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  • Il y a 30 ans, les employés des magasins Simpson se drapaient de noir

    Plaque de métal avec le nom Simpsons encastrée sur l'édifice Simpson de la rue Sainte-Catherine, à Montréal.
    L'entreprise canadienne Simpsons, renommée Simpson au Québec, avait pignon sur rue au centre-ville de Montréal jusqu'en 1989. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 18 janvier 1989, les Montréalais apprennent la fermeture du magasin Simpson, une institution de la rue Sainte-Catherine. C'est la consternation parmi les employés qui perdent leur gagne-pain en pleine récession.

    L’histoire de Simpson s’amorce en Ontario à la fin du 19e siècle. Son fondateur, Robert Simpson, réussit notamment à se distinguer des autres grands magasins par la vente par catalogue.

    Après avoir ouvert des comptoirs de vente à Toronto, Regina et Halifax, Simpson acquiert en 1904 le magasin John Murphy rue Sainte-Catherine à Montréal.

    En 1929, l’immeuble est démoli afin de concevoir un grand magasin Simpson qui occupera l’équivalent d’un pâté de maisons entre les rues Metcalfe et Mansfield.

    C’est donc une institution de plus de 80 ans qui disparaît lors de l’annonce de sa fermeture, le 18 janvier 1989.

    Montréal ce soir, 18 janvier 1989

    Le journaliste François Harvey couvre la nouvelle au Montréal ce soir du 18 janvier 1989 qu’anime Marie-Claude Lavallée.

    Avec cette fermeture annoncée de l’enseigne de Montréal, 900 employés doivent être mis à pied dans un contexte économique difficile.

    300 autres emplois sont également menacés par la mise en vente du magasin Simpson de Saint-Bruno.

    Les succursales de Laval, Pointe-Claire et Anjou deviendront pour leur part des magasins La Baie.

    Il faut dire que les affaires ne sont plus roses pour Simpson depuis quelques années déjà.

    À la fin des années 70, la chaîne canadienne était passée aux mains d’un compétiteur, La Compagnie de la Baie d’Hudson.

    Téléjournal, 11 juillet 1984

    Comme en témoigne ce reportage au Téléjournal du 11 juillet 1984, la chaîne Simpson connaît une importante vague de licenciement à la suite de cette transaction.

    1600 employés sont alors congédiés à travers le Canada, dont 1000 dans la région ontarienne.

    Plusieurs se voient offrir un emploi à temps partiel durant des heures clés, à des salaires moins élevés et sans avantages sociaux. Le personnel de Simpson n’est pas syndiqué.

    Le journaliste Marc-André Masson souligne qu’une percée syndicale était en cours pour les travailleurs du magasin d’Oakville, en banlieue de Toronto.

    Téléjournal, 28 janvier 1989

    Dix jours après l’annonce de sa fermeture, le magasin Simpson de Montréal met officiellement les clés sous la porte, le 28 janvier 1989.

    Comme le souligne la présentatrice Suzanne Laberge au Téléjournal, de nombreux employés ont choisi de s’habiller de noir pour cette triste journée.

    Afin de recevoir leurs indemnités de départ, ils devront demeurer disponibles pour préparer la grande liquidation finale prévue au mois de mars.

    À la fin des années 80, tous les magasins Simpson seront convertis en magasins La Baie.

    L'enseigne phare de Simpson au centre-ville de Toronto est la dernière à prendre les couleurs de La Baie en 1991.

    Au centre-ville de Montréal, La Baie possède déjà son magasin sur la grande artère commerciale Sainte-Catherine. Il faudra attendre plusieurs années avant que l’édifice Simpson reprenne vie.

    Montréal ce soir, 28 octobre 1997

    Enfin une vocation pour l’édifice Simpson du centre-ville, fermé depuis huit ans!

    La présentatrice Pascale Nadeau

    Au bulletin de nouvelles Montréal ce soir du 28 octobre 1997, l’animatrice Pascale Nadeau présente les nouveaux locataires de l’édifice Simpson, récemment acquis par l’Industrielle Alliance.

    Après avoir longuement hésité, La Baie accepte d’y voir arriver un potentiel compétiteur : la chaîne de vêtements Simons jusqu’alors bien enracinée dans la région de Québec.

    Pour La Maison Simons, l’édifice Simpson représente une place de choix pour s’implanter dans la métropole québécoise.

    Comme le montre le journaliste Philipe Schnobb, l’annonce est accueillie comme une bouffée d’air frais pour le centre-ville de Montréal.

    Simons partagera l’immeuble avec l’enseigne Famous Players, qui compte y construire un cinéma d’une quinzaine de salles.

    Vingt ans plus tard, le fleuron québécois Simons demeure à l’avant-plan dans la vente au détail au Canada.

    Il suffit de penser à la lutte que mène son grand patron Peter Simons pour l’équité fiscale dans le commerce en ligne, à son projet de construction d’un centre de distribution à la fine pointe de la technologie ou à sa décision de hausser le salaire de base de ses employés à 16 $ l’heure.

    Un cinéma réside toujours dans l’ancien édifice Simpson. La fameuse enseigne Famous Players a toutefois été transformée en Cinéma Banque Scotia Montréal.

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