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Université de l’Ontario français : un an pour faire quoi?

Un bloc-note noir avec le logo de l'UOF est posé sur un bureau.

Le gouvernement fédéral a accordé un financement de 1,9 million de dollars à l'équipe de mise en oeuvre de l'Université de l'Ontario français (UOF).

Photo : Facebook / Université de l'Ontario français

Rozenn Nicolle

Dimanche soir, le gouvernement fédéral a annoncé un financement 1,9 million de dollars à l'équipe de mise en oeuvre de l'Université de l'Ontario français (UOF). Des fonds qui permettront à l'établissement de subsister pendant un an, le limiteront à se consacrer uniquement au développement du carrefour francophone, et qui sont donc loin d'assurer son avenir.

Ce qu’on va réussir à faire dans la prochaine année, c’est de mettre le projet sur respirateur artificiel, selon Stéphanie Chouinard, professeure adjointe en sciences politiques au Collège militaire royal du Canada à Kingston.

Alors que la communauté franco-ontarienne et les défenseurs de l’UOF se réjouissent du sursis accordé par le ministère canadien du Patrimoine, du Tourisme et de la Francophonie, les réponses du gouvernement provincial lundi ne permettent pas l’optimisme, selon elle.

C’est certain que 1,9 million, on ne sauvera pas le projet avec ce montant-là, quand on sait que le budget de démarrage qui avait été promis était de l’ordre de 80 millions de dollars.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de sciences politiques, Collège militaire royal du Canada à Kingston

Si la province refuse catégoriquement d’investir des fonds, ça restera très difficile de voir la pérennité de cette institution-là, à l’avenir, rappelle Mme Chouinard.

Un an pour convaincre

Pour Dyane Adam, présidente de conseil des gouverneurs de l’UOF, on va prendre une chose à la fois. Elle compte poursuivre les discussions avec les différents acteurs du gouvernement : Tout le monde a du temps pour réfléchir et examiner sérieusement le projet et de trouver des solutions gagnantes pour tous les partis impliqués.

Une année, en politique, c'est une éternité!

Dyane Adam, présidente de conseil des gouverneurs de l'UOF

Mme Adam ne désespère pas de finir par trouver une entente avec le gouvernement provincial, sans mettre toutefois de côté la nécessité d'explorer toutes les autres options : Nous allons, nous, le conseil, examiner des modes alternatifs de financement pour l’Université, dont entre autres une levée de fonds.

Dyane Adam

Dyane Adam

Photo : Radio-Canada

Ce qui est certain, c’est qu’avec les conditions liées au financement attribué par le gouvernement fédéral, l'Université n'a pas le choix de se concentrer sur le projet de carrefour francophone du savoir et de l'innovation, et de mettre de côté le développement de la partie académique.

Qu’est-ce que le carrefour francophone du savoir et de l'innovation?

C’est un projet qui fait partie de la vision de l'Université. On avait conçu que l’Université serait logée à la même adresse qu’une douzaine d’organismes francophones, explique Mme Adam. Cela comprendrait, entre autres, le Théâtre Français de Toronto, le Groupe Média TFO ou encore les bureaux de plusieurs conseils scolaires francophones.

C’est une façon de regrouper à Toronto les forces vives de la communauté, complète la présidente de conseil des gouverneurs de l’UOF.

Dans les prochains mois, les employés de l’UOF se pencheront sur le plan d’affaires, le montage financier et la gouvernance de ce carrefour. Ils travailleront avec leurs partenaires pour créer, imaginer et définir toutes ses étapes ainsi que le financement nécessaire.

L’idée est également d’identifier un site à Toronto pour ce projet d’envergure, qui accueillerait éventuellement le campus de l’UOF de façon permanente. Dans les premiers temps, l’Université devait s’installer sur un site temporaire pour quatre à cinq ans, rappelle Mme Adam, avant de déménager au carrefour francophone.

Mobilisation et recours juridique

En attendant, l’ouverture de l’Université en 2020 apparaît de moins en moins probable. Selon moi c’est un rêve qu’il faut enterrer, juge Mme Chouinard.

Rien d’impossible, pense toutefois Mme Adam. Les quatre programmes qui ont été déposés par son équipe en septembre dernier attendent toujours sur le bureau de la ministre de la Formation, des Collèges et des Universités de la province. Mais d’autres programmes déjà approuvés pourraient être dispensés, via des ententes avec d’autres universités, selon Dyane Adam.

Tant et aussi longtemps qu’on a un site et un emplacement, l’Université pourrait offrir des cours, explique Mme Adam. Les locaux temporaires qui avaient été choisis sont toujours disponibles et le promoteur immobilier est prêt à signer, selon elle, mais une fois encore, l’argent reste le nerf de la guerre.

Il va falloir continuer à faire pression de la part de la communauté franco-ontarienne si on veut que ces deux millions de dollars ne soient pas dépensés pour rien, conclut Mme Chouinard.

La politologue soutient aussi que le recours juridique est encore une option, et que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), ne l’a pas encore écartée.

Nord de l'Ontario

Politique provinciale