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Le policier responsable de l'annulation du procès Oland reçoit une promotion

Dennis Oland devant le palais de justice de Saint-Jean, le 8 janvier 2019.

Dennis Oland devant le palais de justice de Saint-Jean, où se déroule son deuxième procès pour le meurtre non prémédité de son père, Richard Oland.

Photo : Radio-Canada

Catherine Allard

Le policier de Saint-Jean dont les actions ont mené à l'annulation du second procès de Dennis Oland prend du galon au sein de la force policière. Sean Rocca vient d'être promu à sergent d'état-major.

Le juge Terrence Morrison a annulé le second procès devant jury de Dennis Oland en novembre, en expliquant que la sélection du jury avait été irrémédiablement entachée à cause des vérifications des antécédents des jurés faites par le policier Sean Rocca.

Malgré cela, le policier Rocca a reçu une promotion importante la semaine dernière. Il est passé de policier, à sergent d'état-major, sautant ainsi le grade de sergent. Il a été promu même si sa conduite professionnelle fait l’objet d’une enquête de la Commission de police du Nouveau-Brunswick.

Le policier en civil sort d'un édifice

Le policier Sean Rocca a été affecté à l’enquête sur le meurtre de Richard Oland en octobre 2011.

Photo : CBC

Une transcription de son témoignage fait à huis clos avant l’annulation du procès démontre que Sean Rocca a défendu ses gestes.

Il a expliqué qu’il a consulté la base de données de la force policière pour vérifier si les jurés potentiels avaient un casier judiciaire, ce qui les aurait rendus inadmissibles. Mais cette base de données comprend aussi d’autres renseignements, dont tous les contacts que les personnes ont avec les policiers, qu’il s’agisse de plaignants, de victimes, de témoins, de suspects ou d’accusés.

Sa démarche pouvait être perçue comme un magasinage de jurés, selon la défense. Cette dernière a ajouté que la Cour suprême du Canada a condamné cette pratique en 2012.

Sean Rocca a déclaré qu’il ne voyait rien de mal dans ses démarches, et qu’il avait fait la même chose auparavant, y compris pour le premier procès de Dennis Oland. Le service policier de Saint-Jean ne fait aucun commentaire pour ne pas nuire à l’enquête de la Commission de police.

Les traces de sang au coeur du 18e jour du procès

Celui qui a mené les analyses médico-légales en lien avec l'enquête pour le meurtre de Richard Oland, le sergent légiste Mark Smith, poursuivait son témoignage mardi matin, au 18e jour du procès de Dennis Oland.

Il s'agit de la troisième fois que Mark Smith prend place à la barre des témoins depuis le début de ce procès. Mardi, le procureur de la Couronne P.J. Veniot l’a interrogé sur les traces de sang observé sur la scène du crime.

Le sergent légiste Mark Smith se présente en cour pour son témoignage au procès de Dennis Oland. La photo a été prise le 15 janvier 2019.

Le sergent légiste Mark Smith se présente en cour pour son témoignage au procès de Dennis Oland.

Photo : Radio-Canada

Le sergent a expliqué en détail comment il s’y est pris pour analyser les traces de sang. Il a notamment reçu l’aide d’un expert en la matière, le sergent Brian Wentzell de la GRC d’Halifax.

Les deux policiers ont utilisé des produits chimiques pour faire ressortir des traces de sang qui pourraient être invisibles à l’oeil nu. Leur travail s’est avéré plus difficile qu’anticipé, car ces analyses ont été faites cinq jours après le meurtre, alors que le corps avait déjà été déplacé.

Mark Smith a affirmé qu’ils ont trouvé des éclaboussures de sang à plusieurs pieds du corps de la victime, dans son bureau, ainsi que sur des rideaux à plus de cinq pieds du sol. L'autopsie a démontré que Richard Oland est mort d'une quarantaine de coups à la tête, lors d'une attaque violente.

La chemise de Richard Oland, tachée de sang.

Les policiers ont utilisé une lumière infrarouge pour bien voir les traces de sang sur les vêtements de Richard Oland. Si le sang est facile à voir sur cette chemise (pièce à conviction présentée lors du premier procès en 2015), il est plus difficile à voir sur des vêtements foncés.

Photo : Pièce à conviction

Le sergent Mark Smith a également expliqué qu'il a eu le mandat, huit jours après le meurtre, d'inspecter la voiture de Dennis Oland. La police croyait y trouver des traces de sang, mais le sergent Smith dit n'avoir toutefois rien trouvé de significatif.

Cet élément est important pour la défense, qui risque d'argumenter que Dennis Oland ne peut pas avoir commis ce crime sanglant sans qu'il y ait de traces de sang dans sa voiture par la suite.

Le témoignage du sergent Mark Smith est lent et très détaillé, mardi matin. Il s’agit d’un changement de rythme notable par rapport à la semaine dernière quand les procureurs de la Couronne ont dû endurer une série de témoignages controversés et contradictoires de la part des policiers qui se sont succédé à la barre des témoins.

Richard Oland, a été trouvé sans vie le matin du 7 juillet 2011 dans son bureau du centre-ville de Saint-Jean.

L'homme d'affaires de 69 ans, ancien dirigeant de la brasserie Moosehead, avait été battu à mort.

Son fils, Dennis Oland, a été inculpé de meurtre au deuxième degré en 2013.

Il a été condamné en 2015, mais le verdict du jury a été annulé en appel en 2016, et un nouveau procès a été ordonné.

Aves des informations de Bobbi-Jean MacKinnon, de CBC

Nouveau-Brunswick

Procès et poursuites