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Hommes et femmes inégaux devant le souvenir de la douleur

Photo : iStock

Radio-Canada

Si les hommes gardent un souvenir très net de la douleur passée et que le lieu où ils l'ont ressentie provoque chez eux un stress, les femmes ne semblent pas stressées outre mesure par leurs douleurs passées.

Cette réalité a été observée autant chez les humains que chez la souris, ce qui confirme la solidité de l'observation qui pourrait permettre de créer des traitements contre la douleur chronique, pensent les chercheurs de l'Université McGill et de l'Université de Toronto à Mississauga, dont les travaux sont publiés dans la revue Current Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

De plus en plus de scientifiques estiment que l'un des principaux déterminants de la douleur chronique est le souvenir même de la douleur.

Or, les travaux actuels montrent que le sexe influe sur ce souvenir, autant chez la souris que chez l'être humain.

Chez l’homme, le retour sur un lieu associé à une douleur provoque un stress et une hypersensibilité à la douleur ultérieure. Ce qui n’est pas le cas chez la femme. Cette sensibilité à la douleur conditionnée serait liée à la testostérone.

« Au départ, nous voulions étudier l'hypersensibilité à la douleur chez la souris, mais nous avons constaté avec étonnement que le stress ressenti n'était pas le même chez les animaux mâles et femelles », explique Jeffrey Mogil de l’Université McGill.

M. Mogil et ses collègues ont décidé de réaliser la même expérience chez l'humain. « Les résultats nous ont coupé le souffle : la différence de stress entre les sujets mâles et femelles semblait exister également chez l'être humain », ajoute-t-il.

La réaction plus forte des hommes est d'autant plus étonnante que, c'est bien connu, les femmes sont plus sensibles à la douleur que les hommes, et elles sont généralement plus stressées qu'eux.

Loren Martin, Université de Toronto à Mississauga

Le saviez-vous?

  • Environ 10 % des hommes (1,4 million) et 15 % des femmes (plus de 2 millions) âgés de 12 ans et plus affirment éprouver des douleurs chroniques.
  • Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, le nombre de Canadiens déclarant éprouver des douleurs chroniques atteint 17 % chez les hommes et 24 % chez les femmes.
  • Dans tous les groupes d'âge, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer éprouver des douleurs et des malaises qui les empêchaient de vaquer à leurs activités.

(Données de Statistique Canada)

Souvenirs et douleur chronique

Les chercheurs estiment que le stress d'anticipation augmente chez les hommes la sensibilité à la douleur.

Ces observations sont fort intéressantes, parce que de plus en plus de données semblent indiquer que la mémoire est une composante essentielle de la douleur chronique.

Jeffrey Mogil

« Si le souvenir douloureux alimente la douleur chronique et si nous comprenons comment cette dernière s'imprime dans la mémoire, peut-être pourrons-nous soulager certains patients en agissant directement sur les mécanismes de la mémoire », estime son collègue Loren Martin.

La plus grande sensibilité masculine pourrait peut-être s’expliquer par le fait que les femmes ont généralement une plus grande expérience de la douleur, notamment en raison des accouchements, mais cette théorie n’est pas confirmée par la science.

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