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Intense lobbying pour la Davie en cette année électorale fédérale

Le chantier Davie en hiver.
La stratégie nationale avait été élaborée à une époque où le chantier québécois Davie sortait tout juste de la faillite. Photo: Radio-Canada

L'Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada, une association de gens d'affaires qui affirme représenter près de 900 entreprises à l'intérieur et à l'extérieur du Québec, lance une campagne médiatique pour convaincre le gouvernement libéral de réviser la Stratégie nationale de construction navale (SNCN), afin d'y inclure le chantier Davie de Lévis.

D'après un texte de Murray Brewster, de CBC News

La SNCN vise le renouvellement de la flotte de navires du Canada. Elle avait été élaborée sous l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper, mais adoptée par les libéraux.

Dans le cadre de cette stratégie, seuls les chantiers navals Irving Shipbuilding, à Halifax, et Seaspan, à Vancouver, avaient été choisis pour la construction des navires de la Marine royale et de la Garde côtière canadiennes.

À l'époque, le chantier québécois Davie sortait tout juste de la faillite. Il n'était donc admissible qu'aux travaux de réparation et de rénovation des navires déjà existants, et peut-être à la construction de petits navires.

Mais l’Association, qui représente les entreprises qui font affaire avec la Davie, demande maintenant au gouvernement fédéral de revoir sa décision pour y intégrer le chantier naval. Elle prévoit en faire un enjeu majeur lors des prochaines élections fédérales.

Le groupe lancera une campagne en ligne qui débutera mercredi, et qui sera suivie d'une campagne de lobbying auprès des chambres de commerce et des politiciens fédéraux et provinciaux. Il soutient qu’il a déjà l’appui de plusieurs députés fédéraux québécois de toutes allégeances.

Au cours de cette année électorale, il espère utiliser ses nombreux membres et les milliers d'emplois qui y sont associés pour exercer des pressions sur le gouvernement libéral afin qu'il confie tous les nouveaux travaux de construction navale canadiens exclusivement au chantier Davie. La proposition n'enlèverait donc pas de travail à Halifax ou à Vancouver.

Tout récemment, la Davie a obtenu un contrat pour convertir trois brise-glaces civils à l'usage de la Garde côtière, mais l’Association soutient que les besoins canadiens sont plus importants.

« Nous savons que c'est une année électorale et, oui, nous voulons que le gouvernement fédéral et la population en parlent », indique le vice-président de l’Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada, Simon Maltais.

M. Maltais considère qu'il est insensé de continuer à exclure la Davie des travaux de construction de navires, alors qu'une grande partie de la flotte côtière est vieille de plus de 30 ans et doit urgemment être remplacée.

Il affirme que la révision de la SNCN permettrait au gouvernement fédéral d'acquérir les navires dont il a besoin et aux entreprises québécoises « d'obtenir leur juste part » du programme.

Un gouffre financier

Selon Simon Maltais, la SNCN s'est transformée en un énorme gouffre financier pour le fédéral.

« On peut appeler ça un gâchis. Ça fait sept ans que ça dure. À l'heure actuelle, il n'y a absolument aucun navire opérationnel à flot qui travaille pour le Canada », dit-il.

Irving et Seaspan ont investi des centaines de millions de dollars dans la modernisation de leurs chantiers et viennent seulement de commencer à produire de nouveaux navires.

Le premier navire de patrouille extracôtier de la Marine dans l'Arctique est en voie d'être équipé à Halifax, et d'autres en sont à diverses étapes de construction.

Trois navires hauturiers de science halieutique, construits à Vancouver pour la Garde côtière, sont en réparation après que des soudures défectueuses eurent été découvertes, l'an dernier.

L'ensemble du programme a été frappé par des retards et des estimations de coûts à la hausse.

L'an dernier, entre autres, Services publics et Approvisionnements Canada a refusé de publier un calendrier révisé des navires qui doivent être construits et livrés par Seaspan, dont un brise-glace lourd et deux navires de soutien interarmées.

Des discussions, mais pas d’actions

Le gouvernement fédéral a déjà débattu d'une refonte de sa stratégie navale, selon des documents obtenus et publiés par CBC News l'été dernier. Mais l'ampleur et la portée de cette « mise à jour » n’y étaient pas précisées.

Jusqu'à présent, les représentants du gouvernement ont plutôt insisté sur le fait qu'ils étaient toujours attachés à la stratégie actuelle d’avoir recours à seulement deux chantiers navals.

Pour l'analyste Dave Perry, spécialiste de l'approvisionnement et du programme de construction navale, cette campagne de lobbying risque de mettre le gouvernement fédéral mal à l'aise, mais il doute qu'elle permette d’intégrer le chantier Davie à la stratégie navale canadienne. « On a parlé de faire moins que ça », dit-il.

Au cours de la dernière campagne électorale, les libéraux se sont engagés à investir massivement dans la Marine et à améliorer son système d'approvisionnement.

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