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Le ton monte entre Pékin et Ottawa après la condamnation d'un Canadien

Retour sur l’histoire des relations entre le Canada et la Chine avec Frédéric Arnould

La Chine durcit le ton à l'encontre du Canada, qualifiant de « remarques irresponsables » la déclaration du premier ministre Justin Trudeau qui dénonçait la condamnation « arbitraire » à la peine capitale d'un Canadien, Robert Lloyd Schellenberg, pour trafic de drogue.

Déjà vive, la querelle diplomatique entre le Canada et la Chine prend maintenant des allures d'escalade. « C'est un moment difficile », a d'ailleurs reconnu mardi la chef de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland.

C'est une déclaration du premier ministre Trudeau au sujet du cas de M. Schellenberg qui a mis le feu aux poudres diplomatiques, lundi. « C'est très inquiétant que la Chine commence à agir de façon arbitraire pour appliquer la peine de mort, surtout sur un Canadien », a-t-il dit.

La réplique de Pékin a été sans équivoque. « Nous pressons le Canada de respecter la règle de droit, de respecter la souveraineté légale de la Chine, de corriger ses erreurs et de cesser ses remarques irresponsables », a rétorqué la porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Hua Chunying, mardi.

Soucieuse de calmer le jeu, la ministre Freeland affirme être en contact avec le gouvernement chinois sur divers plans. Elle affirme aussi s'être entretenue à deux reprises avec l'ambassadeur chinois à Ottawa.

La relation sino-canadienne est complexe, de longue durée et comporte de nombreux volets, a résumé en substance Chrystia Freeland.

En ce qui a trait à Robert Lloyd Schellenberg, la ministre canadienne des Affaires étrangères dit avoir réclamé la clémence pour lui auprès de l'ambassadeur chinois. Elle dit avoir parlé au père de M. Schellenberg, un entretien « très émotif », a relaté Mme Freeland en conférence de presse.

Robert Lloyd Schellenberg avait été arrêté en 2014 puis condamné à 15 ans de prison en 2016 dans une affaire de trafic de métamphétamines. Mais, à la suite d'un procès tenu lundi et organisé à seulement quatre jours d'avis, la justice chinoise l'a condamné à mort.

Mises en garde de part et d'autre

Le chassé-croisé de déclarations s'est accompagné de mises en garde formulées tant par la Chine que par le Canada à l'égard de leurs ressortissants respectifs.

Dans un avis publié mardi, l'État chinois rappelle qu'un citoyen chinois a été récemment « détenu arbitrairement » à la demande des États-Unis. Il s'agit d'une allusion claire à Meng Wanzhou, numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei qui avait été arrêtée le 1er décembre dernier, en Colombie-Britannique. Mme Meng est actuellement en liberté surveillée au Canada.

« Le ministère des Affaires étrangères et l'ambassade de Chine au Canada rappellent aux citoyens chinois qu'ils doivent pleinement évaluer les risques liés aux voyages au Canada », peut-on lire dans la mise en garde du gouvernement chinois.

De son côté, le Canada a mis à jour son avis aux voyageurs canadiens pour la Chine, les invitant à « faire preuve d'une grande prudence en raison du risque d'application arbitraire des lois locales », et en évoquant la peine de mort et « les peines pour les infractions liées aux drogues ».

Deux autres citoyens canadiens sont aux mains de la justice chinoise : l’ex-diplomate Michael Kovrig et l’homme d’affaires Michael Spavor. Ces derniers sont soupçonnés par Pékin d'avoir mis en péril la sécurité d'État.

Bien qu'ils aient été arrêtés quelques jours après l'arrestation au Canada de Meng Wanzhou, Pékin a maintenu que leur sort n'était en rien lié à celui de la haute dirigeante de Huawei.

Le Canada est appuyé par de nombreux pays

Le premier ministre Trudeau s'est mis en quête d'appuis à l'international dans ce conflit sino-canadien; son Cabinet soutient qu'il s'est entretenu lundi avec le dirigeant argentin et la dirigeante néo-zélandaise.

Le Canada a aussi reçu l'appui des États-Unis, de l'Union européenne, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et de l'Australie.

Cet appel du Canada à l'international a soulevé l'ire de l'ambassadeur chinois à Ottawa qui y voit « de l'égoïsme occidental » et de la « suprématie blanche ».

Avec les informations de Reuters, et CBC

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