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La Chine nie l'immunité diplomatique du Canadien Michael Kovrig

Photo de Michael Kovrig
L'ex-diplomate canadien Michael Kovrig travaille pour l'International Crisis Group depuis février 2017. Photo: International Crisis Group
Radio-Canada

Le ministère chinois des Affaires étrangères a réfuté des propos « qui prêtent à rire » du premier ministre canadien Justin Trudeau, lequel avait accusé Pékin de violer l'immunité diplomatique de l'ex-diplomate Michael Kovrig, détenu en Chine.

M. Kovrig a été arrêté en Chine en décembre dernier, en même temps qu’un autre Canadien, l’homme d’affaires Michael Spavor. Les deux hommes y sont détenus depuis ce temps.

Le premier ministre Trudeau a accusé la Chine, la semaine dernière, de détenir « arbitrairement et injustement » les deux hommes et, notamment, d'avoir violé « l'immunité diplomatique » de Michael Kovrig.

« Nous sommes extrêmement inquiets […] que la Chine choisisse d’agir arbitrairement tant dans l’administration de sa propre justice […] que dans son choix de ne pas respecter les principes et pratiques établis de longue date au sein de la communauté diplomatique », a réitéré le premier ministre Trudeau, lundi matin à Ottawa.

« C’est un dossier auquel tout le monde devrait porter attention et un dossier que nous, à titre de gouvernement, prenons très au sérieux et dans lequel nous continuerons à nous engager fermement auprès de la Chine », a-t-il ajouté.

La réplique du gouvernement chinois est arrivée par l'intermédiaire d'une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying. « Les accusations selon lesquelles la partie chinoise détient de façon arbitraire des citoyens canadiens sont dénuées de tout fondement », a-t-elle affirmé lundi.

Présentement en congé sabbatique, M. Kovrig collaborait avec le cabinet de réflexion International Crisis Group au moment de son arrestation.

« Michael Kovrig n'a pas l'immunité diplomatique conférée par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Il n'est pas actuellement diplomate, a déclaré la porte-parole. Il s'est rendu en Chine avec un passeport régulier et un visa d'affaires », a poursuivi Mme Hua au cours d'une conférence de presse. La porte-parole chinoise a raillé l'affirmation de M. Trudeau voulant que l'ex-diplomate bénéficie d'une immunité diplomatique.

Je conseille au responsable canadien en question de réviser avec sérieux la Convention de Vienne et le droit international avant de faire des déclarations et de ne pas tenir de propos spécieux qui ne peuvent que prêter à rire.

Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Justin Trudeau avait également demandé à la Chine de respecter l'État de droit et l'indépendance de la justice. « La partie canadienne devrait prendre des mesures concrètes afin de démontrer l'indépendance de sa propre justice », a rétorqué Mme Hua, faisant référence, de façon à peine voilée, à l'arrestation de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, qui fait l'objet d'une demande d'extradition américaine.

MM. Kovrig et Spavor ont été arrêtés en raison de vagues allégations de menace à la sécurité nationale chinoise, dans la foulée de l’arrestation de Mme Meng, le 1er décembre dernier.

Les relations entre la Chine et le Canada sont tendues depuis ce temps. Les États-Unis demandent l'extradition de Meng Wanzhou en raison de soupçons de complicité de fraude afin de contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

La Chine accuse le Canada de coopérer aveuglément avec les États-Unis.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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