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Transport adapté : une femme de 92 ans battue par un passager

Mme Fogelman sur son lit d'hôpital avec de multiples ecchymoses.
Hanka Fogelman a eu le nez brisé après avoir été attaquée par un homme qui utilisait le transport adapté avec elle. Photo: Debbie Rona

La fille d'une femme qui a été battue dans un taxi utilisé en sous-traitance par la Société de transport de Montréal (STM) se demande comment sa mère a pu se retrouver avec quelqu'un qui pouvait être violent. Selon un organisme de protection des droits des personnes âgées, les services de transport adapté devraient davantage tenir compte des vulnérabilités des passagers.

D'après un texte de Rosa Marchitelli, de CBC

Hanka Fogelman rapporte que dès qu'elle est montée à bord du véhicule qui offrait le service de transport adapté, le 11 novembre dernier, le chauffeur l’a mise en garde au sujet du jeune homme qui était assis à côté d’elle.

« Le chauffeur savait qu’il était agressif. Il m’a dit de ne pas lui parler. [Il a dit] "Il est agressif. Il est un peu dangereux" », rapporte Mme Fogelman.

Quelques minutes plus tard, l’homme est devenu violent et l’a frappée, dit-elle. « Mon nez a commencé à saigner. Je ne savais pas quoi faire », se rappelle-t-elle.

La version du chauffeur de taxi est consignée dans un rapport interne de la STM : « Les deux ne s’étaient même pas parlé avant que cela se produise. Le jeune homme écrivait calmement sur un morceau de papier et soudain il a frappé la cliente assise à sa droite, sans aucune raison apparente. »

À l’arrivée des policiers, le jeune homme était toujours assis à l’arrière du taxi et il faisait des mots croisés, comme s’il ne réalisait pas ce qu’il avait fait. Il a une déficience intellectuelle et ne sera pas poursuivi, indique André Durocher, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal.

Le chauffeur a voulu bien faire, dit la STM

Mme Fogelman dans un lit d'hôpital.Mme Fogelman a passé environ un mois dans un centre de réadaptation après l'attaque. Photo : Debbie Rona

La fille de Mme Fogelman, Debbie Rona, est venue de Colombie-Britannique après l’attaque pour prendre soin de sa mère. Elle se dit choquée et en colère et elle veut comprendre ce qui s’est passé.

« Ma mère est très vive intellectuellement, mais elle est vulnérable physiquement. Pourquoi cet homme était-il dans le taxi? Pourquoi le chauffeur de taxi a assis ma mère à côté de lui, a fermé la porte et a commencé à conduire? », demande-t-elle.

La STM se défend d’avoir compromis la sécurité de Mme Fogelman.

« Nous vous assurons qu’au moment de l’incident, rien ne nous laissait croire que la cliente était en danger du fait d’être avec l’autre client », écrit dans un courriel Philippe Déry, porte-parole de la STM.

Il précise que la STM combine les passagers dans les véhicules selon l’espace disponible et l’endroit où ils se rendent.

Selon lui, le chauffeur a voulu bien faire.

« Certains clients peuvent vouloir socialiser avec d’autres qui ont des comportements désorganisés dans certaines situations. La plupart de nos chauffeurs agissent ainsi à titre préventif », indique-t-il.

La STM ne comptabilise pas les incidents violents qui lui sont rapportés, et ils sont très rares, selon Philippe Déry.

Tenir compte des vulnérabilités

Gros plan sur le visage de Mme WattsLaura Tamblyn Watts, directrice des affaires juridiques, des politiques et de la recherche à l'organisme CARP, qui défend les droits des personnes âgées. Photo : Tina MacKenzie / CBC

Mais pour Laura Tamblyn Watts, de l’organisme CARP, qui défend les droits des personnes âgées, les services de transport adapté devraient tenir compte des vulnérabilités des passagers lorsqu’ils planifient les déplacements. Elle déplore que les décisions visent principalement à réduire les coûts en se basant sur l’espace disponible dans le véhicule ou la destination des passagers.

Une femme frêle de 92 ans n’aurait jamais dû se trouver dans le même véhicule qu’une personne qui présentait le moindre risque, affirme-t-elle.

Pour elle, le service de transport a manqué à ses devoirs envers Mme Fogelman, mais aussi envers le chauffeur, qui a dû faire face à l’attaque, et même envers l’agresseur, en plaçant cet homme qui a une déficience intellectuelle dans une situation où il pouvait faire du mal à d’autres personnes

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