•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Macron répond à la colère des gilets jaunes en lançant « un grand débat national »

Le président de la France, Emmanuel Macron, s’adresse aux maires de 600 villes de Normandie lors de la première étape du « grand débat », le 15 janvier 2019.

Photo : The Associated Press / Philippe Wojazer

Radio-Canada

Le président français Emmanuel Macron a lancé mardi « le grand débat national », série de conversations qu'il entend mener avec le peuple français dans l'espoir d'apaiser la crise provoquée par les gilets jaunes. Ce mouvement de protestation, en cours depuis deux mois, force l'Élysée à « aller chercher les solutions chez les gens », comme le dit le président Macron.

C'est à Grand-Bourgtheroulde, en Normandie, qu'Emmanuel Macron a entrepris, mardi, de convaincre les Français de participer au grand débat national. Pour l'occasion, dans cette ville de 4000 habitants, les commerces étaient fermés, les rues désertes et les gilets jaunes interdits d'accès, ce qui les a forcés à manifester aux abords de la ville, littéralement bouclée par les forces de sécurité.

Près de 600 maires de Normandie ont rejoint le président pour le premier épisode de cet exercice « inédit » qui n'est « ni une élection ni un référendum ». Le grand débat est axé sur quatre thèmes : transition écologique, fiscalité, organisation de l'État et démocratie et citoyenneté.

C'est de la poudre de perlimpinpin. Il nous a dit tout un tas de choses et puis il est revenu sur ce qu'il nous avait dit. Faudrait qu'il parte, qu'il démissionne.

Une manifestante au sujet de l'invitation lancée par le président

Jeudi, le président français sera à Toulouse et vendredi, il sera dans le département du Lot, dans le sud-ouest du pays.

Début décembre, pour répondre aux préoccupations des gilets jaunes, le président Macron avait annoncé un train de mesures totalisant 10 milliards d'euros (15 milliards de dollars canadiens). Le tout pour permettre aux Français de vivre plus dignement de leur travail, avait-il alors expliqué. « Sur ce point, nous sommes allés trop lentement », avait concédé le président après avoir décrété un « état d'urgence économique et social ».

C'est dans ce contexte qu'il avait aussi promis de lancer ce grand débat national.

Un nouveau contrat pour la Nation

Dimanche dernier, le président a publié sa lettre aux Français avec les promesses d'instaurer un « nouveau contrat pour la Nation » et de « transformer les colères en solutions ». Emmanuel Macron ouvre la porte, par exemple, à l'instauration de quotas migratoires, une possibilité qu'il écartait jusqu'alors.

En revanche, le président et son premier ministre Édouard Philippe, se refusent à rétablir l'impôt sur la fortune, comme le réclament les manifestants.

Deux policiers retiennent un homme gesticulant sur une place d'une ville de Normandie sous le regard de passants.

Des policiers anti-émeutes retiennent un homme à Grand-Bourgtheroulde, en Normandie, ville que visitait le président français Emmanuel Macron pour la première étape de son grand débat national le 15 janvier 2019.

Photo : The Associated Press / Francois Mori

Des manifestations émaillées de violence

La tension est encore vive en France après une série de manifestations entachées d'affrontements, de casse et de violence, notamment envers des journalistes.

Le mouvement des gilets jaunes regroupe des Français issus des classes populaires et moyennes qui dénoncent, depuis le 17 novembre, la politique fiscale et sociale du gouvernement, qu’ils jugent injuste. Chaque samedi, cette mobilisation citoyenne se traduit notamment par l’occupation de ronds-points à travers la France et par une journée d’action.

Pour Emmanuel Macron, il s'agit d'une contestation sans précédent de ses politiques. Avec le grand débat, le président revient sur le terrain où il ne s'était guère aventuré depuis le début du mois de décembre. À ce moment, lors d'une visite-surprise dans une préfecture de la Haute-Loire, Emmanuel Macron avait été violemment pris à partie, hué et sifflé.

Deux ministres dirigent le débat

L'appel au dialogue du président Macron est accueilli avec méfiance par les gilets jaunes et par une partie de l'opposition, qui doutent de la sincérité du gouvernement. L'exercice, disent-ils, n'est ni impartial ni transparent, puisque l'animation des échanges a été confiée à deux ministres du gouvernement Macron.

Pour répondre à cette critique, le président compte nommer vendredi prochain un collège de cinq personnalités indépendantes chargé d’incarner l’« impartialité » et la « transparence » du dispositif, selon Édouard Philippe.

Avec les informations de Yanik Dumont Baron

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Le Monde

Politique internationale

International