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Université de l'Ontario français : le gouvernement Ford répond par l'attaque au financement de Trudeau

La ministre Mulroney parle.
La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney Photo: La Presse canadienne / Chris Young
Radio-Canada

Au lendemain de l'octroi par Ottawa de 1,9 million de dollars à l'équipe de mise en oeuvre de l'Université de l'Ontario français, à qui la province a coupé les vivres, le bureau de la ministre ontarienne des Affaires francophones, Caroline Mulroney, rétorque que cet investissement montre que « le gouvernement Trudeau reconnaît que son gouvernement sous-finance les francophones en Ontario ».

Nous sommes heureux de voir que notre message est finalement entendu par le gouvernement Trudeau, affirme le porte-parole de Mme Mulroney, Jesse Robichaud. C’est un pas dans la bonne direction et nous allons continuer de faire pression auprès du gouvernement fédéral pour redresser l’écart qui existe entre l’Ontario et la moyenne canadienne.

Selon les conservateurs ontariens, la dernière Entente Canada-Ontario propose de verser moins de 3 $ par habitant pour les services en français en Ontario, beaucoup moins que la moyenne de 9,78 $ dans les autres provinces.

Mélanie Joly, debout, répond à une question.La ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, durant la période de questions à la Chambre des communes. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le financement provincial pour le projet se terminait le 15 janvier. Grâce à la bouée de sauvetage de 1,9 million octroyée par Ottawa dimanche soir, les membres de l'équipe de mise en oeuvre pourront conserver leur emploi au moins durant une autre année.

La ministre Mulroney n'a pas répondu à l'offre d'Ottawa de financer conjointement la mise sur pied de l'Université de l'Ontario français (UOF).

Sa collègue du ministère de la Formation et des Collèges et Universités, Merrilee Fullerton, a affirmé, lundi, qu'elle ne fournirait pas de fonds supplémentaires pour appuyer la mise en oeuvre de la nouvelle université pendant que le projet est mis en suspens, sans préciser jusqu'à quand ce serait le cas.

Dyane AdamDyane Adam Photo : Radio-Canada

La présidente du Conseil de gouvernance de l'UOF, Dyane Adam, devait rencontrer lundi un représentant de la ministre Mulroney.

Pour Mme Adam, le déficit provincial ne devrait pas servir de prétexte pour bloquer le projet. Elle souligne que la part du provincial pour le démarrage de l'université francophone est estimée à 42 millions, ce qui n'est pas une grosse somme, selon elle.

Ce n'est pas une question de finances vraiment. C'est une question de ne pas avoir saisi toute l'importance de ce dossier-là pour la communauté franco-ontarienne.

Dyane Adam, présidente du Conseil de gouvernance de l'UOF

La ministre Mulroney est à l'extérieur de la ville et ne devait pas participer à la rencontre, selon Mme Adam.

Les réactions

Pour sa part, le professeur Martin Pâquet de l'Université Laval décrit le financement fédéral comme un danger potentiel, l'éducation étant de compétence provinciale, soulignait-il en entrevue à l'émission Y a pas deux matins pareils de Radio-Canada.

Le problème qui se pose, c'est que les provinces se disent : ''On se sent moins concernées, on a un bailleur de fonds qui vient de l'extérieur.''

Martin Pâquet, professeur de sciences historiques

Mme Adam, qui a déjà été ancienne commissaire aux langues officielles, ne voit pas les choses du même oeil. Elle décrit le fédéral comme un partenaire dans un dossier qui, selon elle, nécessite aussi l'appui du gouvernement provincial.

De son côté, le recteur intérimaire de l'Université de l'Ontario français, Normand Labrie, mentionnait en entrevue à l'émission Les matins d'ici que l'emplacement retenu par l'équipe de mise en oeuvre pour le nouveau campus dans le secteur riverain de Toronto était toujours disponible, mais qu'il ne restait plus que quelques semaines pour signer le bail.

Le gouvernement [ontarien] a mis le projet sur pause, dit-il. Notre objectif dans les prochaines semaines est de travailler sur la définition de ce que ça veut dire, cette pause-là, combien de temps elle va durer.

Un financement à parts égales?

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, compte quant à lui poursuivre sa campagne d'information auprès des députés conservateurs ontariens, pressant à nouveau le gouvernement Ford de présenter une demande officielle à Ottawa, qui a offert de financer la moitié du coût de démarrage du projet.

La solution, c'est que le gouvernement fédéral finance les quatre premières années du dossier et que le gouvernement provincial prenne la suite, soit les années 5, 6, 7 et 8 [du démarrage], dit-il, ce qui donnerait le temps à la province de mettre de l'ordre dans ses finances.

M. Jolin garde espoir de voir l'Université de l'Ontario français accueillir ses premiers étudiants en 2020.

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