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37 logements illégaux dans 3 rues de Gatineau

Une intersection avec des maisons jumelées.

Plus d'une trentaine de logements illégaux ont été dénombrés à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Jérémie Bergeron

Quand Alyssa Boun a emménagé dans le nouveau projet domiciliaire Domaine du Lac à Gatineau, elle était loin de se douter que son rêve allait vite se transformer en cauchemar en raison de la présence de logements illégaux.

Le Domaine du Lac, dans le secteur de Templeton, est un projet immobilier composé de maisons jumelées le long des rues Marcelle-Ferron, Idola-Saint-Jean et Alice-Parizeau. Le zonage n'y permet aucun logement additionnel.

Or, selon ce que Radio-Canada a appris, la Ville de Gatineau a dénombré 37 logements illégaux dans le quartier. Selon la Municipalité, des maisons ont été transformées illégalement pour y avoir un deuxième logement. Résultat : des locataires sont maintenant menacés d'expulsion.

Moi, quand j'ai acheté et je me suis fait construire, je pensais vivre dans un quartier paisible, tranquille, que mes enfants vont pouvoir jouer [...] Mais ce n'est vraiment pas le cas, soutient Mme Boun.

Le calme du quartier a rapidement laissé place à un trafic dérangeant, selon cette résidente. Vu qu'il y a plus de gens, ça occasionne qu’on a un problème de [trafic]. Ça fait aussi qu'on a un problème de pression d'eau, raconte-t-elle.

Mme Boun s’est alliée avec d’autres voisins et le conseiller municipal du secteur, Pierre Lanthier, pour dénoncer la présence de ces logements illégaux.

Selon ce dernier, bon nombre d'automobilistes sont forcés de se stationner dans la rue, puisque les espaces de stationnement ne prévoyaient pas l’ajout de logements.

Même des ambulanciers, pompiers avec des camions d’une certaine grosseur ont de la misère à se rendre dans le fond du projet, raconte l'élu, lui-même ancien policier.

Changement de zonage refusé?

Un propriétaire en défaut a soumis une demande de modification de zonage à la Ville pour que les deuxièmes logements du domaine soient autorisés.

Le conseiller Lanthier entend se prononcer contre cette requête. Avec toutes les raisons qu'on connaît, plusieurs de mes collègues seront contre le changement de zonage, affirme-t-il.

Le conseil municipal devrait débattre de la question en février. Si la demande est rejetée, la Ville forcera le démantèlement des logements additionnels, construits dans le sous-sol de certaines des maisons jumelées.

Une locataire, Tanya Houle, craint donc de perdre son logement et devoir plier bagage avec son nouveau-né.

C’est sûr qu’avec un bébé d’un mois, déménager, c’est un peu plus compliqué. Surtout que là il y a l’hiver.

Tanya Houle, locataire

Le conseiller Lanthier se veut toutefois rassurant. On va les accompagner là-dedans, ça ne se fera pas demain matin, précise-t-il.

Pierre Lanthier en entrevue à Radio-Canada

Pierre Lanthier votera contre un changement de zonage dans le secteur du Domaine du Lac.

Photo : Radio-Canada

À qui la responsabilité?

Rue Alice-Parizeau, Joey Mazerolle vit dans un sous-sol et loue l’étage du haut à des locataires. L’homme dans la vingtaine a acheté sa maison directement auprès de Construction Unik — avec un logis additionnel, assure-t-il.

On l’a approché au départ pour un duplex et lui [le vendeur de Construction Unik] il nous a tout de suite dit qu’ici ça ne serait pas accepté, raconte le propriétaire. Il nous a tout de suite proposé l’escalier [qui relie les deux logements] pour que ça devienne bigénérationnel.

Mais la Ville de Gatineau est claire : aucune distinction n’est faite dans le secteur entre un logis parental, aussi appelé multigénérationnel, et un logement additionnel.

D'autres propriétaires du Domaine du Lac ont affirmé à Radio-Canada avoir versé 30 000 $ supplémentaires à Construction Unik pour obtenir un logement additionnel dans leur sous-sol ou une maison multigénérationnelle.

Joey Mazerolle en entrevue à Radio-Canada

Joey Mazerolle habite dans son sous-sol et loue l'étage du haut.

Photo : Radio-Canada

L'entreprise a refusé nos demandes d’entrevue, mais confirme avoir construit cinq à sept logements parentaux. Le constructeur soutient également que la Ville de Gatineau lui aurait dit que les logis parentaux sont tolérés, même s’ils sont non conformes.

De son côté, la Municipalité a refusé de fournir le nom des constructeurs des logements illégaux, mais assure que dans le cas d’Unik, les plans soumis par l'entreprise pour ses 17 paires de résidences jumelées au Domaine du lac étaient conformes aux règles. Tous les plans consultés montrent un sous-sol non aménagé, conclut la Municipalité.

Pendant ce temps, M. Mazerolle suit la situation de près. Ça serait juste vraiment triste qu’on ait peut-être été mal informés et qu’on soit pénalisés pour ça, lance-t-il.

Ottawa-Gatineau

Politique municipale