de la dette est d'autant plus préoccupante, juge Mme MacPherson, que le gouvernement provincial n'a pas de plan pour s'y attaquer.

Elle encourage le gouvernement Higgs à établir des cibles pour atteindre l'équilibre budgétaire et réduire la dette nette, à défaut de quoi la province risque de ne pas être en mesure, écrit-elle, d'offrir au même niveau des services considérés comme essentiels, en santé, en éducation et en matière d'infrastructures.

Il est d'autant plus important d'atteindre un équilibre, selon elle, que le vieillissement prononcé de la population néo-brunswickoise et d'autres tendances lourdes comme le déclin de sa population, le taux de chômage élevé et la faible croissance économique risquent de compliquer la tâche si rien n'est fait.

Dans son discours du Trône, présenté le 20 novembre dernier, le gouvernement Higgs s'est engagé à atteindre l'équilibre budgétaire en mars 2020. Pour l'année financière en cours, qui se termine à la fin mars, le déficit prévu est de 131 millions de dollars.

Des promesses politiques coûteuses

Mme MacPherson souligne aussi que la situation ne semble pas toujours préoccuper les politiques. Elle note avec inquiétude que les libéraux de Brian Gallant avaient promis, pendant la campagne électorale de l’automne dernier, de geler les tarifs d’électricité dans la province.

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick Brian Gallant.Les libéraux avaient promis de geler les tarifs d'électricité pendant quatre ans, lors de la dernière campagne électorale. Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Si le gouvernement s’ingère dans les activités d’Énergie NB, la société peut ne pas être considérée comme indépendante et devra être comptabilisée différemment dans les états financiers de la province, explique-t-elle dans un communiqué. Il sera peut-être nécessaire d’inclure la dette de 4,4 milliards de dollars d’Énergie NB dans les états financiers consolidés de la province si l’ingérence se poursuit, ce qui pourrait avoir une incidence appréciable sur la situation financière de la province.

Les sommes dues au gouvernement augmentent

Elle s’inquiète par ailleurs des sommes dues que le gouvernement provincial n’arrive pas à récupérer. Les créances impayées se chiffrent actuellement à 2,8 milliards de dollars et le montant ne cesse de croître.

Elle note que le gouvernement provincial tente depuis 2011 de centraliser le recouvrement des sommes qu’on lui doit. La fonction a été confiée à Service Nouveau-Brunswick, mais l’organisme est d’avis qu’il n’a pas reçu une orientation claire, déplore-t-elle.

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