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La crise entre Ottawa et Pékin inquiète les opérateurs touristiques

Le reportage de Maxime Bertrand
Radio-Canada

Les effets de la crise sino-canadienne, qui a commencé avec l'arrestation au Canada d'une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei à la fin de 2018, commencent à inquiéter les gens d'affaires, notamment les opérateurs dans le secteur du tourisme.

On ne cède pas à la panique dans certaines agences de voyages et Air Canada ne fait état d'aucun ralentissement de ses vols reliant Montréal à la Chine pour le moment.

Il va y avoir un petit impact, mais pas au point d'être catastrophique.

Dominic Perreault, conseiller-gérant, Allez hop! Voyages

Il est un peu tôt pour conclure à un impact direct, mais cette situation risque de freiner la progression du tourisme chinois à la hausse depuis trois ans, selon Tourisme Montréal. Le nombre de visiteurs est passé de 50 000 à 150 000 en 2018. Mais 2019 sera l'année des incertitudes.

On pensait atteindre à peu près 210 000 touristes, donc si on en perd un 5 % à 7 %, ça fait de 10 000 à 15 000 touristes chinois qui ne viendraient pas.

Pierre Bellerose, vice-président, Tourisme Montréal

C’est une déception pour cet organisme, qui consacre beaucoup d’efforts pour recevoir correctement les touristes provenant de Chine, notamment dans le domaine de l’hôtellerie.

Tant que cette crise-là perdure, c'est certain qu'il va y avoir un impact.

Pierre Bellerose, vice-président, Tourisme Montréal

Les entrepreneurs d'origine chinoise sont, eux aussi, sur le qui-vive.

Canada-Chine PME, une association qui aide les gens d'affaires chinois à s'installer au Québec et les entrepreneurs québécois en Chine, craint que les tensions entre Ottawa et Pékin refroidissent les ardeurs de certains.

Les gens sont nerveux, ils se demandent si on devrait continuer, faire la mission avec tout ce qui est arrivé […] Certains membres ont mis les freins, ils vont attendre pour voir comment ça va se passer.

Kelvin Mo, président, Canada-Chine PME

Les dirigeants de l'association, qui prévoit une mission en Chine l'automne prochain, conseillent aux membres de maintenir le cap.

« Les affaires restent les affaires, il ne faut pas rendre les affaires très politiques », insiste Kelvin Mo.

Pour Claude Chapdelaine, spécialiste en entrepreneuriat, les relations d’affaires particulièrement avec la Chine sont des « relations de confiance » à long terme.

Selon Jean-Luc Hébert, vice-président aux ventes internationales et marketing pour Saimen, une entreprise qui offre un soutien logistique aux sociétés du secteur du divertissement, cette crise doit inciter les Canadiens à respecter leurs obligations. C'est de cette façon, pense-t-il, que l’on pourra éviter d'avoir des démêlés avec les autorités chinoises.

D’après le reportage de Maxime Bertrand

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