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  • Il y a 40 ans, le shah quittait l'Iran

    Le shah donne la main aux nouveaux membres du cabinet qu'il vient de nommer juste avant son départ pour l'Égypte.
    Le 16 janvier 1979, le shah d'Iran quitte son pays pour toujours. Photo: Radio-Canada

    Le 16 janvier 1979, le shah d'Iran fuyait Téhéran, la capitale iranienne. Le régime impérial vivait ses derniers jours alors que la révolution islamique prenait le pouvoir. Nos journalistes ont témoigné de ces événements historiques dans des reportages très révélateurs.

    Un régime détesté

    Le 16 janvier 1979, le shah d’Iran, Mohamed Reza Shah Pahlavi, décide de quitter son pays.

    Depuis plusieurs mois, les rues de Téhéran, et d'autres villes iraniennes, sont occupées par des foules de plus en plus considérables qui exigent la fin du régime impérial. L'empereur et sa famille s’envolent pour l’Égypte où ils sont reçus par le président Anouar el-Sadate.

    Ils ne reverront plus jamais l’Iran.

    Le 17 janvier 1979, le journaliste Jean-Pierre Peron propose un reportage au Téléjournal dans lequel il résume les raisons de la chute du régime impérial iranien.

    Le reportage montre comment les plans de modernisation imposés par le shah ont heurté la majorité des Iraniens.

    L’adoption des mœurs occidentales, en particulier, choque une société encore très attachée à ses valeurs religieuses.

    La corruption généralisée, la marginalisation économique d’une grande partie de la population et la répression féroce pratiquée par la police secrète du shah sont les autres éléments qui expliquent pourquoi le régime impérial était tant détesté.

    Un regard canadien sur la révolution iranienne

    Auparavant, nous avions un gouvernement fasciste, un régime monarchique et Sa Majesté. C’est tout à fait différent d’une République islamique. Auparavant, il n’existait aucune indépendance, aucune liberté. Maintenant, et dans l’avenir, nous aurons la liberté et l’indépendance.

    Un étudiant iranien

    Les 30 et 31 mars 1979, les Iraniens votent lors d’un référendum sur l’établissement d’une République islamique.

    Le journaliste René Maihot et une équipe de Radio-Canada se rendent en Iran pour témoigner de la situation. Ils rapportent un document exceptionnel qui est présenté à Télémag le 30 mars 1979. Pierre Nadeau anime l'émission.

    L’Iran est alors en pleine ébullition.

    Dans le reportage, on entend commenter, souvent en français, des gens du peuple et des politiciens sur l’évolution du pays.

    Ce qui en ressort est un portrait très nuancé de la révolution iranienne, du moins à ses débuts.

    On comprend qu’une majorité de la population iranienne soutient l’ayatollah Khomeini et son projet de République islamique.

    Mais le reportage nous fait aussi comprendre qu’il n’y a pas de consensus chez les Iraniens quant à l’avenir du pays.

    Plusieurs intervenants souhaitent clairement une République démocratique plutôt qu’islamique.

    Il y a aussi l’essentielle question du rôle des femmes au sein de la société iranienne.

    Ce sont les femmes qui, les premières, sont descendues dans la rue pour combattre le régime du shah. Beaucoup d’Iraniennes ont cependant adopté un mode de vie à l’occidentale.

    On comprend dans ce contexte que plusieurs femmes refusent les restrictions vestimentaires imposées par l’ayatollah Khomeini dès les premières semaines de la révolution iranienne.

    Beaucoup d’Iraniennes considèrent le tchador, ce vêtement traditionnel iranien qui couvre le corps des femmes des pieds à la tête, tout simplement comme de l’exploitation ou une prison.

    Si l’ayatollah Khomeini recule initialement sur la question du tchador, plusieurs femmes craignent quand même pour leur statut dans un État islamique.

    Ce qu’on ne voit pas dans le reportage, ce sont les difficiles conditions de tournage et les efforts que l'équipe a dû faire pour le faire sortir d’Iran.

    Un tournage rocambolesque

    Le 1er avril 1994, Le point média animé par Madeleine Poulin invite le journaliste René Maihot à parler du tournage de son reportage en Iran en 1979.

    Le journaliste nous décrit une ville de Téhéran où règne l'anarchie.

    Plusieurs groupes s'affrontent pour obtenir le contrôle de la ville. On entend des tirs de mitraillette sporadiques. Chaque nuit, les tribunaux révolutionnaires exécutent des collaborateurs du shah.

    René Maihot et son équipe sont surveillés. Un jour alors qu’ils tournent devant le bâtiment de la police secrète du shah, un révolutionnaire place sa mitraillette sur la poitrine du caméraman Claudio Lucas.

    Il exige qu'on lui donne les films. René Mailhot lui dit de les lui donner.

    Une nuit, leur traducteur réveille toute l’équipe. Il faut vite quitter l’Iran.

    Le gouvernement va imposer la censure à la presse étrangère et les images que l’équipe a tournées risquent d’être confisquées. Le collaborateur a réussi à obtenir des sièges sur le vol d’IranAir qui décolle ce matin-là à six heures.

    À l’aéroport, l’équipe technique est fouillée. René Maihot et ses collègues vivent une dernière frayeur quand des Gardiens de la révolution viennent fouiller l’avion.

    C’est presque un miracle si les téléspectateurs canadiens ont pu voir le reportage.

    Des images rares donc qui valent la peine d’être revues.

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