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L'absence du maire Denis Lavoie exaspère des citoyens de Chambly

Le maire suppléant de Chambly répond à une question d'un citoyen.
« Monsieur Lavoie est en congé de maladie. Je ne vous donnerai pas d’autres réponses », a indiqué Jean Roy, maire suppléant de Chambly. Photo: Radio-Canada

Alors que son retour au travail était prévu le 12 janvier, le maire de Chambly, Denis Lavoie, était absent lors de la séance du conseil municipal d'hier, ce qui inquiète des citoyens. En congé de maladie prolongé, il n'a participé à aucune séance du conseil depuis novembre dernier.

Un texte d'Alexis Gacon

« Est-ce que vous avez des nouvelles? [...] Qu’est-ce qui arrive avec M. Lavoie? » Face aux interrogations du conseiller de l’opposition, le maire suppléant Jean Roy a martelé : « Monsieur Lavoie est en congé de maladie. Je ne vous donnerai pas d’autres réponses. »

Questionné sur le moment du retour de Denis Lavoie, Jean Roy répond que le maire ne lui est pas revenu à ce sujet. À ce moment, des soupirs d’étonnement se font entendre dans les premières rangées de la salle. Il ajoute : « Il est peut-être à Paris, il peut être [...]… Écoutez, je ne répondrai pas à cela. »

Vie privée et transparence

Denis Lavoie est en congé de maladie depuis la fin de novembre dernier. Il avait des ennuis de santé liés au cancer de la gorge qu’il a combattu en 2009.

Julie Daigneault, présidente du Mouvement citoyen de Chambly, un regroupement de résidents, dénonce un manque de transparence.

« On n’a pas à savoir tout de sa vie privée, mais on a droit à des explications un peu plus claires que cela. [...] S'il ne peut pas [poursuivre son mandat], il n'y a pas de honte à se retirer et à mettre fin à son mandat si c'est le cas. »

Alexandra Labbé, conseillère du district du Canton sous la bannière Démocratie Chambly, l’opposition municipale, regrette vivement l’absence du maire. Selon elle, les informations d’Enquête sur les méthodes de celui qui est maire de Chambly depuis 2005, ont suscité des questions chez les citoyens, qui restent aujourd’hui sans réponse.

« Que les gens s’inquiètent, je le comprends, surtout avec toutes les révélations dont il a fait l’objet ces derniers temps. C’est sûr que de ne pas être là, de ne pas s’asseoir dans la chaise et de ne pas répondre aux questions, c’est inquiétant. [...] Il a aussi le droit de ne pas répondre. »

Une femme qui porte des lunettes et un manteau noir répond aux questions d'un journaliste.Julie Daigneault, présidente du Mouvement citoyen de Chambly, un regroupement de résidents, a dénoncé un manque de transparence. Photo : Radio-Canada

Pour Jean Roy, les interrogations sur l'absence du maire relèvent d'attaques politiciennes.

« Beaucoup de ces questions viennent d'adversaires politiques, c'est mal placé d'aller chercher des éléments comme ceux-là, qui font partie de la vie privée. »

Le précédent de la maison Boileau

La perte de la maison du patriote René Boileau est une cicatrice qui reste vive. « Les gens de Chambly sont blessés par cette destruction », soutient Louise Chevrier, des amis de la maison Boileau. Elle souhaite un débat sur la manière dont celle-ci sera rebâtie : « On pourrait reconstruire [...] avec des artisans qui connaissent les métiers anciens. » Elle souhaite que les citoyens ne soient pas mis de côté, à l’avenir, dans de telles décisions.

Face à ce précédent, des citoyens ont exprimé leurs doutes sur le vote possible par la Ville, le 5 février prochain, d'une politique de participation publique. Selon eux, celle-ci, issue du projet de loi 122 du gouvernement du Québec et qui remplace en partie les référendums municipaux, pourrait réduire leur capacité à s'opposer à des changements de zonage. « Est-ce qu’on va perdre tout moyen de participer à la consultation? » s’interroge Louise Chevrier.

En février dernier, les projets de règlements de zonage et de lotissement proposés par la Ville n’avaient pas passé le test de l’approbation citoyenne. Selon Alexandra Labbé, l’adoption de la politique de participation publique changerait ce résultat.

« On pourrait repasser le règlement [...] et la population ne pourrait rien faire pour le bloquer », ajoute Mme Chevrier.

Selon le maire suppléant Jean Roy, les inquiétudes de la population sont avant tout liées à des informations qui sont « mal comprises, peut-être mal expliquées ».

Grand Montréal

Politique municipale