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Une bibliothécaire aide un sans-abri à refaire sa vie

La bibliothécaire Nalini Battu range des livres dans les étagères.

La bibliothécaire Nalini Battu

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Marie-Hélène Ratel

Le décès tragique d'une femme sans-abri dans une boîte de dons de vêtements la semaine dernière à Toronto a ébranlé Nalini Battu, une bibliothécaire qui travaille dans le quartier où s'est produit l'événement. Quelques jours plus tard, elle a tenu à partager une histoire inspirante qui est rapidement devenue virale sur les médias sociaux.

Chaque jour pendant quelques mois, Nalini Battu a côtoyé un client de la bibliothèque, John, qu’elle a appris à bien connaître et avec qui elle s’est liée d’amitié.

Radio-Canada a accepté d’utiliser uniquement son prénom pour ne pas nuire à sa nouvelle carrière.

John a été sans-abri pendant six mois. Durant le jour, il venait se réfugier à la succursale Bloor/Gladstone, dans l’ouest de Toronto.

Nalini Battu l’a aidé à se procurer une carte de bibliothèque même s’il n’avait pas d’adresse fixe, ce qui lui a permis d'utiliser les ordinateurs. Peu de temps après, il est parvenu à se trouver un emploi et un logement.

Nalini ne m’a jamais traité comme un sans-abri. Si ce n’était pas de son aide en me donnant une carte de bibliothèque, je ne sais pas si je serais l’homme que je suis aujourd’hui

John

Par courriel, il a confié à Radio-Canada que sa vie a changé du tout au tout en quelques mois : J’ai mon propre appartement. J’ai un emploi bien rémunéré où je suis traité avec respect. J’ai recommencé à aller au gym depuis quatre semaines et je mange bien.

Des gens lisent près d'une fenêtre de la bibliothèque municipale de Toronto.

La bibliothèque municipale de Toronto offre différentes ressources pour les personnes vulnérables, comme les sans-abri.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

C’est à la demande de John que Mme Battu a décidé de partager son histoire publiquement, sur Twitter.

Elle explique qu’au fil des semaines, un lien de confiance s’est créé et John est devenu son client préféré à la bibliothèque. Elle a eu le cœur gros lorsqu’il lui a annoncé, après avoir décroché un emploi, qu’il y passerait beaucoup moins de temps.

John est revenu lui rendre visite la semaine dernière, trois mois après s’être trouvé un appartement.

Nous aidons des gens tous les jours, mais nous ne savons pas l’impact que cela peut avoir sur leur vie. Ça m’a beaucoup touchée qu’il prenne le temps de revenir.

Nalini Battu, bibliothécaire
Vue de l'extérieur de la succursale Bloor / Gladstone de la bibliothèque municipale de Toronto.

La succursale Bloor / Gladstone de la bibliothèque municipale de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Liens de confiance

Pam Ryan, directrice du développement et de l'innovation à la bibliothèque municipale de Toronto, explique que les bibliothécaires sont fréquemment témoins de ces histoires touchantes et y jouent aussi un rôle important.

Les bibliothécaires savent qu’elles sont parfois les seules personnes à qui certains clients vont parler dans toute leur journée.

Pam Ryan, directrice du développement et de l'innovation, bibliothèque municipale de Toronto

Des centaines de sans-abri fréquentent les bibliothèques à Toronto, selon la Coalition ontarienne contre la pauvreté. Le porte-parole Gaétan Héroux dit avoir été touché par l’histoire de John, mais ajoute que c’est un exemple qui a certaines limites.

C’est une très belle histoire, mais cela a des limites. Il y a des gens par exemple qui ont beaucoup de difficulté à s’organiser.

Gaétan Héroux, membre, Coalition ontarienne contre la pauvreté

Gaétan Héroux précise que dans le cas de John, l’appui constant de la bibliothécaire a contribué à ses succès, mais que ce ne sont pas tous les gens qui seraient en mesure de se sortir de l’itinérance avec le même soutien.

Toronto

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