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Le maire de Gdansk en Pologne succombe à ses blessures

Des agents de sécurité retiennent un homme au sol.

Des agents de sécurité maîtrisent le suspect à la suite de l'attaque contre le maire de Gdansk, Pawel Adamowicz.

Photo : AFP/Getty Images / PIOTR HUKALO

Agence France-Presse

Le maire du grand port polonais de Gdansk, Pawel Adamowicz, blessé au couteau dimanche soir par un agresseur lors d'un événement caritatif public, est mort, a annoncé lundi le ministre de la Santé Lukasz Szumowski.

« Le maire est décédé il n'y a pas longtemps. On n'a pas réussi à gagner contre tout ce qui l'a frappé. Que le Seigneur lui accorde le repos éternel », a dit M. Szumowski aux journalistes, à la sortie de l'hôpital universitaire où la victime était soignée.

« Pawel Adamowicz, maire de Gdansk, homme de solidarité et de liberté, un Européen, mon bon ami, a été assassiné. Qu'il repose en paix », a twitté Donald Tusk, président du Conseil européen et ancien premier ministre libéral polonais, né à Gdansk.

« En dépit de tous nos efforts, on n'a pas réussi à le sauver », a dit de son côté un responsable de l'hôpital, le Dr Tomasz Stefaniak, cité par l'agence PAP.

Politicien libéral

Personnalité libérale très populaire, maire de Gdansk depuis 1998, Pawel Adamowicz a été frappé de plusieurs coups de couteau par un agresseur de 27 ans, sorti il y quelques semaines de prison où il avait purgé plus de cinq ans de détention pour des attaques à main armée contre des banques.

Opéré pendant la nuit durant cinq heures, M. Adamowicz n'arrivait plus à respirer tout seul et était resté branché sur des appareils de soutien de la vie.

Le maire, âgé de 53 ans, avait perdu une « quantité énorme » de sang, ce qui a provoqué une hypoxie (diminution du taux d'oxygène dans le sang), avait indiqué quelques heures plus tôt le chef des services de santé de la région, le Dr Jerzy Karpinski.

Le manque d'oxygène dans tout l'organisme cause d'importants dommages à tous les tissus, a-t-il expliqué.

Un choc pour les Polonais

L'agression a provoqué un choc en Pologne, pays qui n'a pratiquement pas connu d'incident violent de ce genre depuis la chute du communisme il y a trente ans, hormis l'assassinat par balle à Lodz en 2010 d'un membre du PiS (Droit et Justice, conservateur) par un homme jugé responsable de ses actes, qui avait invoqué sa « haine » de ce parti, alors dans l'opposition.

Des commentateurs se demandent si l'attaque de Gdansk a été favorisée par la violence du débat politique entre le PiS aujourd'hui au pouvoir et l'opposition centriste.

Pawel Adamowicz, lors d'une apparition publique, le 21 avril 2018.

Pawel Adamowicz, maire de la ville de Gdansk, a été assassiné dimanche soir sur une scène par un homme armé d'un couteau.

Photo : AFP/Getty Images / SIMON KRAWCZYK

« Je pense que l'ambiance générale en Pologne peut y être pour quelque chose. On s'insulte, on s'attaque mutuellement. Il y a bien un climat d'agressivité dans l'air », a déclaré à l'AFP Zygmunt, un habitant trentenaire de Gdansk, en quittant le centre de transfusion sanguine.

L'agresseur s'en est pris au principal parti d'opposition, la Plateforme civique (PO).

Avant d'être interpellé sur le podium où il a poignardé M. Adamowicz, cet homme a affirmé avoir été jeté en prison, alors qu'il était innocent, et « torturé » par la PO, soutien de la candidature d'Adamowicz aux municipales de l'automne dernier, que ce dernier a remportées haut la main avec plus de 64 % des voix. « C'est pourquoi Adamowicz meurt », a-t-il lancé.

Mais, d'après les premiers renseignements, les motivations de l'agresseur, identifié comme Stefan W., semblent plus personnelles que politiques. Lors de son séjour en prison, sa santé psychique se serait fortement dégradée, selon les médias.

Il était entendu lundi par le parquet de Gdansk, qui devrait très probablement le mettre en examen pour meurtre.

Les Polonais s'interrogent aussi sur la sécurité entourant l'événement public, assurée par une société privée. Selon des témoins, l'agresseur était muni d'un badge « médias » qui lui aurait permis de monter sur le podium avec son couteau de 14,5 centimètres.

Le maire a subi une grave blessure au coeur et d'autres blessures au diaphragme et aux organes dans la cavité abdominale, selon les médecins. Il a reçu environ 15 litres de sang, selon un responsable d'un centre de transfusion sanguine.

L'attaque s'est déroulée peu avant 20 h devant quelques centaines de personnes, sur un podium dressé pour une action caritative nationale de collecte de fonds pour l'achat d'équipements hospitaliers.

Le président polonais Andrzej Duda, le premier ministre Mateusz Morawiecki et la quasi-totalité des responsables politiques polonais, au pouvoir et dans l'opposition, ainsi que plusieurs hauts responsables européens ont exprimé leur solidarité avec M. Adamowicz.

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