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Livre banni : des intervenants LGBT somment un conseil scolaire catholique d'Ottawa de se raviser

Jeremy Dias répond aux questions d'un journaliste.
Jeremy Dias, fondateur du Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La communauté LGBT de la région réagit vivement à la décision du conseil scolaire catholique anglophone d'Ottawa de retirer un livre populaire de ses écoles élémentaires. Des intervenants demandent au Ottawa Catholic School Board (OCSB) de revenir sur sa décision.

Le conseil scolaire a retiré la bande dessinée Drama, qui raconte l'histoire de deux garçons qui sont attirés l'un par l'autre, des rayons des bibliothèques de ses écoles élémentaires à la suite de plaintes de parents.

L'OCSB juge que le contenu de ce livre ne convient pas à des élèves de l'élémentaire. La maison d'édition Scholastic Canada indique sur son site Internet que l'oeuvre est destinée aux lecteurs de 10 à 14 ans. Mais Radio-Canada a trouvé un exemplaire dans la section 9 à 12 ans d'une librairie d'Ottawa.

C’est certainement dommage, a fait valoir Jeremy Dias, fondateur du Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité. Selon lui, les gens de la communauté LGBTQ veulent être représentés dans la littérature.

Enlever ce type d’histoire, c’est la même chose qu’enlever l’histoire d’une personne de couleur, d’un francophone, d’une personne différente. On ne fait pas ça.

Jeremy Dias, fondateur du Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité

Pour M. Dias, la décision du conseil scolaire est une insulte. Ce qui est choquant, c’est que c’est juste un livre qui partage une histoire de l’expérience humaine. On tombe en amour, on trouve quelqu’un qu’on aime, on s’embrasse et ce n’est pas grand-chose, a-t-il dit.

Un « pas en arrière »

Même son de cloche pour Erik Bisson, directeur général de l’organisme Jeunesse Idem. Il croit que cette décision est un pas en arrière.

Le retrait de Drama démontre à quel point le travail des organismes est toujours pertinent en 2019, selon lui. Montrer tous les modèles relationnels ne peut pas faire autre chose qu’éduquer et sensibiliser, a-t-il ajouté.

Erik Bisson répond aux questions d'un journaliste dans les bureaux de Jeunesse Idem Outaouais.Erik Bisson, directeur général de l’organisme Jeunesse Idem. Photo : Radio-Canada

Selon M. Bisson, parler d’homosexualité permet de faire connaître les réalités de la communauté LGBT et d'aider les personnes qui se sentent touchées par ces questions.

Ceux et celles qui sont touchés par cette réalité-là vont faire le pas au-devant pour dire : ''Moi, je me pose des questions, j’ai besoin d’aide, je me sens seul'', plutôt que de dire : ''On le cache, on n’en parle pas'', a-t-il dit.

Par ailleurs, c’est la responsabilité des écoles d’être des milieux inclusifs, a soutenu Frédérique Chabot, directrice en promotion de la santé de l'organisme Action Canada pour la santé et les droits sexuels.

Frédérique Chabot répond aux questions d'un journaliste. Frédérique Chabot, directrice en promotion de la santé pour Action Canada pour la santé et les droits sexuels Photo : Radio-Canada

Si on fréquente une école catholique, ça n’enlève pas notre droit à l’information, notre droit à la non-discrimination et notre droit à la santé. [Les conseils catholiques] ne sont pas exempts de leur responsabilité de s’assurer que les droits de tous sont respectés, a-t-elle expliqué.

Drama disponible au secondaire

L'Ottawa Catholic School Board n'a pas accordé d'entrevue sur la question, mais a indiqué par écrit que ce n'est pas un livre dont ont besoin de jeunes enfants sans être guidés.

Dans sa déclaration, le conseil a indiqué que le livre fait référence à des relations amoureuses entre adolescents et qu'il est donc approprié pour un public plus âgé. D'ailleurs, Drama est disponible dans les bibliothèques des écoles secondaires du conseil scolaire, a indiqué une porte-parole.

Par ailleurs, la bibliothécaire en chef du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) étudie à son tour le livre et pourrait, elle aussi, interdire cette bande dessinée pour les jeunes de l'élémentaire, a affirmé le directeur exécutif des communications du CECCE, Anouar Nemry.

Avec les informations de Martin Robert et Josée Guérin

Ottawa-Gatineau

Communauté LGBTQ+