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Des idées qui auraient pu sauver l'église de Bas-Caraquet

Une vue d'ensemble du projet en portrait robot. Un centre communautaire fenêtré et en bois est construit à côté de l'église.

L'étudiant Audric Labonté proposait de construire un centre communautaire. Il suggérait aussi de transformer le clocher en phare.

Photo : Audric Labonté

Des étudiants en architecture de l'Université Laval, à Québec, ont visité l'automne dernier les vestiges de l'église de Bas-Caraquet pour esquisser des plans qui redonneraient vie aux ruines. Le fruit de leurs réflexions ne sera jamais appliqué, puisque les murs de l'église sont maintenant démolis, déplore l'enseignant derrière le projet.

L’objectif de ce travail était d'engager un débat sur les moyens de récupérer les ruines de l’église, explique l’artiste et architecte Mathieu Boucher-Côté, de Tracadie, le chargé de cours des étudiants.

Selon lui, en conjuguant les idées des étudiants et de la communauté, une solution aurait pu émerger pour conserver les ruines et faire revivre l'église.

Le feu, c’était en quelque sorte une opportunité pour se questionner.

Mathieu Boucher-Côté, architecte et chargé de cours à l'Université Laval

C’est comme si la communauté commandait 15 études en même temps sur ce que pourraient devenir les vestiges de l’église, explique-t-il.

Un portrait robot de l'intérieur des murs en hiver. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un autre étudiant, Maxime Lebel, propose de conserver les murs pour transformer l'espace intérieur en place publique.

Photo : Maxime Lebel

Car oui, selon lui, il était possible de récupérer les ruines pour leur donner une nouvelle vie. Il y avait beaucoup de possibilités [...], non seulement pour sauvegarder cet espace-là, mais pour l’amener dans le futur.

Déjà démolie

Les idées issues de ces projets ne pourront jamais se concrétiser. L’église de Bas-Caraquet a finalement été démolie la semaine dernière.

Mathieu Boucher-Côté se dit profondément attristé et inquiet que les murs aient été démolis avant que se tienne un solide débat sur les options pour les récupérer. C’est dangereux de faire table rase parce que l’on construit notre culture et notre civilisation sur les pierres de nos prédécesseurs.

Une esquisse du projet de l'étudiant. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'étudiant Maxime Lebel propose de démolir un mur pour joindre les ruines à la place publique et à une nouvelle chapelle.

Photo : Maxime Lebel

Le chargé de cours affirme avoir approché le diocèse de Bathurst pour lui soumettre le fruit des réflexions des étudiants, sans succès.

À défaut de pouvoir être appliquées à l’église de Bas-Caraquet, les idées proposées serviront pour d’autres églises et bâtiments patrimoniaux qui sont menacés, espère-t-il.

Ces bâtiments-là sont des objets de mémoire, autant pour les communautés dans lesquelles ils sont installés que pour la grande communauté acadienne.

L’évêque Daniel Jodoin n’a pas répondu à la demande d’entrevue de Radio-Canada lundi.

À l'extérieur des murs de l'église, un portrait robot montre un couloir avec des photos historiques dans les murs. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une étudiante, Virginie Dion, propose de faire un couloir à l'extérieur des murs avec une façade illustrée de plusieurs photos des bâtisseurs de l'église originale.

Photo : Virginie Dion

Aucune barrière financière

Les étudiants n’avaient pas de contrainte financière à respecter pour leurs esquisses. Certaines idées proposées auraient peut-être été très chères à réaliser.

Souvent, on va tout de suite penser au budget, mais l’objectif, c’était de sortir de ça.

Mathieu Boucher-Côté, architecte et chargé de cours à l'Université Laval

Les esquisses ne représentaient donc pas des solutions clé en main, mais elles ouvraient des pistes de solutions, explique le chargé de cours.

Il invite aussi les communautés à réfléchir au-delà de l’enjeu financier. Qu’est-ce que l’importance de ce bâtiment-là?

L'intérieur de la nouvelle chapelle fictive. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les étudiants devaient trouver un moyen d'ajouter un lieu de culte à l'intérieur des ruines.

Photo : Audric Labonté

Par ailleurs, Mathieu Boucher-Côté déplore que l’église de Bas-Caraquet ait été le dernier bâtiment en pierre du premier architecte acadien, Nazaire Dugas. On a effacé de la mémoire acadienne cet architecte pour ce type de bâtiment.

Les travaux des étudiants seront présentés à la population lors d’une exposition de deux semaines. Le vernissage est prévu pour le 23 janvier.

Une vue d'ensemble de l'intérieur d'un centre multifonctionnel fictif qui serait bâti à côté des ruines.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Certaines propositions sont particulièrement ambitieuses, comme celle-ci qui propose de joindre un centre multifonctionnel avec les ruines.

Photo : Audric Labonté

En octobre, l'évêque du diocèse de Bathurst, Daniel Jodoin, a défendu sa décision de démolir l'église originale pour en construire une nouvelle.

Selon lui, la priorité pour le diocèse était d'offrir un lieu de culte pour les paroissiens. Si une restauration des ruines était en effet techniquement possible, cette option était jugée trop chère pour les moyens de la communauté, affirme-t-il.

Le diocèse pourra obtenir jusqu'à 2,5 millions de dollars pour construire une nouvelle église grâce à ses assurances. Ce montant n'aurait pas été alloué si l'option de restaurer les ruines avait été adoptée, selon l'évêque Jodoin.

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