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Encore deux semaines et la paralysie aux États-Unis coûtera plus que le mur

Une affiche indique qu'un bâtiment est fermé.

Les archives nationales sont fermées en raison de la paralysie partielle de l'administration fédérale.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Radio-Canada

Le coût économique total de la fermeture partielle des services gouvernementaux américains dépassera d'ici le 25 janvier la somme que le président Donald Trump exige pour faire construire le mur à la frontière avec le Mexique, selon une analyse de la firme de notation financière Standard & Poor's (S&P) Global Ratings.

L’économie américaine avait déjà perdu 3,6 milliards de dollars américains au 21e jour de paralysie partielle du gouvernement, vendredi dernier, soit 1,2 milliard de dollars par semaine, a évalué S&P Global Ratings dans une étude citée par la chaîne de télévision d'information financière CNBC.

Ses analystes soulignent que la fermeture des services de l’État pourrait donc réduire le PIB réel des États-Unis de 6 milliards de dollars si l’impasse budgétaire se prolongeait jusqu’à une cinquième semaine.

Cette somme dépasse le montant réclamé aux deux chambres du Congrès par le président américain. Donald Trump exige que la loi budgétaire inclue une somme de 5,7 milliards de dollars pour la construction du mur à la frontière sud du pays, sans quoi il y opposera son veto.

Dans son analyse, S&P Global Ratings tient compte des divers coûts liés à la fermeture gouvernementale, comme la perte de productivité des travailleurs en congé forcé et la diminution des ventes réalisées par les entrepreneurs qui font des affaires avec le gouvernement.

Plus cette fermeture se prolonge, plus l'économie subira des dommages collatéraux.

Extrait de l'analyse de S&P Global Ratings

La somme de 1,2 milliard « peut sembler dérisoire pour la plus grande économie du monde, mais cela signifie beaucoup pour les travailleurs qui essaient de couvrir les frais de leur ménage sans chèque de paie », mentionne la firme de notation.

Les 800 000 fonctionnaires fédéraux sont privés de leur salaire depuis vendredi dernier.

« Plus la situation perdure, plus elle sera difficile pour les travailleurs qui dépendent d'un chèque de paie pour joindre les deux bouts », signale S&P Global Ratings, évoquant les paiements hypothécaires, les versements de loyer et les remboursements de cartes de crédit.

Les employés du gouvernement récupéreront sans doute leur salaire non versé une fois le gouvernement rouvert, comme cela a été le cas par le passé, nuance le groupe financier. « Il est peu probable que les nombreux employés contractuels du gouvernement qui sont sans emploi en raison de la fermeture de l'usine récupéreront leur salaire », avertit-il cependant.

Les services de l'État fédéral sont fermés depuis le 22 décembre, soit 24 jours, un record dans l'histoire américaine. La plus longue paralysie avait duré 21 jours, sous le démocrate Bill Clinton, en 1995-1996.

Diminution des dépenses à la consommation en vue

Un employé de Best Buy passe devant un étalage de caméras.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon plusieurs analystes, la paralysie gouvernementale pourrait avoir un effet sur la consommation de biens non essentiels.

Photo : Reuters / Rick Wilking

Les détaillants pourraient eux aussi commencer à ressentir les effets de la baisse des dépenses de consommation.

Les pertes économiques pourraient atteindre au moins 2 milliards de dollars par semaine, selon les analystes de Wells Fargo.

La situation risque de toucher plus particulièrement les entreprises qui vendent des biens jugés non essentiels, par exemple des produits technologiques, et celles qui exercent leurs activités dans des secteurs comptant une forte proportion de travailleurs de l’État, jugeait le groupe financier dans une note envoyée à ses clients vendredi.

L’effet auprès des détaillants qui vendent des biens de première nécessité semble pour le moment être atténué, mais cela pourrait changer, avertit-il.

« Si la fermeture devait avoir un impact sur les programmes de prestations, comme le Programme d'aide supplémentaire à la nutrition, les entreprises comme les magasins à un dollar, Walmart et la chaîne de supermarchés Kroger pourraient s’en ressentir », estime le groupe financier.

La banque d'investissement américaine Jefferies Group a pour sa part souligné que les détaillants, mais aussi les restaurants situés dans le secteur le plus touché par la situation actuelle, soit Washington, D.C., le Maryland et la Virginie, en subiront vraisemblablement les contrecoups.

Le retard dans les prêts fédéraux pourrait aussi nuire à la vente de maisons, ajoute le groupe financier.

La paralysie gouvernementale a déjà amené les analystes à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance économique.

Les économistes de J.P. Morgan prévoient maintenant une croissance de 2 % pour le premier trimestre, en baisse d'un quart de point.

Ceux de Bank of America Merrill Lynch ont pour leur part réduit de 0,1 point de pourcentage la croissance prévue au quatrième trimestre, en baisse à 2,8 %.

Si les services gouvernementaux sont rouverts avant la fin du trimestre, une partie des dépenses perdues pourrait être récupérée une fois que les travailleurs auront recommencé à recevoir leur salaire, mais les intrants du PIB, comme la productivité, sont définitivement disparus, fait valoir CNBC.

En 2013, la fermeture gouvernementale, qui avait duré 16 jours, avait réduit le PIB de 0,4 % au quatrième trimestre.

Avec les informations de CNBC

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