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Le syndicat dénonce de la maltraitance psychologique au CISSS de la Gaspésie

Une femme travaille seule à son ordinateur en soirée.
De plus en plus d’employeurs sont préoccupés par le climat de travail au sein de leur entreprise. Photo: Getty Images
Radio-Canada

D'après le Syndicat des employés de bureau du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie, des gestionnaires du CISSS de la Gaspésie auraient des comportements « inéquitables » et « vexatoires » envers plusieurs membres du personnel administratif.

Le Syndicat dénonce ce qu’il qualifie de « mauvais climat de travail » et de « mauvaises pratiques de gestion » à la direction du CISSS de la Gaspésie. Selon le président du Syndicat, Simon Rochefort, la direction du CISSS demeure inactive devant le harcèlement et la maltraitance psychologique de certains gestionnaires envers le personnel.

Dans un communiqué, l’organisation syndicale parle de traitement inéquitable entre employés, de menaces, de manque de respect, de paroles vexatoires, de surcharge de travail pour des durées inhumaines ou de refus d’octroyer à une personne un poste ou des avantages auxquels elle aurait droit.

Ce ne sont pas tous les gestionnaires qui utilisent des méthodes de gestion contestables et il y a, souligne M. Rochefort, de très bons gestionnaires au CISSS de la Gaspésie.

Toutefois, dit-il, il y a des comportements qui font beaucoup de dommages sans que la direction n’intervienne. L’employeur ne fait rien pour arrêter ses pratiques de la part de ses gestionnaires. Pour nous, s’il ne fait rien pour les arrêter, ça veut dire qu’il cautionne les gestes.

La situation perdurerait depuis plusieurs années, d’après le porte-parole syndical et plusieurs discussions auraient eu lieu à ce sujet avec le CISSS, mais sans résultat. L’employeur fait la sourde oreille par rapport aux mauvaises pratiques de gestion , soutient Simon Rochefort qui dénonce la culture du silence qui règne au CISSS de la Gaspésie.

Trois infirmières marchent en poussant une civièreDes employés transportent un patient Photo : Shutterstock/John Panella

Simon Rochefort précise que la situation n’est pas le fait d’un seul établissement, mais que les cas problématiques se retrouvent partout sur le territoire.

Le syndicat réclame la mise en place de bonnes pratiques de gestion et un milieu de travail sain avec des méthodes de travail respectueuses et équitables envers l’ensemble du personnel.

Le CISSS veut rencontrer le syndicat

Le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CISSS de la Gaspésie, Michel Bond, considère que les éléments rapportés par la Fédération de santé et de services sociaux de la CSN sont graves. Dans une organisation de 3600 employés avec 120 gestionnaires, il y a toutes sortes de situations qui peuvent se passer  , relève M. Bond.

Il se dit préoccupé par la situation et prévoit contacter rapidement les représentants syndicaux pour en discuter.

Michel Bond, directeur des ressources humaines du Centre intégré de santé et de services sociaux Michel Bond, directeur des ressources humaines du Centre intégré de santé et de services sociaux Photo : Radio-Canada

Michel Bond mentionne par contre que le CISSS n’a pas été informé par le syndicat de faits particuliers. On a de la difficulté à faire les liens entre ce qui est affirmé et les informations qu’on reçoit au quotidien, indique le gestionnaire qui affirme avoir des rencontres régulières et fréquentes avec les représentants syndicaux.

Les accusations sont importantes et on va en prendre acte. On va rapidement essayer d’avoir les informations que les représentants syndicaux ont, si ces informations s’avèrent véridiques.

Michel Bond, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CISSS de la Gaspésie

Le CISSS est très au courant de ce qui se passe dans ses murs , soutient Simon Rochefort. Le Syndicat plaide que le climat coercitif qui règne dans les établissements du CISSS rebute les travailleurs qui seraient tentés de faire une sortie publique pour dénoncer la situation. Les employés, qui osent dénoncer des situations inacceptables, peuvent être réprimandés, suspendus ou menacés de congédiement, d’après le Syndicat.

Recrutement et image

Le président du syndicat fait le lien entre la situation qu’il dénonce et les difficultés de recrutement du CISSS de la Gaspésie. Les gens quittent [NDLR Leur emploi] et les autres ne veulent pas venir travailler pour le CISSS de la Gaspésie, ils savent que c’est un climat de travail qui est malsain où il y a de la surcharge de travail.

Le directeur des ressources humaines du CISSS de la Gaspésie, Michel Bond, est bien conscient des impacts que peut avoir la sortie médiatique de la Fédération sur l’image du CISSS et le recrutement du personnel.

Il avoue avoir demandé une meilleure collaboration aux représentants syndicaux. Toutes nos activités de recrutement s’avèrent nulles si on dénonce le service qu’on veut soutenir  , commente le gestionnaire qui invite tout le monde à travailler dans le même sens.


Michel Bond rappelle que des processus d’enquête sont prévus lorsqu’il y a des situations problématiques entre des employés ou entre un employé et un gestionnaire.

Le Syndicat n’était pas en mesure de préciser le nombre de griefs déposés pour des cas allégués de harcèlement. L’organisation indique toutefois qu’au cours des derniers mois, elle a déposé une quinzaine de griefs relativement à de la mauvaise gestion au seul centre de Sainte-Anne-des-Monts.

Le Syndicat des employés de bureau du CISSS de la Gaspésie représente 450 travailleurs dont du personnel de bureau, des administrateurs et des techniciens en informatique.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Établissement de santé