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La voiture de l’avenir sera-t-elle construite en Amérique du Nord?

Jeune femme devant une voiture électrique

Kathryn Macdonald travaille pour GBatteries, une compagnie ontarienne qui fabrique des batteries qui se rechargent en un temps record.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Rose St-Pierre

Voitures électriques et autonomes, véhicules intelligents et robotisés : le Salon international de l'auto de Détroit offre un aperçu de ce qui attend l'industrie automobile dans les prochaines années. Mais au moment où GM annonce la fermeture de quatre usines en Amérique du Nord, plusieurs se demandent qui construira cette voiture de l'avenir.

Kathryn Macdonald souhaitait travailler dans la fabrication d’automobile. Résidente d’Oshawa, en Ontario, elle évolue dans un environnement centré sur cette industrie. Elle a plutôt fait le pari de se diriger vers l’ingénierie pour faire partie de ceux et celles qui concevront les premiers véhicules électriques.

Je savais que je voulais travailler pour les énergies vertes. Pour moi, c’est le mariage de l’industrie automobile que je connaissais à Oshawa et du futur environnemental, explique-t-elle.

Elle travaille depuis quelques années pour la compagnie GBatteries d'Ottawa qui produit des batteries qui se rechargent entièrement en une dizaine de minutes.

Pour l’instant, la compagnie n’emploie qu’une vingtaine de personnes. Mais les dirigeants, bien conscients de l’exil des emplois de l’industrie automobile selon Mme Macdonald, veulent rapatrier des emplois au pays en misant sur la recherche et le développement.

Je crois qu’une technologie comme la nôtre va générer beaucoup d’emplois dans des domaines qui ne sont pas super explorés , ajoute la jeune femme de 27 ans.

Différents kiosques présentants des technologies et innovations en matière automobile

La section AutoMobiliD du Salon de l'auto de Détroit, où l'avenir de l'automobile est à l'honneur.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Et c’est ce que les universités croient aussi. Jim Durocher, de l’Université Michigan Technology, a été engagé pour faire le lien entre les projets des étudiants et les demandes de l’industrie automobile. Au courant des dernières années, il a vu les demandes des compagnies changer et les intérêts des étudiants évoluer.

On voit que l’industrie bascule, on s’éloigne des emplois manufacturiers traditionnels pour se diriger vers l’ingénierie et l’informatique plus les voitures deviennent autonomes.

Jim Durocher, directeur associé aux relations industrielles pour l’Université Michigan Technology

Selon M. Durocher, les voitures électriques et autonomes seront de plus en plus simples à construire : le défi d’ingénierie réside dorénavant dans la conception des logiciels et le traitement des données.

Au sous-sol du Salon de l’auto

Pour l’instant, ces visionnaires disposent de peu d’attention, du moins au Salon de l’auto de Détroit, qui mise davantage sur les camions et les VUS.

Jason Sellors est responsable du marketing pour une compagnie de développement de logiciels automobiles de Montréal. Même si le kiosque de sa compagnie, IRYStec, est au sous-sol du Salon de l’auto, il croit tout de même incarner l’avenir de l’industrie.

Toutes les compagnies qui travaillent ici font des innovations autour du domaine de l’intelligence artificielle et des technologies qui entrent dans les voitures, versus les composantes manufacturées, explique-t-il.

Selon lui, les usines de fabrication automobile seront chose du passé d’ici quelques années au profit des entreprises informatiques.

Un homme donne une entrevue devant une voiture.

Le chroniqueur automobile Benoit Charette.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

C’est ce que croit aussi Benoit Charette, chroniqueur automobile : l'avenir de l’automobile sera là où les emplois seront le moins chers. La seule façon de s’en sortir c’est la recherche et le développement.

Il faut amener des cerveaux, il faut avoir des emplois à valeur ajoutée.

Benoit Charette, chroniqueur automobile

Selon M. Charette, les emplois journaliers dans les usines de fabrication automobile se dirigeront vers l’Europe de l’Est, l’Asie ou le Mexique.

Se préparer pour l’avenir

Selon Susan Anzolin, qui travaille auprès de l’organisation régionale de développement économique, une personne sur huit dépend de l’industrie automobile dans la région de Windsor-Essex.

Elle prépare l'avenir des travailleurs automobiles. La fermeture de l’usine GM [d’Oshawa] est une grande alerte pour nous, dit-elle.

Nous avons une expertise dans le domaine de l’automobile, c’est clair. Mais si on reste avec ce qu’on fait maintenant, on sera une communauté du passé.

Susan Anzolin, directrice générale de l'Institut de recherche sur les frontières pour l'organisme de développement économique de Windsor-Essex

Et pour amorcer ce changement, il faut miser sur l’innovation et d’autres transports.

Susan Anzolin reconnaît qu’une telle transformation implique un changement de culture et une réorientation des étudiants, qui devront maintenant étudier en science et technologie pour travailler pour l'industrie automobile.

Toronto

Industrie automobile