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Ultime effort de Theresa May pour sauver son accord sur le Brexit

Le reportage de notre correspondant Jean-François Bélanger
Reuters

La première ministre britannique Theresa May a exhorté lundi les députés de la Chambre des communes à donner une seconde chance à son accord de Brexit, avertissant que le fait de le rejeter, mardi, pourrait entraîner à terme une dislocation pure et simple du Royaume-Uni.

« Je le dis aux élus de tous bords de cette Chambre : quoi que vous ayez décidé, je vous prie, au cours des 24 heures qui viennent, de donner une seconde chance à l'accord », a déclaré la première ministre, qui devait ensuite s'exprimer devant les députés de son Parti conservateur - dont bon nombre ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils voteraient contre l'accord.

« Non, il n'est pas parfait », a-t-elle dit à propos du texte soumis au vote. « Et oui, il s'agit d'un compromis », a-t-elle continué en invitant les députés à se demander comment le vote qu'ils exprimeront mardi sera jugé dans les manuels d'histoire.

Je dis que nous devons tenir nos engagements envers le peuple britannique et entreprendre de bâtir un avenir meilleur pour notre pays en soutenant l'accord demain.

La première ministre britannique Theresa May

Le vote sur l'accord de Brexit, initialement prévu le 11 décembre, mais reporté pour tenter de fournir de nouvelles garanties et de convaincre les députés réticents, doit avoir lieu finalement mardi soir à la Chambre des communes, à deux mois et demi de la date du Brexit (29 mars à 23 h, heure locale [18 h HNE]).

Theresa May a dit lundi après-midi devant les parlementaires ne pas avoir l'intention de demander un report du Brexit, pas plus que de démissionner en cas de rejet de l'accord.

Un peu plus tôt, elle avait prévenu que le Royaume-Uni pourrait devoir renoncer à sortir de l'Union européenne (UE) si l'accord qu'elle a négocié avec Bruxelles n'était pas adopté par le Parlement de Westminster.

Sur leurs pancartes, on peut lire : « Arrêtez la pagaille du Brexit » et « Nous avons déjà le meilleur accord ».Des manifestants anti-Brexit devant le Parlement, à Londres, le 11 janvier 2019. Photo : Reuters / Simon Dawson

Sortie de l'impasse « irlandaise »

Dans ce contexte électrique, Theresa May a échangé lundi avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, des lettres réaffirmant leurs engagements, dont celui de rechercher des moyens pour éviter d'activer la clause de sauvegarde (backstop) sur la frontière irlandaise, qui cristallise l'opposition de nombre d'élus.

Cette clause vise à éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande si Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur leurs futures relations commerciales avant la fin de la période de transition post-Brexit en décembre 2020.

Dans un discours prononcé lundi à l'occasion d'une visite dans une usine chinoise à Stoke-on-Trent, ville résolument pro-Brexit du centre de l'Angleterre, Theresa May s'était félicitée des garanties apportées par l'UE, tout en reconnaissant qu'elles ne vont pas assez loin pour les parlementaires les plus récalcitrants.

En cas de rejet de l'accord par les députés, l'issue la plus probable serait « une paralysie du Parlement qui conduirait à un abandon du Brexit », a mis en garde la première ministre.

« Certains à Westminster voudraient repousser voire même arrêter le Brexit et ils utiliseront tous les moyens pour y parvenir », a-t-elle déclaré dans son discours.

Évoquant l'autre hypothèse, celle d'une sortie de l'UE sans accord, elle a prévenu que cela entraînerait « d'importantes perturbations à court terme » et jugé que le meilleur moyen d'éviter un tel risque était de « voter en faveur de mon accord ».

Dans leur lettre, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk disent leur souhait de ne pas avoir à recourir à la clause de sauvegarde, dont ils rappellent qu'elle ne contraint pas l'Irlande du Nord à s'aligner sur les lois européennes « au-delà de ce qui est strictement nécessaire pour éviter une frontière physique ».

Pour éviter d'avoir à l'activer, ils se disent prêts à signer l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE dès que celui-ci aura été entériné par le Parlement britannique et à entamer immédiatement les négociations pour parvenir à un accord commercial avant fin 2020.

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