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analyse

Le Cabinet Trudeau : quand les symboles ne suffisent plus

Jody Wilson-Raybould, Jane Philpott, Seamus O'Regan, David Lametti et Bernadette Jordan sont assis côte-à-côte dans une salle de la résidence de la gouverneure générale.
À neuf mois des élections, le gouvernement a choisi d’aller au-delà des images fortes et profite de son remaniement pour régler des problèmes et combler des failles, observe Madeleine Blais-Morin. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Madeleine Blais-Morin

Reportez-vous à l'automne 2015, au temps des « voies ensoleillées » de Justin Trudeau. Un symbole fort ressortait de la formation de son Cabinet : Jody Wilson-Raybould était la première Autochtone à occuper le prestigieux poste de ministre de la Justice. À neuf mois des élections, le gouvernement a choisi d'aller au-delà des images fortes et profite de son remaniement pour régler des problèmes et combler des failles.

Justin Trudeau aurait pu se limiter à remplacer le président du Conseil du Trésor, Scott Brison. Il en a décidé autrement. Un remaniement qui touche cinq personnes est un indicateur que le premier ministre voulait apporter des changements à son équipe.

D’abord, Jody Wilson-Raybould, l’icône de la réconciliation avec les peuples autochtones du premier Cabinet Trudeau, est mutée au ministère des Anciens Combattants. Dans les coulisses, on la dit « cassante » auprès de ses collègues.

Justin Trudeau a bien assuré que s’occuper des vétérans est à la fois une responsabilité « profonde et formidable », mais dans la hiérarchie des postes au Cabinet, un tel changement est généralement interprété comme une rétrogradation.

Il a défendu sa ministre. « Je sais que Jody va faire un travail exceptionnel », a-t-il dit.

Parce qu’il la garde au sein de son Cabinet, le premier ministre ne pouvait probablement pas se permettre autant de candeur que son homologue François Legault à Québec qui, lui, avait admis les lacunes de sa ministre de l’Environnement au moment de la retirer de son Cabinet.

Un huitième ministre du Québec

C’est David Lametti, le député de LaSalle–Émard–Verdun, une circonscription montréalaise, qui remplace Jody Wilson-Raybould à la Justice. À neuf mois des élections, le symbole a laissé place à la stratégie pratico-pratique.

Personne ne peut remettre en doute les compétences de David Lametti, qui a été professeur de droit à l’Université McGill. Mais le fait qu’il soit Québécois a contribué à son entrée au Cabinet.

Le vote dans la province sera déterminant aux prochaines élections. Et dans l’équipe de Justin Trudeau, on considère qu’il sera bien placé pour communiquer les positions du gouvernement dans des dossiers qui seront sous les projecteurs au Québec. L’aide médicale à mourir et le port des signes religieux, par exemple, pourraient rebondir à Ottawa au cours des prochains mois.

Une autre recrue

Le départ de Scott Brison laissait aussi la Nouvelle-Écosse sans représentation ministérielle. Bernadette Jordan vient non seulement combler ce vide, mais le premier ministre la nomme du même coup dans un tout nouveau ministère : celui du Développement économique rural.

Justin Trudeau courtise ainsi les électeurs ruraux qui sont également dans la ligne de mire des conservateurs. Et le gouvernement tient à signaler que Bernadette Jordan est la première femme ministre à représenter une circonscription fédérale de la Nouvelle-Écosse dans l’histoire du pays.

Avec son arrivée, le Cabinet comptera 18 femmes et 18 hommes, y compris le premier ministre.

Parce que, même s’il met au rancart certains symboles, l’équipe Trudeau ne renoncera pas à celui de la parité.

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