•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trump et Erdogan évoquent une « zone de sécurité » en Syrie

Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan discutent.
Les présidents américain et turc, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, lors d'une rencontre au quartier général de l'OTAN, le 11 août 2018, à Bruxelles. Photo: La Presse canadienne / AP/Pool/Tatyana Zenkovich
Reuters

Le président américain, Donald Trump, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, ont évoqué lundi au téléphone la création d'une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie, d'où les groupes armés devraient se retirer, a annoncé la présidence turque.

Les deux dirigeants ont souligné la nécessité d'appliquer jusqu'au bout la feuille de route concernant la ville syrienne de Manbij, naguère contrôlée par des milices kurdes, et d'éviter de fournir des prétextes à ceux qui veulent empêcher le retrait prévu des 2000 militaires américains présents en Syrie, a ajouté Ankara.

Selon le compte rendu de la Maison-Blanche, les deux présidents ont parlé de la « poursuite de la coopération » en Syrie, et Donald Trump a souligné que la Turquie ne devait pas maltraiter les Kurdes et autres communautés « avec lesquelles nous avons lutté pour vaincre l'EI ».

Les deux communiqués ne précisent pas si Trump et Erdogan ont évoqué la sévère mise en garde adressée la veille à Ankara par le président américain, qui avait menacé la Turquie de « destruction économique » si elle s'en prenait aux milices kurdes de Syrie, alliées des États-Unis dans leur combat contre le groupe armé État islamique (EI).

Réagissant au tweet du président américain, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a estimé lundi que des alliés ne « devraient pas communiquer par l'intermédiaire des réseaux sociaux ».

Ces tensions apparaissent alors que les États-Unis ont soudainement annoncé en décembre avoir entamé leur retrait de Syrie, laissant la Turquie penser qu'elle pourrait reprendre la main dans le nord du pays.

Mais les autorités américaines ont depuis rappelé à plusieurs reprises qu'elles ne laisseraient pas l'armée turque pourchasser les Kurdes et se sont gardées d'évoquer le moindre calendrier de retrait.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Indignation à Ankara

Donald Trump a par ailleurs prévenu que les États-Unis attaqueraient de nouveau l'EI depuis les bases américaines situées dans la région si le groupe regagnait en puissance.

Cet avertissement a été suivi d'une menace cette fois dirigée vers Ankara : « La Turquie sera économiquement dévastée si elle s'en prend aux Kurdes. Créez une zone de sécurité de 20 miles (32 km)... »

La brutalité de l'avertissement américain a surpris Ankara et provoqué l'indignation des autorités turques. Washington « n'obtiendra rien en menaçant économiquement la Turquie », a affirmé Mevlüt Cavusoglu.

Le ministre turc des Affaires étrangères s'est en revanche dit ouvert à l'idée d'une « zone de sécurité » qui permettrait de maintenir à distance les combattants des deux camps. Ni Donald Trump ni Mevlüt Cavusoglu n'ont fourni de précision sur la forme qu'elle pourrait prendre.

Le soutien apporté par les Occidentaux aux miliciens kurdes syriens des YPG (Unités de protection du peuple) pour lutter contre l'EI empoisonne depuis des années les relations entre les États-Unis et la Turquie.

Les autorités d'Ankara considèrent en effet le PYD (Parti de l'union démocratique), la vitrine politique des YPG, comme la branche syrienne du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), le mouvement armé kurde qu'elles combattent dans le sud-est du pays.

Politique internationale

International