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Le revenu des médecins spécialistes québécois plafonne

Des médecins spécialistes en salle d'opération.

Le revenu moyen des spécialistes a augmenté à un rythme fulgurant jusqu'en 2016.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Bernard Barbeau

Après avoir explosé de près de 60 % en huit ans, le revenu moyen des spécialistes a plafonné en 2017. Les données de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) indiquent qu'il a même légèrement fléchi par rapport à 2016. Les omnipraticiens, eux, ont vu leur rémunération continuer à progresser.

Le revenu moyen des médecins spécialistes, y compris ceux qui ne travaillent qu'à temps partiel, est demeuré à peu près stable, de 2016 à 2017, passant de 415 250 $ à 414 723 $.

Pour vérifier si le plafonnement constaté en 2017 s'est répété en 2018, il faudra attendre encore un an.

Reste que le revenu moyen des médecins spécialistes avait considérablement augmenté jusqu'en 2016, selon les données provisoires de la RAMQ, disponibles sur son site.

En fait, le médecin moyen, qu'il soit spécialiste ou omnipraticien, s'est enrichi dans les 10 dernières années à un rythme beaucoup plus soutenu que l'inflation.

Les spécialistes ont vu leur rémunération grimper de plus de 58 % de 2008 à 2017, tandis que les omnipraticiens ont vu la leur gagner plus de 43 %. Sur cette même période, l'inflation au Canada a avancé d'à peine plus de 15 %.

Le revenu moyen des médecins généralistes s'est établi à près de 258 843 $, en 2017. C'est plus de 5000 $ que l'année d'avant, une augmentation non négligeable.



Bien sûr, la teneur exacte de la rémunération à venir des spécialistes demeure incertaine.

En février 2018, la nouvelle entente que la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) avait conclue avec le gouvernement libéral de Philippe Couillard leur octroyait une augmentation de 11,2 % jusqu'en 2023, en plus d'une bonification rétroactive de près de 500 millions de dollars. Mais le gouvernement caquiste de François Legault a depuis été élu en promettant de déchirer cette entente, entre autres choses. Il a par la suite commandé à l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) une étude comparant la rémunération des spécialistes du Québec à celle de leurs collègues des autres provinces.

L'ICIS devrait publier ses résultats préliminaires plus tard ce mois-ci. S'il s'avère que les spécialistes québécois sont bel et bien payés davantage que les autres – de manière importante –, le gouvernement Legault pourrait estimer qu'il dispose des justifications nécessaires pour renégocier l'accord.

Les montants divulgués par la Régie de l'assurance maladie incluent ceux versés aux médecins pour couvrir les dépenses inhérentes à l’exercice de leur profession en cabinet privé. Ces sommes sont estimées à 35 % des revenus, voire plus en radiologie diagnostique, dans l'entente Québec-FMSQ.

Les données de la RAMQ incluent d'autre part les médecins qui ont pratiqué leur métier à temps partiel ou seulement une partie de l'année (congés, préretraite, carrière parallèle), ce qui fait fléchir les moyennes de rémunération.

D'ailleurs, dans une analyse des Instituts de recherche en santé du Canada et de l'Université de Sherbrooke diffusée en mars dernier, elles avaient fait l'objet d'un recalcul visant à éliminer l'impact du travail à temps partiel. Les nouvelles moyennes, que l'analyse jugeait plus représentatives, étaient selon les années de 10 à 20 % plus élevées que celles calculées initialement.

La même étude soulignait la tendance à diminuer du nombre annuel moyen de jours que les médecins consacrent à leur métier, qui entraîne une baisse de la quantité de soins qu'ils prodiguent. De plus en plus, les médecins préfèrent passer moins de temps au travail et davantage avec leur famille.

Possible conséquence de cette tendance, le nombre de médecins spécialistes ayant gagné 500 000 $ ou plus a lui aussi diminué en 2017, passant de 3176 l'année d'avant à 3091.

Il y a beaucoup moins de ces gros bonnets du côté des omnipraticiens – 472 en 2017 –, mais leur nombre s'accroît année après année.



Globalement, le nombre de médecins a continué d'augmenter, et ce, dans les deux catégories.

Un soulagement pour les milliers de Québécois qui n'ont toujours pas de médecin de famille ou qui doivent attendre pour bénéficier des services d'un spécialiste.



La dernière fois que les effectifs ont reculé parmi les spécialistes, c'était en 1999.

La baisse était cependant minime : il y avait cinq médecins de moins que les 7159 de 1998.

Chez les généralistes, la dernière baisse d'effectifs remonte à 2006.

Ils étaient alors passés de 7702 l'année d'avant à 7685.

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