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Des entrepreneurs veulent s'associer aux gagnants de la loterie du cannabis

Koby Smutylo répond aux questions d'une journaliste dans un local vide.

Koby Smutylo, fondateur de l'entreprise de production de cannabis Indiva et porte-parole pour le magasin Ouid.

Photo : Radio-Canada

Roxane Léouzon

Plusieurs entrepreneurs confirment qu'ils tentent de s'associer avec des gagnants de la loterie du cannabis pour ouvrir des magasins à Ottawa.

La majorité des 25 gagnants tirés au hasard vendredi dernier par la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAMO) est composée de personnes plutôt que d'entreprises. Aucun d’entre eux n'est un gros joueur de l’industrie.

Par ailleurs, plusieurs gagnants sont inexpérimentés et mal préparés, selon Koby Smutylo, fondateur de l’entreprise de production Indiva et porte-parole pour la marque Ouid, qui aspirait à ouvrir plusieurs succursales dans la capitale nationale.

J’ai été contacté par quelques-uns qui demandent de l’aide, parce que certains sont aussi jeunes que [19 ou 20 ans], a affirmé M. Smutylo.

Ouid pourrait ne leur offrir que des conseils, mais aussi aller jusqu’à leur offrir une franchise.

Dans le meilleur cas, de notre point de vue, nous pourrions avoir des arrangements par lesquels ils utiliseraient notre image de marque, notre design, les endroits que nous avons pris des mois à organiser, l’expertise en vente au détail que nous avons assemblée et les connaissances dans le domaine du cannabis que nous avons acquises durant la dernière année. Nous travaillerions ensemble, a expliqué M. Smutylo.

La compagnie albertaine High Tide a aussi confirmé qu’elle avait des discussions pour consolider rapidement une présence en Ontario, tout en aidant les chanceux gagnants à respecter les échéanciers exigeants établis par les organismes de réglementation en Ontario. Dans un courriel, elle dit souhaiter en particulier qu’une boutique soit ouverte à l’emplacement qu’elle a déjà réservé à Ottawa, selon l’accord avec le gagnant à la loterie.

Ces gagnants ont effectivement du pain sur la planche. Ils ont jusqu’à vendredi pour déposer officiellement leur demande de permis d’exploitation d’un magasin de vente au détail, pour lequel ils doivent remettre 6000 $ non remboursables et une lettre de crédit de 50 000 $. Ils auront ensuite jusqu’au 1er avril pour ouvrir leur magasin, après quoi ils pourraient face à une amende de 25 000 $.

Des questions légales

L’avocat spécialisé en droit du cannabis Jack Lloyd constate lui aussi que plusieurs gagnants à travers la province, dont certains sont ses clients, sont des néophytes en matière de vente au détail et dans l’industrie du cannabis.

Un permis de vendre du cannabis au détail pourrait rapporter, selon Me Lloyd, jusqu'à 15 millions de dollars par année. Certains se feraient donc offrir des sommes mirobolantes pour devenir des partenaires d'entreprises établies et qui disposent de fonds importants.

Mais l’avocat recommande aux gagnants à la loterie d’être prudents, parce que la CAMO impose certaines règles.

En effet, les propriétaires de permis ne pourront pas tout simplement le transférer ou le vendre au plus offrant. Le ministère du Procureur général de l'Ontario précise que ces propriétaires devront superviser le fonctionnement de leur magasin et démontrer qu’ils exercent suffisamment de contrôle, directement ou indirectement, sur leur entreprise.

La CAMO doit aussi donner son approbation pour tout changement de propriétaire légal ou effectif d’un demandeur ou d’un titulaire de licence et si une personne autre que l’exploitant autorisé obtient des droits sur les bénéfices de la vente de cannabis ou d’accessoires de cannabis.

Ottawa-Gatineau

Cannabis