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« Je l'ai couché fort dans son parc », se défend une éducatrice accusée d'avoir secoué un bébé

Élizabeth Pelletier-Boissonneault

Élizabeth Pelletier-Boissonneault

Photo : Facebook d'Élizabeth Pelletier-Boissonneault

Marc-Antoine Lavoie

« Je l'ai couché fort dans son parc. C'est tout », a-t-on pu entendre dans un enregistrement de l'interrogatoire d'une jeune femme de la Beauce, présenté mardi lors de son procès pour voies de fait graves sur un bébé dont elle avait la garde.

Le procès d’Elizabeth Pelletier, qui a plaidé non coupable, s’est amorcé la semaine dernière au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce. La vidéo de l'interrogatoire qu’elle a subi est présentée au jury depuis lundi.

La jeune femme de 24 ans doit également se défendre d’avoir mis en danger la vie du bambin de 10 mois.

Elle l’aurait maltraité au moment où elle exploitait une garderie en milieu familial dans sa résidence de Sainte-Marie.

Au terme de neuf heures d’interrogatoire, Mme Pelletier a finalement avoué avoir donné « juste un coup sec » au bambin au moment où elle couchait les six enfants qui étaient sous sa responsabilité.

« Fatiguée depuis longtemps »

Mme Pelletier, qui avait ouvert sa garderie quelques mois plus tôt, était alors épuisée.

« J’étais fatiguée depuis longtemps », a-t-elle expliqué à la lieutenante Chantale Gamache, de la Sûreté du Québec (SQ), qui menait l’interrogatoire.

Ils pleuraient tous en même temps. Ç’a été le dernier que j’ai couché. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je l’ai couché fort dans son parc. C’est tout.

Elizabeth Pelletier, durant son interrogatoire
Éléments de preuve du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Éléments de preuve du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP)

Photo : DPCP

Les actes reprochés à Elizabeth Pelletier remontent à septembre 2016. L'enfant a d'abord été conduit à l'hôpital pour des vomissements. L'enquête s'est toutefois amorcée le 20 octobre 2016, après une deuxième hospitalisation. Il était alors toujours sous la responsabilité de l'accusée.

L'enfant a été transporté vers un centre hospitalier de Québec et les conclusions du médecin ont mené peu après à l'arrestation de l’éducatrice.

En ce qui concerne la journée avant son arrestation, Mme Pelletier soutient que l’enfant a perdu connaissance sans raison.

« Je ne l'ai pas secoué »

Avant de passer aux aveux, Mme Pelletier s’est défendue en affirmant que la présence de sang au cerveau du bambin avait probablement été causée par 2 chutes survenues le 28 septembre.

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Éléments de preuve du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP)

Photo : DPCP

L’enquêteur a mentionné ne pas croire sa version des faits puisque celle-ci n’explique pas les blessures du bébé.

« Plus ça avance, après avoir parlé au docteur Thibault, plus je suis convaincue qu’un geste infligé a été commis », a affirmé la lieutenante Chantale Gamache lors de son témoignage après la présentation de la vidéo mardi en après-midi.

Recherches sur Internet

Une perquisition au domicile de l'accusée avait aussi été menée à la suite de son arrestation. Deux téléphones cellulaires et un ordinateur portable avaient été saisis.

Dans l’interrogatoire, Mme Pelletier a admis avoir fait plusieurs recherches sur Internet pour en savoir plus sur les commotions cérébrales.

On a ensuite demandé à Mme Pelletier d'expliquer des messages textes qu’elle a envoyés après les deux chutes, notamment concernant de faux symptômes de gastro-entérite dans sa garderie.

Cet événement aurait été inventé pour justifier les vomissements de la victime, a affirmé l’enquêteur.

L’accusée s'était alors refermée sur elle-même et était demeurée silencieuse un long moment.

Les questions se sont accumulées et l’accusée est restée silencieuse de longues minutes avant de céder.

Elizabeth Pelletier est en liberté sous conditions pendant le processus judiciaire.

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