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Des empreintes dans le sang de Richard Oland négligées par la police

Le sergent légiste Mark Smith se présente au palais de justice de Saint-Jean pour la suite de son témoignage au procès de Dennis Oland pour meurtre. La photo a été prise le 16 janvier 2019.

Le sergent légiste Mark Smith se présente au palais de justice de Saint-Jean pour la suite de son témoignage au procès de Dennis Oland pour meurtre.

Photo : Radio-Canada

Catherine Allard

La cour s'est penchée mercredi sur de possibles empreintes de chaussures que le meurtrier de Richard Oland aurait pu laisser en quittant la scène ensanglantée. Le policier responsable des preuves médico-légales a avoué avoir remarqué les traces de pas « par hasard », seulement trois ans après le meurtre.

Le responsable de la section d’investigation médico-légale de la police de Saint-Jean, Mark Smith, a témoigné au 19e jour du procès de Dennis Oland pour meurtre. Après avoir répondu aux questions de la Couronne pendant cinq jours, le sergent Smith s’est soumis au contre-interrogatoire serré de la défense, mercredi après-midi.

Le sergent Smith a avoué que ce n’est que trois ans après le meurtre qu’il a remarqué ce qui semble être des traces de pas près de la mare de sang dans laquelle Richard Oland a été retrouvé mort, en juillet 2011.

L’autopsie a démontré que l’homme d’affaires et riche héritier de la brasserie Moosehead a été tué d’une quarantaine de coups à la tête lors d’une attaque violente.

Des empreintes remarquées trois ans plus tard

Le sergent a expliqué qu’il a d’abord cru que les empreintes avaient été faites par les policiers lorsqu’ils ont déplacé le corps de la victime. En 2014, il a cependant réalisé en regardant des photos qu’au moins une empreinte était là avant qu’on déplace le corps, ce qui signifie qu’elle a été faite par le meurtrier ou par un des nombreux policiers qui s’est rendu sur la scène du crime sans vêtements protecteurs dans les premières heures de l’enquête.

L’avocat de Dennis Oland, Michael Lacy, a par la suite avancé que le sergent n’avait pas remarqué ces empreintes par lui-même, et qu’il avait été guidé dans cette direction par la Couronne. Pour appuyer son propos, il a utilisé des courriels échangés entre le policier et un avocat de la Couronne en 2014.

Dennis Oland (à droite) quitte le palais de justice de Saint-Jean avec ses avocats, lundi midi. La photo a été prise le 7 janvier 2019.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dennis Oland (à droite) quitte le palais de justice de Saint-Jean avec ses avocats, lundi midi.

Photo : Radio-Canada

La police de Saint-Jean a saisi plusieurs paires de chaussures dans la résidence de l’accusé et les a fait analyser afin de voir si elles correspondaient aux empreintes trouvées sur la scène du crime. Les questions des avocats n'ont pas permis de savoir, pour l’instant, si ces empreintes correspondent à celle laissée sur la scène du crime.

Des raccourcis dangereux, dit l’avocat d’Oland

L’avocat de la défense, Michael Lacy, a affirmé en cour qu’il peut-être dangereux pour la police de prendre des raccourcis dans le cadre d’une enquête. Il a également affirmé que la scène du crime était devenue une attraction touristique à Saint-Jean, ce à quoi le sergent Smith a simplement répondu qu'il y avait beaucoup de monde.

Le sergent Mark Smith a également avoué qu’il aurait pu en faire davantage afin de mieux protéger la scène du crime.

La défense base largement sa cause sur les erreurs commises par la police de Saint-Jean lors de l'enquête. La semaine dernière, le juge a même dû rappeler les avocats à l’ordre en affirmant qu’il ne s’agissait pas du procès de la police.

Pas de trace de sang dans la voiture de Dennis Oland

Même si elle ne semblait pas avoir été nettoyée récemment, aucune trace suspecte de sang n'a été trouvée dans la voiture conduite par Dennis Oland le soir du meurtre, a affirmé Mark Smith, lors de son témoignage mardi.

La police de Saint-Jean a saisi la voiture de Dennis Oland le 14 juillet 2011, soit huit jours après le meurtre. Le sergent Smith a avoué que la police croyait y trouver des traces de sang, mais que les analyses effectuées n’ont pas donné de résultats positifs.

La police a saisi la voiture de Dennis Oland en pensant y trouver des traces de sang, mais rien de significatif n'a été trouvé. Le sergent Mark Smith a souligné lors de son témoignage que le véhicule ne semblait pas avoir été nettoyé récemment.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La police a saisi la voiture de Dennis Oland, en pensant y trouver des traces de sang, mais rien de significatif n'a été trouvé. Le sergent Mark Smith a souligné lors de son témoignage que le véhicule ne semblait pas avoir été nettoyé récemment.

Photo : Pièce à conviction

Les preuves de sang les plus incriminantes pourraient toutefois être les nombreuses petites taches trouvées sur le veston brun que portait Dennis Oland le 6 juillet 2011, lorsqu'il a rendu visite à son père. Lors du premier procès de Dennis Oland, en 2015, les experts avaient démontré que ces taches de sang correspondaient à l’ADN de Richard Oland.

Richard Oland, a été trouvé sans vie le matin du 7 juillet 2011 dans son bureau du centre-ville de Saint-Jean.

L'homme d'affaires de 69 ans, ancien dirigeant de la brasserie Moosehead, avait été battu à mort.

Son fils, Dennis Oland, a été inculpé de meurtre au deuxième degré en 2013.

Il a été condamné en 2015, mais le verdict du jury a été annulé en appel en 2016, et un nouveau procès a été ordonné.

Nouveau-Brunswick

Procès et poursuites