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Des Italo-Montréalais déçus de la suspension de cours d'italien

Façade de la Casa d'Italia sur le boulevard Jean-Talon, à Montréal.
La Maison d'Italie de Montréal sur le boulevard Jean-Talon, à Montréal. Photo: Radio-Canada / Pascale Fontaine
Vincent Rességuier

Des centaines de familles aux racines italiennes devront se passer de cours de langue et de culture italiennes offerts à Montréal. L'organisme responsable de ce programme, le PICAI, a été obligé d'annuler l'enseignement prévu cet hiver, car une subvention promise par le gouvernement italien n'a pas été versée.

Un millier d'enfants suivaient des cours chaque samedi matin dans une douzaine d’écoles de la région de Montréal. L'école de langue PICAI est responsable de ce programme, pour lequel elle gère les inscriptions, le recrutement des professeurs et la location des classes.

Les cours n’ont pas repris en janvier parce que l'organisme est sans nouvelles de l'enveloppe consentie pour l'année 2018 par le gouvernement italien. Cet argent aurait permis de couvrir un tiers des frais. Le coordonnateur bénévole de PICAI, Aloisio Mulas, a relancé à plusieurs reprises le consulat italien de Montréal, mais ses questions sont restées sans réponses. Il ne sait toujours pas s’il va recevoir la somme prévue de près de 140 000 $.

Nous n’avons eu aucune explication. Aux demandes que nous avons faites à travers le consulat, la réponse a toujours été très aléatoire; ils nous disaient : “Nous ne savons pas si l'argent arrive ou s’il n'arrive pas”.

Aloisio Mulas, coordonnateur bénévole de PICAI

Après la pause estivale, même si l'argent n'avait pas été versé, PICAI a décidé d’assumer les dépenses et de reprendre les cours en septembre, tout en espérant que la situation reviendrait à la normale avant la fin de l’année..

Mais fin décembre, comme le chèque n'était toujours pas arrivé, Aloisio Mulas et son équipe ont dû annuler tous les cours du samedi prévus de janvier à avril. M. Mulas doit maintenant faire face aux plaintes de parents qui, dit-il, sont « très en colère ». Tous ont déjà versé à PICAI les frais d’inscription pour la session d’hiver et ils exigent désormais d’être remboursés.

Désengagement progressif de l’État italien

Ce n’est pas la première fois que le ministère des Affaires étrangères italien – qui gère le programme de subventions – fait faux bond à PICAI. Le coordonnateur de l'organisme indique qu’en 2014, 2015 et 2016, à cause des problèmes financiers en Italie, il n’a rien reçu. À l'époque, il s'y attendait, le programme ayant été suspendu temporairement. Le financement est revenu en 2017.

Depuis sa création, il y a bientôt 50 ans, PICAI a reçu des subventions qui ont parfois couvert les deux tiers des frais pour les cours de langues. Depuis quelques années, Aloisio Mulas observe globalement un désengagement du gouvernement italien, qui se montrait pourtant généreux avec les expatriés voulant transmettre leur héritage culturel aux générations futures.

Aloisio Mulas explique qu’au courant du 20e siècle, l’Italie a pris l’habitude d’envoyer des fonds aux quatre coins du monde à ses nombreux ressortissants qui ont dû fuir le pays pour des raisons économiques ou politiques. Les expatriés ont revendiqué et obtenu des aides pour enseigner la langue et la culture italiennes à leurs enfants.

Les expatriés ont souvent dû apprendre une ou plusieurs langues, mais ils avaient généralement l'espoir de retourner au pays. Ils ne voulaient pas que leurs enfants subissent eux aussi un choc culturel à leur arrivée en Italie. La vérité, c’est que peu sont rentrés, mais la tradition s'est poursuivie.

Aloisio Mulas, coordonnateur bénévole de PICAI

PICAI a déposé le dossier pour obtenir les subventions du ministère des Affaires étrangères italien en 2019. La réponse arrive généralement au courant du mois de février, au plus tard en mars. En attendant, Aloisio Mulas aimerait bien sûr recevoir l’argent promis pour l'année 2018, car il constate que son organisme est de plus en plus fragile.

Grand Montréal

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